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Règlement de compte

Chapitre 6

- Je suis tellement navré Jethro, commença Ducky. Votre enquête n’avance pas et cela par ma faute.

- Que veux-tu dire?

- Et bien, lorsque j’ai fait l’autopsie de ce cher Capitaine, je lui ai retiré ses vêtements naturellement, puis je les ai soigneusement pliés et...

- S’il te plait Ducky, vas droit au but!

- Bah... en réalité... ce n’est pas très professionnel de ma part... Il se trouve que j’avais oublié de fouiller les vêtements du Capitaine, avoua le légiste tout penaud.

- Et...

- Je m’en suis souvenu récemment alors j’ai regardé dans toutes ses poches et j’ai trouvé... ceci, dit-il en brandissant une chaîne en or à laquelle était accroché un pendentif en forme de fée.

- C’est quoi ce bijoux? demanda Gibbs en saisissant le sachet en plastique qui contenait l’objet.

- Ca, je l’ignore Jethro...

- C’est un collier de femme, renchérit Kate en observant l’objet, la chaîne est fine, le pendentif minutieux et détaillé...

- Ok, je vais aller porter ça à Abby, je veux qu’elle me trouve d’où provient ce bijou. Merci beaucoup Ducky, je commençait à perdre espoir concernant cette affaire, fit Gibbs en quittant la salle d’autopsie.

- Mais de rien Jethro.

Gibbs se dirigea alors vers le laboratoire d’Abby d’un pas décidé et pressé.

- Abby! cria-t-il lorsqu’il arriva dans la pièce.

La jeune scientifique se trouvait derrière son ordinateur, elle interrompit ses occupations se donna de l’élan et se propulsa sur sa chaise au milieu de la pièce pour pouvoir apercevoir son supérieur qui se tenait sur le seuil de la porte.

- Qu’est ce que tu as à crier comme ça? T’es devenu dingue?

- Avec ta musique à fond je ne sais jamais si tu vas m’entendre ou pas! Enfin bref, tu vas devoir arrêter ce que tu étais en train de faire, j’ai du boulot pour toi.

- Cool, je commençais sérieusement à m’ennuyer! J’étais en train de jouer à un jeu en réseau mais ça ne bouge pas assez... dit-elle d’un air déçu.

- Tiens, dit l’homme en lui donnant le sachet en plastique.

- Qu’est ce que c’est? demanda-t elle en tournant et retournant le sachet dans tous les sens.

- Un collier, Ducky l’a trouvé sur le corps du Capitaine Walker.

- Et tu veux que je retrouve d’où il provient c’est bien ça?

- Je ne te savais pas télépathe, répondit Gibbs en souriant.

- J’ai un tas de talents cachés, renchérit la jeune scientifique en se levant, Ne te fais pas de soucis je m’occupe de ça!

- Combien de temps ça va te prendre?

- Le temps, le temps! Toujours le temps! Comment veux tu que je le sache moi! Je n’ai même pas commencé!

- Et bien dépêches toi Abby, tu devrais déjà avoir fini! fit Gibbs en se dirigeant vers la sortie du labo.

Il était 21h30. Gibbs, Kate et Tony étaient installés chacun derrière leur bureau et semblaient s’ennuyer de pied ferme. En effet tout dépendait d’Abby à présent, elle devait trouver l’origine de ce collier afin que l’enquête puisse suivre son cours. Gibbs somnolait à moitié sur son fauteuil, Tony pianotait sur le clavier de son ordinateur et Kate était occupée à dessiner. Dinozzo remarqua sa collègue qui était plongée dans son occupation, il se leva tout doucement et s’approcha d’elle, un petit sourire aux lèvres.

- Que fais-tu? demanda-t-il lorsqu’il fut arrivé à sa hauteur.

- Ca se voit, non? Je dessine.

Tony s’approcha alors d’un peu plus près et observa plus attentivement le dessin de Kate. Il se mit soudainement à rire.

- Hey! Mais c’est Gibbs! Tu es super douée, Kate, ce portrait est très ressemblant! fit-il entre deux éclats de rire.

- Qu’est-ce qui t’amuse autant Dinozzo? renchérit Gibbs en se levant de sa chaise.

- Euh... rien du tout, répondit Kate en serrant son carnet de croquis contre elle.

- Sois, pas timide Kate! Fais voir tes talents au patron! continua Tony en donnant une tape amicale dans le dos de sa collègue.

- Oui, Kate, montres-moi ce dessin, fit Gibbs en tendant sa main vers le carnet de Kate.

- Non, Gibbs... il est raté, il ne va pas te plaire...

- Qu’est-ce qui te fait penser une telle chose, renchérit Gibbs en arrachant la feuille des mains de Kate.

La jeune femme resta bouche bée devant son supérieur. Gibbs regarda alors le dessin attentivement puis il leva les yeux vers Kate.

- C’est donc ça la vision que tu as de moi Kate? demanda Gibbs en retournant le dessin de manière à ce que Kate et Tony le voient.

Il s’agissait en fait plutôt d’une caricature de Gibbs que d’un portrait. Il représentait l’homme à son bureau, assis dans son fauteuil, les deux pieds croisés sur le meuble. Gibbs semblait dormir profondément sur ce dessin, chose qui était accentuée par les “Z” au dessus de la tête du personnage. Un détail retint tout particulièrement l’attention de l’homme: sur cette caricature, Gibbs tenait un gros lapin rose en peluche qu’il serrait très fort contre lui. Kate était assez gênée face à cette situation, elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour ne pas croiser le regard de son supérieur. Puis elle finit par prononcer quelques mots timidement.

- Cela ne reflète pas ce que je pense de toi Gibbs... je t’assure que... enfin, ce n’est qu’un dessin, j’espère que tu comprends... ça n’a rien de méchant...

- Ce n’est pas la première fois, il me semble, que tu t’amuses à me dessiner... fit Gibbs en rejetant un coup d’œil sur le dessin de la jeune femme ce qui eu pour effet de la mettre encore plus mal à l’aise.

- Pardonnes-moi Gibbs, répondit-elle en baissant les yeux.

Tony ne put s’empêcher de rire. Kate se retourna vers lui et lui donna un léger coup de coude dans la hanche. Gibbs rendit alors le dessin à Kate et retourna à son bureau. C’est alors qu’il fut dérangé par un appel téléphonique en provenance du laboratoire d’Abby.

- Abby doit avoir terminé ses recherches. Vous venez avec moi tous les deux, on descend au labo.

Gibbs ouvrit la marche et se dirigea vers l’ascenseur. Il appuya sur le bouton qui commandait la fermeture des portes une fois que Kate et Tony l’eurent rejoint. Puis ils descendirent tous trois au sous-sol du siège du NCIS. Quand l’ascenseur s’immobilisa et que les porte s’ouvrirent, Gibbs sortit le premier et marcha jusqu’aux portes automatiques du laboratoire d’Abby. La jeune scientifique était installée au même endroit que lorsque Gibbs l’avait quittée: c’est à dire devant son bureau.

- Alors? Que t’as appris cette petite fée Abby? demanda Gibbs quand il fut arrivé à sa hauteur.

- Et bien, je n’ai pas réussi à retrouver son propriétaire: à vrai dire il y avait tellement d’empreintes différentes dessus que ça m’a complètement démoralisée et que je n’ai donc pas fait les tests nécessaires pour les restituées. Enfin bref, j’ai donc chercher un autre moyen de trouver l’origine de ce collier: j’ai cherché les listes de boutiques sur Internet qui vendent ce genre de trucs, le problème c’est qu’il n’y en a pas qu’une!Puis j’ai regardé le dos du pendentif avec ma loupe et j’ai découvert des initiales: F.M.F!

- Ca aurait pu être le propriétaire du collier qui les avaient faits gravées... interrompit Kate, doutant soudainement de la piste trouvée par la jeune scientifique.

- Oui, j’y ai pensé quelques instants puis je me suis dit que ça aurait été trop bête d’en rester là: J’ai donc repris ma liste de boutiques et j’ai cherché celles qui possédaient les initiales F.M.F, et là, coup de chance, il n’y en avait qu’une: “ Fairy and Magic Flower”.

C’est une boutique qui vend essentiellement des bijoux qui, comme son nom l’indique, ont la forme de fées ou de fleurs. J’ai été sur le site de cette bijouterie et devinez ce que j’ai trouvé...

- Le pendentif en forme de fée qui était dans la poche du capitaine Walker, fit Tony pour terminer la phrase de sa collègue.

- Hey! Je ne te savais pas si doué Tony! renchérit la jeune scientifique ironiquement. Cette pièce fait partie de la collection de l’année dernière, c’est donc tout récent.

- Tu es géniale Abby, lâcha Gibbs en prenant le collier qui était posé sur le bureau. Nous irons faire un tour dans cette boutique demain à l’ouverture, tu peux me donner l’adresse exacte s’il te plaît?

- Tiens, la voilà, répondit la jeune scientifique en lui tendant un petit bout de papier sur le quel elle venait de griffonner. Je suis passée plusieurs fois devant: tu verras c’est à côté d’un café: le 38, tu ne peux pas la manquer, c’est une enseigne jaune sur fond vert bouteille hideux, beurk, rajouta-t-elle en faisant une grimace de dégoût.

Gibbs mit fin à la discussion en invitant ses collègues à rentrer chez eux afin de passer une bonne nuit de sommeil.

Chapitre 7

Gibbs, Kate et Tony venaient d’arriver devant la boutique “Fairy and Magic Flower”, il s’agissait d’un petit magasin encastré entre deux autres commerces. On pouvait observer différents articles présentés en vitrine: des colliers avec ou sans pendentifs, des bagues, des bracelets, des boucles d’oreilles... L’enseigne était effectivement jaune, et l’encadrement aussi laid que l’avait dit la laborantine. Les trois agents restèrent quelques instants à observer les bijoux présentés à eux. Kate regardait un pendentif en particulier: une petite fée portant une fleur ambrée dans ses mains, Tony s’approcha d’elle et l’interrogea.

- Tu aimes ce genre de gadgets?

- Plus maintenant. Mais j’avais le même pendentif que celui-ci lorsque j’étais ado, dit-elle en montrant le bijou en question.

- Vraiment?

- Oui. C’était un cadeau de ma meilleure amie.

-Et qu’est devenu ce pendentif aujourd’hui? Tu le portes toujours ou bien il moisit dans un de tes tiroirs?

- Non, je l’ai vendu dans une brocante après que mon amie m’ai volé mon petit copain du moment.

Tony éclata de rire et sa collègue en fit autant.

- C’est bien des histoires de filles ça! renchérit le jeune homme.

Gibbs qui s’apprêtait à entrer dans le magasin interpella ses deux collègues.

- Vous dormez ici ou quoi?

- Non, patron, on arrive, fit Tony en rejoignant son supérieur.

L’agent Gibbs jeta un petit coup d’œil aux alentours lorsqu’il fut dans la boutique, puis il s’avança vers le comptoir où se trouvait une femme d’environ quarante ans qui plus est était rousse. Tony resta bouche bée lorsqu’il l’aperçu, et Kate s’empressa de lui demander ce qui n’allait pas.

- Qu’est-ce qu’il y a Tony?

- Tu as vu? Cette femme... elle est rousse...

- Et alors? Ca te pose un problème?

- Oui, Kate. Gibbs va rester trois heures à parler avec elle! Toutes ses femmes étaient rousses!

- Mon pauvre Tony!

- Tu ne trouves pas ça grave toi?

- Absolument pas, ce n’est pas plus grave que lorsque c’est toi qui parle pendant des heures avec toutes les femmes que l’on peut croiser au cours des enquêtes, qu’elles soient rousses, blondes, ou brunes!

- Mais là c’est de Gibbs dont il s’agit, il n’a plus l’âge de faire ça!

- Dinozzo! Je t’ai entendu! cria Gibbs dans le petit magasin.

A ce moment, la femme en question releva la tête laissant apparaître de magnifiques yeux verts.

- Je peux faire quelque chose pour vous être utile? demanda-t elle poliment.

- Oui, s’il vous plaît, répondit Gibbs en souriant.

Il sortit alors le pendentif de sa poche et le tendit à la vendeuse. Elle le prit dans ses mains et l’observa attentivement puis elle fronça soudainement les sourcils.

- Je me souviens bien de cette pièce, elle date de la collection de l’année dernière. Nous n’en avons vendu qu’en quantité limitée: une dizaine de personne seulement la possède.

- C’est donc une pièce rare? interrogea Gibbs.

- Pas vraiment... chaque année nous produisons une pièce en petite quantité, il peut s’agir d’un pendentif, d’un bracelet, d’une bague: cela permet au client d’avoir une pièce quasiment unique mais qui reste tout de même abordable.

- Pourriez vous me faire la liste des personnes qui ont acheté ce pendentif?

- Je ne peux pas monsieur... enfin, vous comprenez... je ne peux pas divulguer de noms à un quelconque client...

- Je ne suis pas un quelconque client madame, fit Gibbs alors qu’il sortait sa plaque de sa poche. Je suis l’agent Gibbs du NCIS et voici L’agent Todd et l’agent Dinozzo, nous enquêtons sur le meurtre d’un marine et ce pendentif à été retrouvé sur le corps de la victime: il se peut qu’il appartienne au meurtrier.

- Oh, excusez-moi agent Gibbs, si j’avais su, je vous aurait donné ces noms tout de suite...

- Vous êtes excusée madame, renchérit l’agent le sourire aux lèvres.

- Merci, reprit-elle.

Tony qui ne cessait d’observer le comportement de son supérieur continuait de bougonner dans son coin ce qui n’échappa pas à sa collègue.

- Arrête Tony c’est ridicule! Gibbs a le droit d’avoir une vie privée comme toi et moi!

Tony esquissa un sourire et se retourna vers Kate.

- Tu sais ce que c’est d’avoir une vie privée maintenant? Il me semble que ta dernière relation n’a pas tenu plus d’une soirée? fit-il tout joyeux.

- Je... comment oses-tu... de quel droit tu te mêles de ma vie Anthony Dinozzo?! renchérit elle offensée.

- Voyons Kate, ce n’est un secret pour personne! Ta vie sentimentale est un désert total! Mais rassure-toi, je suis certain que cela ne va pas durer!

- Qu’est-ce qui te fait croire que je suis encore célibataire à l’heure actuelle? Hein? Qu’est-ce qui te fait croire qu’il n’y a pas un beau jeune homme musclé qui m’attend avec impatience chez moi?

- Je sais qu’il n’y a pas de beau jeune homme musclé Kate, tu dis ça uniquement parce que je t’ai vexé, j’ai pas raison? renchérit Dinozzo.

- Tu peux te moquer de ma vie privée si ça te chantes mais en tout cas une chose est sûre, c’est qu’en aucun cas je ne voudrais avoir la tienne! Moi, au moins j’essaie de construire quelque chose de stable même si je ne sais pour quelles raisons ça ne dure pas; tandis que toi tu passes ton temps à courir après des minettes en mimi-jupes bien foutues qui la plupart du temps ne veulent pas de toi!

Tony s’arrêta soudainement de rire, offensé lui aussi par ce que Kate venait de lui balancer à la figure.

- Alors là t’abuses Kate, dire que toutes ces filles me rejettent c’est vraiment trop fort!

- C’est pourtant la vérité mon cher Tony, répondit la jeune femme avec un air triomphant.

A cet instant, ils furent interrompus par Gibbs qui s’approcha d’eux une feuille de papier à la main.

- Lisez ça vous deux et dîtes moi si ma vue ne me fait pas défaut, fit-il sur un ton on ne peut plus sérieux.

Kate et Tony parcoururent rapidement la liste de noms des yeux et tombèrent sur l’un d’entre eux qui leur était familier: Mary Garts.

-Mary Garts? fit Kate, c’est l’une des trois jeunes femmes que nous avons interrogé l’autre fois? Celle qui semblait timide, la petite dernière à s’être engagée dans les marines c’est bien ça?

-Oui c’est elle, fit Gibbs en récupérant la liste.

- Tu penses que c’est elle qui a tué le Capitaine Walker? fit Tony.

- Pour l’instant je ne pense rien du tout, je constate les faits: le collier de cette jeune femme a été retrouvé sur le corps de la victime.

- Ouais, c’est vrai que c’est suspect, ajouta Kate. Mais cette fille me semble incapable de tuer quelqu’un, elle avait l’air si douce quand on l’a interrogée sur la base!

- Kate, l’expérience m’a appris qu’il ne faut jamais se fier aux apparences, renchérit Gibbs en rangeant la liste dans la poche intérieur de sa veste. On rentre au quartier général.

A suivre...

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