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Règlement de compte

Chapitre 3

 

Il était 8h00 lorsque Abby réveilla Gibbs en sursaut en jetant le dossier qu’elle avait préparé la veille sur son bureau. L’homme cligna plusieurs fois des yeux pour s’habituer à la forte lumière de la salle. Il avait une fois de plus passé la nuit à son boulot. Lorsqu’il fut assez habitué, il entrouvrit les yeux pour apercevoir la jeune scientifique debout face à lui les bras croisés.

- Tu ne serais pas mieux dans un lit? lui demanda-t-elle.

- Non, ce fauteuil est très confortable, mais je te retourne la question, tu ne serais pas mieux dans un lit plutôt que dans un cercueil?

- Je t’assure que c’est très, très confortable... mais là n’est pas la question, il est 8h00 pile et le dossier que tu m’as demandé est sur ton bureau! Qu’est-ce qu’on dit à la gentille petite Abby? demanda-t-elle timidement à son supérieur.

- Tu n’as pas des analyses à finir, répondit-il sans quitter des yeux le dossier que la jeune femme avait posé sur le bureau.

- Non, Gibbs, il fallait dire “ Merci Abby d’avoir bossé toute la nuit comme une dingue pour découvrir que ce capitaine Alan Walker était un gros pervers, macho et sexiste!” chuchota-t-elle en soupirant.

- Hein? Tu disais? renchérit Gibbs en relevant soudainement la tête du dossier.

- J’ai terminé les analyses Gibbs, j’ai passé la nuit entière à les faire sans parler du temps que m’a prit le dossier!

- Ah? Et alors, quels sont les résultats? demanda-t-il tout en restant plongé dans la lecture du dossier.

- Et bien , il y avait de la terre bien sûr, de l’humus et des résidus de feuilles mortes. Ah! J’oubliais! Il y avait un peu de sable aussi! Tout cela me laisse penser que la personne qui a laissé cet échantillon derrière lui avait été récemment dans une forêt.

- Ouais, ça nous avance à rien tout ça! On a aucune piste pour le moment!soupira-t-il.

- J’ai peut-être quelque chose qui peut nous aider, renchérit Kate alors qu’elle entrait dans la pièce. Elle tenait une pile de paperasse dans les mains qui semblait avoir été triée et classée par dossiers. Elle rejoignit Gibbs et Abby qui se tenaient toujours près du bureau. Elle s’approcha de Gibbs et lui tendit une photo d’une jeune femme.

- Qui est-ce? demanda Gibbs en prenant la photo.

- Lena Jones, la trentaine, élève ses deux enfants seule, elle faisait anciennement partie des marines.

- Quel rapport avec la victime?

- Madame Jones est l’ex-femme du Capitaine Walker, et devines quoi? Elle bossait sur la base des marines de Los Angeles, là où Walker s’est fait assassiné...

- Bien joué Kate, où est Dinozzo? demanda-t-il fermement.

- Je ne sais pas, je ne l’ai pas vu ce matin.

- Il devait venir à 8h00, il est 8h20! Ce type se moque de moi!

Tony arriva alors dans la salle un sachet de papier dans la main droite.

- Salut tout...

- Tu es en retard Dinozzo! coupa Gibbs sur un ton furieux.

- Eh, une minute! J’ai une excuse, j’ai pris le temps d’aller nous chercher des croissants: ils sont encore tout chaud! Tu en veux Gibbs? dit-il en tendant le sachet à son supérieur.

Gibbs fit mine de réfléchir quelques minutes mais finit par se laisser tenter par la bonne odeur des viennoiseries.

- Ah, je savais que tu ne pourrais pas résister! Kate, tu en veux?

- C’est très aimable à toi de me l’avoir proposer, mais non merci, je n’en veux pas.

- T’es incroyable! Tu m’as fait une crise hier parce que je ne t’avais rien proposé et aujourd’hui...

- N’en dis pas plus Tony. Il paraît que je m’empiffre le matin et que ce n’est pas bon pour la ligne, ajouta-t elle en faisant référence à la réflexion de la veille.

Gibbs se leva alors soudainement de son siège, attrapa la photo de la jeune femme.

- Kate, tu viens avec moi. Tony, Abby vous me trouvez tout ce que vous pourrez sur cette Lena Jones.

- C’est qui celle là? demanda Tony lors qu’il avait la bouche pleine de croissant.

- Abby t’expliqueras, lui répondit Gibbs en quittant la salle.

Kate s’approcha alors de ses deux collègues et leur donna une pile de lettres.

- Tenez, ça vous sera utile.

- Qu’est-ce que c’est? demanda Abby en prenant l’une des lettres dans sa main.

- Ce sont des lettres que Madame Jones a envoyées au Capitaine Walker, ce sont des lettres d’amour, enfin, du moins celles que j’ai lues. Je n’ai pas eu le temps de toutes les ouvrir. Bon courage à vous deux, dit-elle avant de rejoindre Gibbs.

Tony poussa un long soupir et regarda le paquet de croissant qu’il avait dans la main. Abby le dévisageait avec un air curieux. L’homme releva alors la tête puis tendit le paquet à la jeune scientifique.

- Tu en veux Abby? demanda-t-il alors qu’un petit sourire s’affichait sur son visage.

La jeune femme se mordit le bout du doigt et regarda son collègue d’un air honteux comme l’aurait fait une petite fille qui s’apprêtait à faire une grosse bêtise. Mais finalement elle plongea sa main dans le sachet et en ressortit un croissant bien doré et appétissant. Puis elle se dirigea vers le laboratoire suivie de très près par Tony.

 

 

Gibbs conduisait la voiture et Kate était assise sur le siège passager. Elle observait attentivement la photo de Lena Jones: C’était une femme plutôt jolie, elle avait les cheveux blonds assez courts qui ne descendaient pas plus bas que ses oreilles, ses yeux étaient couleur noisettes. Elle affichait un léger sourire et semblait avoir tout pour être heureuse, du moins c’est ce que laissait paraître la photographie. Kate fut tirée de ses pensées par Gibbs qui l’interpella.

- Alors que t’as appris ce dossier?

- Oh, rien de bien intéressant, la seule piste potentielle que j’ai pu trouvée pour le moment c’est cette femme. Sinon j’ai appris pas mal de choses sur Walker: il avait visiblement une réputation de coureur de jupons, j’ai trouvé une bonne vingtaine de numéros de téléphone de femme.

- Il faudra appeler ces femmes, elles pourront peut-être nous informer sur certaines choses.

- Oui, qu’est-ce qu’ont données les analyses d’Abby?

- Pas grand chose, nos chances de trouver une piste à partir de ces résultats sont quasiment nulles.

- Et le dossier sur Walker?

- Il semble confirmer ce que tu viens de me dire: Walker était un véritable coureur de jupon. Il a eu plusieurs aventures avec différentes femmes.

- Au fait, tu ne m’as toujours pas dit où on allait? demanda Kate.

- On retourne sur la base. Je veux interroger le commandant Lens pour savoir s’il connaît Lena Jones.

Gibbs prit la deuxième à droite après le feu rouge. Ils roulèrent encore pendant une bonne dizaine de minutes avant d’arriver sur la base. Un homme était posté devant l’entrée. Gibbs s’avança vers lui, baissa sa vitre et sortit sa carte.

- Agent Gibbs et agent Todd, du NCIS. Nous venons interroger le commandant Lens.

L’homme acquiesça d’un signe de tête avant d’ouvrir la grille. Gibbs s’engagea alors sur la base et alla se garer quelques mètres plus loin sur le parking. Les deux agents sortirent de la voiture et se dirigèrent vers le grand bâtiment situé en face d’eux. A peine étaient ils entrés que le commandant Lens vint les accueillir un large sourire aux lèvres.

- Bonjour agent Gibbs, dit-il en tendant sa main vers l’homme. Ce dernier la saisit et la serra bien chaleureusement.

- Bonjour commandant, vous vous souvenez de l’agent Todd?

- Oui bien sûr! Bonjour Madame.

- Bonjour commandant Lens.

- Alors? Que me vaut l’honneur de votre visite?

Kate sortit alors la photo de sa poche puis la montra à son interlocuteur.

- Connaissez vous cette femme? Elle s’appelle Lena Jones et semble avoir travailler ici.

Le Commandant prit alors la photo dans ses mains et l’examina attentivement.

- Bien évidemment que je la connais! C’était l’ex-femme de Walker. Elle s’était engagée dans les marines il y a 4 ans: Et ça doit faire environ six moi qu’elle est partie.

- Vous savez pourquoi? demanda Gibbs.

- Oh, elle ne s’entendait plus du tout avec Walker. Ils passaient leur temps à s’engueuler, on les entendait même de l’autre bout de la base des fois! Alors elle a démissionné puis elle s’est tirée.

- Vous savez pourquoi ils se disputaient?

- Mouais... Selon Walker, Lena avait du mal à supporter que son mari soit son supérieur et qu’il passe son temps à lui donner des ordres. Il disait qu’elle l’avait même traité de tyran soit disant qu’il se conduisait avec ses élèves comme un chien.

- Il n’y aurait pas une histoire d’infidélité dans tout ça? interrogea Kate. Nous avons découvert une bonne vingtaine de numéros de téléphone de femme dans les affaires du Capitaine et selon nos recherches il avait plutôt une mauvaise réputation vis à vis de la gente féminine.

- Écoutez madame, ça ne me regardes pas, c’était sa vie privé! Mais après tout si vous voulez vraiment une réponse, c’est fort possible qu’il ai trompé Lena: Walker était un bon vivant, il adorait sortir, faire la fête, boire...

Kate ouvrit alors la pochette qu’elle tenait sous son bras et en sortit une feuille sur laquelle figuraient de nombreux numéros de téléphone accompagnés de noms.

- Reconnaissez vous l’un de ces noms Commandant Lens?

L’homme prit la feuille puis la regarda fixement en prenant un air très concentré. Au bout d’une dizaine de secondes il releva la tête et pointa du doigt l’un des numéros.

- Cette fille, Emily Helson je la connais elle s’est engagée il y a environ 2 ans. Il me semble qu’elle est sortie avec le Capitaine peu de temps après son divorce d’avec Lena, mais ils ne sont pas restés longtemps ensembles.

- C’est la seule personne que vous reconnaissez? insista Kate.

- Non, il y a ces deux là aussi, renchérit Lens en pointant du doigt deux autres noms de la liste. Tania Olgan et Mary Garts: Tania s’est engagée il y a 6 ans et Mary est la petite dernière, ça fait quatre mois qu’elle est ici. Elle est discrète, un peu timide mais adorable, elle donne tout ce qu’elle a pour réussir.

Le commandant jeta un dernier coup d’œil sur la feuille avant de la rendre à Kate qui la saisit et la rangea dans sa pochette.

- Je ne connais que ces trois là, désolé...

- C’est déjà pas mal commandant, renchérit Gibbs. Serait-il possible d’interroger ces trois personnes: leur témoignages pourraient s’avérer très utiles.

- Bien évidemment agent Gibbs. Veuillez me suivre, je vais vous conduire à elles.

Le Commandant Lens pointa du doigt la porte située au fond de la pièce avant de s’y diriger. Il l’ouvrit et s’engagea dans un couloir, suivi de près par les deux agents du NCIS. Il avançait d’un pas rapide et décidé, passa devant quatre porte et tourna dans le couloir de droite après la cinquième, au fond de ce même couloir se trouvait une grande porte à double battant. Le commandant Lens l’ouvrit et invita Gibbs et Kate a entrer dans la grande salle qui s’offrait à eux. A l’intérieur se trouvaient divers instruments de musculation. Une dizaine de femmes étaient occupées à faire des pompes sous les ordres d’un homme imposant et autoritaire.

- Allez! C’est mou tout ça! Vous croyez que les femmes seront considérées au même niveau que les hommes si vous êtes aussi nulles et empotées!

Ces femmes étaient plutôt jeunes, la plus âgée ne devait pas dépasser les trente-cinq ans. Le commandant Lens s’approcha de l’homme.

- Capitaine, ces agents du NCIS voudraient s’entretenir avec Helson, Olgan et Garts.

- C’est quoi ça, le NCIS? demanda le Capitaine.

- Services criminels de la marine, répondit Gibbs en présentant sa carte, nous enquêtons sur le meurtre du Capitaine Walker.

- Ah oui! Un brave type, je regrette sincèrement qu’il ne soit plus là!

- Vous connaissiez bien le Capitaine Walker? interrogea Kate soudain interpellée par la réaction de l’homme.

- Oh, pas tant que ça! Disons que c’était un bon collègue! J’espère que vous pourrez tirer profit de vos interrogatoire.

Il se retourna alors vers les femmes qui étaient toujours en train de faire des pompes.

- Repos mesdemoiselles! Helson, Olgan et Garts, ces agents du... Comment dîtes vous?

- NCIS, répondit Gibbs fermement.

- Ah, oui, ces agents du NCIS désirent vous parler.

Les trois jeunes femmes en questions se dirigèrent vers un banc situé non loin de là, prirent leur serviettes avant de s’approcher des deux agents.

- Je vous laisse, lâcha le commandant Lens en quittant la pièce.

Emily s’avança la première vers Gibbs.

- Bonjour, je suis l’agent Gibbs du NCIS et voici l’agent Todd. Et vous êtes?

- Emily Helson, dit-elle en s’essuyant le front d’un revers de la main.

- J’aimerai vous poser quelques questions concernant le Capitaine Walker. Ainsi qu’à vous deux, enchaîna-t-il en désignant les deux autres femmes. Vous connaissiez bien le Capitaine?

- Oui, on est sortit deux mois ensembles, mais je suppose que vous êtes au courant autrement vous ne seriez pas venu m’interroger. Ce qui m’étonne un peu plus c’est pourquoi vous désirer vous entretenir avec Tania et Mary, elles ne sont jamais sorties avec lui...

- On a retrouvé leur numéros de téléphone dans les affaires du Capitaine, ajouta Kate.

- Vous étiez au courant qu’il possédait vos numéros, demanda Gibbs en s’adressant aux deux autres femmes.

- Oui, répondit Tania, il m’a tellement harcelé pour l’avoir que j’ai fini par céder. Mais il était hors de question que je sorte avec lui!

- Pourquoi dîtes vous cela?

- C’était un sale pervers, demandez à Emily, elle a subit deux mois de calvaire!

- Est-ce que c’est vrai Melle Helson? demanda Gibbs.

- Parfaitement agent GIbbs! Walker était un salaud, il m’a traiter comme une chienne pendant ces deux mois, il fallait que je cède à tous ses caprices. Je me suis pliée en quatre pour lui faire plaisir. Je l’aimais à une époque mais ce n’était apparemment pas réciproque: tous les prétextes étaient bons pour m’humilier devant les autres lors des entraînements. Celles qui ont repoussé ses avances comme Tania en ont bavé aussi: il ne supportait pas qu’on lui tienne tête!

- Vous lui en vouliez Melle Helson? interrogea Kate.

- Oh, oui! Mais pas au point de l’avoir tué si c’est ce que vous voulez savoir. J’ai donné tout ce que j’avais pour intégrer les marines et je n’ai aucune envie de tout gâcher à cause d’un mec!

- Je ne vous accuse pas Melle Helson, renchérit Kate offensée.

- Oh, vous auriez pu et vous auriez eu raison de le faire, après tout je détestait Walker, et je pense qu’il devait être puni pour ce qu’il a fait!

- La mort est une grosse punition vous savez... Mais dîtes-moi, qu’est ce qui vous fait croire que c’est à cause de ses relations avec les femmes que Walker a été assassiné? interrogea Gibbs avec une pointe de curiosité dans la voix.

- Je ne vois pas pour quelles autres raisons... A moins qu’il ai eu des ennuis ailleurs mais dans ce cas je ne suis pas au courant...

- Bien, et vous Mary... Garts, c’est ça?

- Euh... oui, c’est moi...

- Vous étiez au courant que Le Capitaine Walker possédait votre numéro de téléphone.

- Euh... non, mais il a pu se le procurer facilement en regardant dans mon dossier... fit-elle calmement.

- Vous a-t-il déjà téléphoner?

- Oui... Une fois ou deux je crois... Mais pour des petites choses sans importances.

- Comme quoi?

- Je ne me souviens plus très bien... probablement pour des formalités, vous savez, je suis ici depuis quatre mois seulement...

- Nous sommes au courant. Bien, je n’ai plus de questions mesdemoiselles.

- N’hésitez pas à nous contacter si vous avez besoin d’autres informations, lâcha Emily Helson en serrant la main de son interlocuteur.

- Merci beaucoup. Au revoir.

Les trois jeunes femmes ramassèrent leurs affaires qui se trouvaient sur le sol avant de se diriger vers les vestiaires. Gibbs les observa s’éloigner avant de ressortir par la porte où il était entré, Kate lui emboîta le pas. Ils traversèrent à nouveau le couloir puis sortirent du bâtiment avant de rejoindre la voiture.

- Alors Kate? Toi qui as travaillé au FBI, que peux tu me dire sur le comportement de ces trois jeunes femmes? fit Gibbs en ouvrant la portière du véhicule.

- Je ne pense pas qu’elles aient tué Walker. Visiblement Emily tient beaucoup trop à sa carrière pour faire une pareille bêtise: elle nous l’a avoué clairement. Quand à Tania et Mary leur comportement n’avait rien de suspect.

- Je pense la même chose que toi, ça m’étonnerait qu’elles l’aient tué. J’espère qu’Abby et Tony auront plus de chance de leur côté...

 

 

 

Chapitre 4

 

Tony était debout et faisait les cent pas dans le laboratoire d’Abby une feuille de papier dans les mains. La jeune scientifique était affalée dans son fauteuil et pianotait sans entrain sur le clavier de son ordinateur. Cela faisait bientôt deux heures qu’ils lisaient les lettres que Madame Jones avaient envoyés à son ex-mari.

- Écoutes-moi un peu celle-là, finit par dire Tony alors qu’il s’apprêtait à lire la lettre qu’il avait dans la main à voix haute, “Alan, mon amour, tu me manques terriblement, te savoir loin de moi en Irak me brise le cœur... Je suis tourmentée chaque instant à l’idée de ne plus jamais te revoir...” Cette femme est incroyablement romantique et attentionnée.

- Tu aurais aimé que tes petites amies t’envoient de telles lettres? demanda Abby en souriant.

- J’avoue que ça m’aurait fait plaisir... Mais dis moi Abby, est-ce que tu es du genre à envoyer ce type de courrier? J’aimerai beaucoup percer le mystère de la gothique, est-ce que sous cette apparence morbide et excentrique ne se cacherait pas un cœur romantique et tendre? interrogea Tony en prenant soudain un air très intéressé et curieux.

Abby explosa alors de rire.

- Telle est la grande question! Mais là est tout l’intérêt de la chose, les gothiques sont mystérieux, c’est pourquoi je ne te dévoilerai pas mes pensées les plus profondes...

- Oh, je vois! Bon, il ne nous reste qu’une lettre à ouvrir, encore une lettre d’amour je suppose! Tiens Abby, dit-il en tendant la dernière enveloppe à la jeune femme, je te laisse le privilège d’ouvrir la dernière lettre.

Abby saisit l’enveloppe de papier et l’ouvrit, elle sortit alors la lettre, la déplia et la parcourut vivement des yeux.

- Whoua... fit-elle après quelques secondes.

- Quoi? Qu’est-ce que tu as trouvé?

- On passe du coq à l’âne là! Cette lettre n’a rien à voir avec les autres, renchérit-elle en passant la feuille de papier à son coéquipier.

Tony s’empara de la lettre et la lut.

- Hé! Hé! Je crois que l’on tient notre coupable!

- Quel coupable? fit Gibbs alors qu’il entrait dans le labo suivi de Kate.

Abby les accueillit avec un grand sourire.

- Hey, Gibbs! Comment s’est passée cette petite virée sur la base?

- Pas terrible, on a rien apprit de nouveau. C’est quoi cette lettre.

- Bah, on a ouvert la pile de lettres que Kate nous avait donné: toutes sont de magnifiques lettres d’amour sauf celle là, renchérit Abby alors qu’elle sirotait un soda.

Gibbs parcourut attentivement la lettre des yeux: elle était adressée à Walker bien évidemment: malgré le flot d’injures qui figurait sur le papier, seule une phrase retint particulièrement l’attention de l’homme: “Tu mériterai de payer pour tout ce que tu m’as fait subir!” Il releva alors soudainement la tête.

- Abby, tu m’as trouvé les coordonnées de Madame Jones?

- Oui, tout est là, dit-elle en lui passant une feuille qui se trouvait sur son bureau.

- Super, Tony, Kate: vous venez avec moi, j’ai une petite discussion à avoir avec cette femme.

Gibbs roulait à 80 km/h soit bien plus que la vitesse autorisée en ville. Kate qui était assise sur le siège passager à l’avant faisait son maximum pour cacher sa peur. Mais en vain cela n’échappa pas à Tony qui ne put s’empêcher de se moquer d’elle.

- Tu as peur Kate? fit-il d’un sourire moqueur.

- Absolument pas, tu te fais des idées! répondit-elle fermement.

- Si, si Kate! Ne mens pas, je le vois bien que tu as peur!

- Non, Tony, je suis juste un peu nerveuse!

C’est alors que Gibbs appuya un peu plus sur l’accélérateur augmentant ainsi un peu plus la vitesse du véhicule. Kate se crispa et planta les ongles de sa main dans sa cuisse droite.

- Tu as peur Kate! Tu as peur! continua Tony avec insistance.

- Ca suffit Tony! Oui j’ai peur! Tu es satisfait?

Elle se retourna alors vers Gibbs qui n’avait fait mine de rien entendre depuis le début.

- Gibbs, sois gentil, ralentis un peu! On va finir par avoir un accident!

- Si c’est Lena Jones qui a assassiné Walker, il se peut qu’elle compte s’en aller loin d’ici, et ça m’étonnerait qu’elle nous attende sagement pour qu’on vienne l’interroger!

- Je savais bien que tu avais peur, lâcha Tony en pouffant de rire.

- Oh, ça va! Fermes la tu veux?

Gibbs ralentit légèrement et tourna dans la rue où habitait Madame Jones, il s’arrêta devant le pavillon n°36. Il coupa le contact et descendit du véhicule, Kate et Tony l’imitèrent. Ils avancèrent alors tous les trois en direction de la porte d’entrée du pavillon: Il s’agissait d’une jolie petite demeure comme on en faisait beaucoup aux États-Unis. Elle était en bois bien évidemment peinte en blanc avec de jolis petits volets bleu nuit. Autour, un jardin qui semblait être entretenu régulièrement et avec soin. Gibbs sonna deux fois à la porte avant qu’on vienne lui répondre. Une femme ouvrit alors la porte, il s’agissait de Lena Jones.

- Bonjour, que puis-je faire pour vous Monsieur? demanda-t elle poliment.

- Je suis l’agent Gibbs du NCIS, dit-il en montrant sa carte, et voici les agents Todd et Dinozzo. Nous enquêtons sur le meurtre de votre ex-mari: le Capitaine Alan Walker.

- Ah, oui, soupira-t-elle, j’ai apprit la nouvelle. Entrez, finit-elle par dire en ouvrant en grand la porte.

Gibbs entra le premier et suivit Lena Jones jusque dans son salon. Kate et Tony ne tardèrent pas à le rejoindre.

- Son décès semble vous laisser de marbre... commença Gibbs en s’asseyant sur un moelleux fauteuil.

- Je n’était plus en bons termes avec Alan. J’ai traversé une mauvaise passe lorsque j’étais mariée avec lui: probablement l’une des plus grosses erreurs de mon existence... Alors pardonnez moi si je ne m’effondre pas en larmes lorsque vous évoquez sa mort.

- Nous avons trouvé ceci en fouillant dans ses affaires, rajouta Kate en tendant la lettre d’insultes à la femme qui était assise en face d’elle.

Lena prit la feuille de papier et la lut: elle éclata alors d’un rire nerveux.

- Oh, je comprend mieux le motif de votre visite. J’ai écrit cette lettre peu de temps avant notre divorce, lorsque j’ai appris qu’il me trompait.

Elle leva la tête et dévisagea les trois agents.

- Vous pensez que c’est moi qui ai tué Walker, c’est ça?

Gibbs haussa les épaules avant de reprendre:

- Cette lettre le laisse clairement paraître en tout cas...

- Vous savez agent Gibbs, je vais vous faire une très grande confidence: si mon ex-mari n’avait pas été assassiné par quelqu’un d’autre, c’est probablement moi qui l’aurait fait.

Gibbs se leva alors subitement de son fauteuil.

- Je vais vous demandez de nous suivre Madame Jones, nous allons vous emmener au siège du NCIS.

- Et pourquoi cela? demanda-t elle avec un extrême calme.

- Doit-on vous rappeler que vous êtes accusée de meurtre sur la personne de Alan Walker, rajouta Tony en se levant à son tour.

- Je n’ai pas tué mon ex-mari, monsieur.

- Vos aveux sont pourtant assez clairs, vous n’auriez pas hésité à le faire...

- Oui mais je ne l’ai pas tué!

- Nous voulons simplement vous faire subir un interrogatoire, Madame Jones, rajouta Gibbs.

- Très bien, je vous suis, finit par dire la jeune femme. Laissez moi juste le temps d’appeler ma mère pour qu’elle passe prendre mes enfants au centre de loisirs, rajouta-t-elle en se dirigeant vers la pièce voisine.

Les trois agents profitèrent du départ de la jeune femme pour donner leurs opinions sur elle.

- Alors que pensez vous d’elle? demanda Kate.

- Elle est plutôt jolie et bien foutue, lâcha Tony.

- Tony! C’est un avis professionnel que je te demande!

- Oups... Bah, c’est vrai que ses aveux sont troublants mais je pense qu’elle est sincère lorsqu’elle dit qu’elle ne l’a pas tué.

- Ah oui? Et qu’est-ce qui te fais penser une telle chose?

- Je l’ai vu dans ses yeux... fit Tony en jetant un regard mystérieux à sa collègue.

- Mais avec toi, la fille la plus dangereuse de tout le pays pourrait te faire les yeux doux que tu ne soupçonnerait même pas qu’elle a tué des dizaines de personnes.

- C’est fou ce que tu es médisante Kate! renchérit le jeune homme un peu vexé.

- Et toi Gibbs? Qu’en penses-tu?

- L’interrogatoire devrait....

Ils furent tous trois interrompus par un bruit de porte qui claque. Ils se regardèrent alors tous trois fixement en se demandant ce qu’il se passait.

- C’est quoi ce bruit, fit Tony en chuchotant légèrement.

Il ne leur fallut que quelques secondes pour comprendre que Lena Jones s’était enfuie par la porte de derrière.

- Il faut la rattraper! cria Gibbs. Kate, prends la voiture, Tony et moi allons tenter de la rattraper de l’autre côté!

Ils sortirent tous trois en vitesse du pavillon. Gibbs s’arrêta une seconde lorsqu’il fut sur le seuil de la porte qui donnait sur la rue de derrière, il chercha Mme Jones du regard et l’aperçue de l’autre côté de la route, il se lança alors à sa poursuite en courant aussi vite qu’il pouvait et suivi de très près par Tony.

Arrêtez-vous! hurla-t-il alors qu’il se rapprochait de la jeune femme.

De son côté, Kate apercevait également Mme Jones. Elle appuya fortement sur l’accélérateur pour arriver à son niveau. Cette dernière se retourna en entendant les vrombissements du moteur de la voiture et tenta d’accélérer sa course pour échapper à l’agent du NCIS. Lena Jones s’apprêtait à traverser la route quand Kate freina brusquement et stoppa la jeune femme dans son élan. Elle sortit alors du véhicule en vitesse et sortit son arme.

- Les mains en l’air! ordonna Kate en pointant son arme en direction de la fuyarde.

Elle ne tarda pas à être rejointe par Gibbs et Tony qui arrivèrent tous deux essoufflés.

- Bon travail Kate, fit Gibbs en se dirigeant vers elle.

Il s’approcha ensuite de Mme Jones, la plaqua contre la voiture, lui passa les menottes tout en lui lisant ses droits.

- Je vous arrête pour le meurtre du Capitaine Alan Walker. Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous lors de votre procès. Vous avez le droit de prendre un avocat, si vous n’en avez pas les moyens, il vous en sera commis un d’office...

 

 

 

Chapitre 5

 

Mme Jones était assise bien sagement sur une chaise dans la salle d’interrogatoire du NCIS. Gibbs ne tenait pas en place il tournait nerveusement autour de la table centrale sous l’œil amusé de la jeune femme. Puis après quelques minutes, l’homme vint s’asseoir en face d’elle et commença alors à poser ses questions.

- Avez vous tué votre ex-mari Madame Jones?

- A votre avis agent Gibbs? répondit-elle en souriant.

- C’est moi qui pose les questions Mme Jones! Avez vous tué le capitaine Alan Walker, oui ou non? reprit l’homme en s’énervant.

- Ca parait évident que c’est moi qui l’ai tué, hein? Je vous ai avoué avoir eu envie de l’assassiné, je me suis lâchement enfuie tout à l’heure... Alors, forcément, tous les soupçons se portent sur moi...

Gibbs n’en pouvait plus de ces “demi-réponses”, il se releva de sa chaise et recommença à faire les cent pas dans la pièce.

- Non, je n’ai pas assassiné mon ex-mari, agent Gibbs, finit-elle par dire voyant que son interlocuteur commençait littéralement à bouillir.

- Pour quelles raisons vous êtes vous enfuie tout à l’heure alors? Avouez que ce n’est pas le meilleur moyen de se faire innocenter!

- Oui, je le reconnais... Mais j’avais peur... J’ai deux enfants vous savez, et je suis tout ce qu’il leur reste! Vous ignorez tout de ce que j’ai vécu lorsque j’étais avec Alan!

Le comportement de Lena Jones avait subitement changé elle était passé de la femme sûre d’elle et provocatrice, au petit agneau apeuré sur le bord des larmes.

- Je ne demande qu’à comprendre Mme Jones, je cherche des réponses, et vous pouvez m’en apporter mais pour cela il faut que vous me parliez de vous, de votre ex-mari...

- Très bien, dit-elle en essuyant une larme qui lui coulait sur la joue et en reniflant un bon coup. Je vais tout vous dire: J’ai rencontré Alan lorsque je me suis engagée dans les marines il y a maintenant quatre ans. Ce fut le coup de foudre, pour moi en tout cas... continua-t elle en souriant d’un air nostalgique comme si cette période de sa vie lui manquait terriblement. Nous nous sommes mariés deux mois plus tard dans une petite église en Floride, mon pays natal. Quelques semaines plus tard j’étais enceinte de mon premier enfant, Jimmy qui va aujourd’hui sur ses quatre ans... J’avais tout pour être heureuse: Une maison, un enfant, un boulot qui me plaisait infiniment et un mari qui m’aimait, enfin... c’est ce que je croyais. Kelly est venue au monde un an plus tard, alors que notre mariage commençait déjà à se briser. Alan est rentré un soir, d’un dîner avec des copains: il était minuit passé, les enfants dormaient... Il était bourré comme ce n’était pas permis, il criait tellement fort qu’il en avait réveillé Kelly. On s’est disputés cette nuit là, et... je ne sais pas si c’était le fait qu’il était saoul, mais il a levé la main sur moi.

- Il vous a frappé? demanda Gibbs plongé dans l’histoire de la jeune femme.

- Non, il a simplement fait mine de le faire... mais cela ne changeait rien, il avait voulu me frapper, me faire du mal...

- Il sortait souvent le soir avec des copains comme il l’avait fait cette nuit là?

- Oui, mais c’était la première fois qu’il rentrait en si piteux état, il avait pour habitude de boire mais pas à ce point. Enfin bref, tout ça pour vous dire que je suis partie avec mes deux enfants vivre quelques temps chez ma mère. Mais il fallait bien que je retourne sur la base: C’était bien entendu Alan qui nous entraînait. Il avait un comportement exécrable, je sais que les entraîneurs ne sont pas toujours très tendre, que parfois ils nous disent des choses méchantes mais c’est pour nous pousser à nous dépasser pour nous rendre plus fortes; tandis qu’Alan, lui, cherchait constamment à m’humilié face aux autres filles, et cela par tous les moyens. Je ne supportait plus sa tyrannie et sa méchanceté, j’ai bien tenté de lui demander pourquoi il agissait ainsi mais il n’a jamais voulu me répondre, on s’est disputé plus d’une fois à cause de ça puis j’ai fini par démissionné et le quitter. C’est seulement deux mois plus tard que j’ai appris qu’il m’avait trompé à maintes reprises lorsqu’il sortait le soir avec ses copains, j’ai aussi appris que je n’avais pas été la seule à subir ce traitement humiliant lors des entraînements. C’est après cela que je lui ai écrit cette lettre d’insultes et de menaces, à cette époque je l’aurais volontiers assassiné mais j’ai pensé à mes enfants; Et puis, un mois plus tard, on divorçait....

- Nous avons trouvé mis à part cette lettre, d’autres courriers....

- Ah, oui! soupira-t-elle, J’avais écrit ces autres lettres à Alan lorsqu’il était en mission en Irak, c’était un mois avant la naissance de Kelly, il est rentré peu de temps après mon accouchement.

- Connaissez vous Emily Helson, Tania Olgan et Mary Garts?

- Je connais bien Tania, on est même devenue amies, je connais un peu Emily, c’est d’ailleurs Tania qui m’a apprit que cette dernière était sortie avec mon ex-mari et que elle aussi avait été humiliée. Par contre j’ignore qui est Mary Garts.

- Emily Helson dit que le Capitaine Walker ne supportait pas qu’on lui tienne tête et que c’est pour ça qu’il s’adonnait à ce petit jeu d’humiliation envers ses élèves. Êtes vous d’accord avec ce point de vue?

- Ca me parait bien résumer le comportement de mon ex-mari, en effet.

- Bien. Je n’ai plus de questions Mme Jones, conclut Gibbs en se levant.

- Qu’est-ce que vous allez faire de moi? demanda craintivement la jeune femme.

- Un de nos agents va vous ramener chez vous.

- C’est vrai? Alors vous me croyez quand je vous dis que je n’ai pas tué Alan? dit-elle avec un large sourire et plein de joie dans le regard.

- Je crois que vous tenez énormément à vos deux jeunes enfants et que pour rien au monde vous n’aimeriez qu’on vous en retire la garde: même si votre mari vous a fait beaucoup souffrir et que vous auriez aimé vous venger.

La jeune femme sauta alors au cou de Gibbs et le serra très fort dans ses bras ce qui le fit plutôt sourire.

- Merci agent Gibbs d’avoir cru en moi! Merci!

- Je vous en prie, dit-il en ouvrant la porte de la petite salle. Dirigez vous vers le hall d’entrée, un agent vous y attend.

- Au revoir agent Gibbs et encore merci, dit-elle alors qu’elle s’éloignait dans le couloir.

Tony et Kate étaient restés dans la pièce adjacente à la salle d’interrogatoire, ils s’empressèrent de demander à leur supérieur comment s’était passé l’entretien.

- Alors? commença Tony.

- Elle est innocente.

Kate poussa un long soupir: elle commençait à en avoir mare de tourner en rond et de ne trouver aucune solution à cette enquête sans issue. Jusque là tous les suspects potentiels s’étaient avérés innocents.

- Bon, et bien on a plus qu’à se rabattre sur l’échantillon que Kate à trouvé sur les lieux du crime... lança Gibbs sans aucune motivation.

- Tu veux dire que l’on doit trouver quelles sont les personnes qui sont allées en forêt le jour du meurtre? interrogea Kate avec stupéfaction.

- Oui, du moins celles qui sont sur la base: à moins d’un miracle, c’est la seule piste qu’il nous reste....

A cet instant même le téléphone portable de Gibbs se mit à sonner. Il se précipita pour l’attraper dans la poche gauche de sa veste.

- Allô?... oui... on arrive tout de suite...

Il coupa alors la communication, rangea son portable avant de s’adresser à ses collègues.

- C’était Ducky, on doit le rejoindre immédiatement dans la salle d’autopsie, il vient de faire une nouvelle découverte sur le corps de Walker.

- Et ben! Le voilà ton miracle! renchérit Tony.

A suivre....

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