PROLOGUE
Le capitaine Alan Walker était installé à son bureau. Il regardait avec attention le dernier numéro de “Playboy” tout en sirotant un café noir et brûlant. Il était 22h00, le couvre-feu n’allait plus tarder à avoir lieu dans la base de la marine américaine située à Los Angeles. Il regarda sa montre, il avait encore une demi-heure devant lui avant d’aller annoncer l’extinction totale des lumières. Le capitaine était un homme d’environ 37 ans, de grande taille, robuste, musclé, à la carrure de rugbyman: pas étonnant vu les nombreuses heures d’entraînement et de sport auxquelles il s’adonnait chaque jour. Il avait de grands yeux bruns foncés et le crâne, service militaire oblige, quasiment rasé. Il entraînait depuis bientôt trois ans les rares femmes qui s’étaient engagées dans la marine. Ce travail lui plaisait beaucoup d’ailleurs, étant un grand admirateur de la gente féminine. L’homme ferma sa revue et la rangea dans un tiroir qui contenait au moins cinq numéros de ce même magazine puis, il le referma à clé. Il avala le restant de son café d’une seule gorgée et posa la tasse sur son bureau avant de se lever. Il se dirigea ensuite vers ses casiers où se trouvait tout un tas de paperasse puis se mit à fouiller dans l’un des tiroirs. C’est alors que sans faire le moindre bruit, un individu s’infiltra dans le bureau du capitaine. Ce dernier ne remarqua rien et continua à fouiller. L’individu s’approcha à pas lents de l’homme et sortit une arme de sa veste: il tira alors trois balles dans le dos du pauvre homme qui s’effondra dans une mare de sang. L’individu rebroussa chemin en vitesse et disparut du bureau du capitaine Alan Walker.
CHAPITRE 1
L’équipe du NCIS, composée de l’agent Gibbs, de l’agent Dinozzo et de l’agent Todd, venait d’arriver sur le lieu du crime. Le Dr Donald “Ducky” Mallard, médecin légiste du NCIS était arrivé bien plus tôt, il y avait environ une heure de cela. Il était occupé à observer le cadavre de la victime. Gibbs enjamba la bande jaune qui lui barrait la route et entra dans le bureau. Il y avait quelques autres personnes dans la pièce: deux agents de la criminelle et un marine. Mais Gibbs s’accroupit près de Ducky.
- Alors Ducky? Qu’est-ce qu’on a?
- Et bien, un mort pour commencer!
- Oui, ça je le vois bien mais as-tu des informations sur ce mort? Une arme? Un objet quelconque?
- Oh, non Jethro! Je suis médecin légiste, pas enquêteur! Les preuves, ça c’est ton domaine, si tant est que ces agents de la police locale n’aient pas détruit toutes les pièces à conviction. J’ai du leur répéter trois fois de ne pas toucher au cadavre depuis mon arrivée!
- OK. De quoi ce type est-il mort?
- Ce malheureux garçon s’est pris trois balle dans le dos!
- Tu pourrais me dire la date du décès? Ou du crime?
- Je suis sûr à 100% qu’il est mort sur le coup, tant mieux, il n’aura pas souffert! Par contre je peux juste te dire d’après la température du foie qu’il est mort plutôt récemment, le décès ne remonte pas à plus de deux jours mais il faudra attendre l’autopsie pour avoir plus de précisions.
- Ok.
A cet instant un homme interpella Gibbs. Il s’agissait du marine que Gibbs avait repérer dans le bureau quelques instants auparavant. Il s’annonça d’un raclement de gorge peu élégant.
- Bonjour dit-il. Je suis le commandant Kevin Lens.
Il tendit sa main à Gibbs qui la serra bien fort. Il sortit alors sa carte du NCIS.
- Agent Gibbs du NCIS, dit-il pour se présenter à son tour. Vous connaissiez la victime?
- Bien sûr! Il s’agissait du capitaine Alan Walker, un ami de longue date.
Il baissa les yeux et soupira avant de reprendre:
- C’est moi qui ai découvert son cadavre...
- Navré, reprit Gibbs avec un expression de compassion.
- Pas autant que moi!
- Puis-je vous poser quelques questions commandant Lens?
- Bien entendu! Si cela peut aider à coincer le salaud qui a fait ça, je suis prêt à répondre à toutes vos questions agent Gibbs!
- Bien, tout d’abord j’aimerai savoir quand avez vous découvert ce cadavre?
- Ce matin même à 5h30, j’allais justement voir si Walker était dans son bureau.
- Quand avez vous vu Le capitaine Walker pour la dernière fois, renchérit Gibbs en notant les réponses de son interlocuteur sur un calepin.
Le commandant fit mine de chercher dans sa mémoire et leva les yeux aux ciel.
- Si je me souviens bien, je l’ai vu pour la dernière fois il y a deux jours.
- Et vous ne vous êtes pas inquiété de son absence durant ces deux jours, demanda l’agent du NCIS en fronçant les sourcils avec étonnement.
- C’est à dire que le capitaine Walker avait pris sa journée de repos hier, je n’était donc pas étonné de ne pas l’avoir vu, cela dit, je me rappelle maintenant qu’il n’a dit au revoir à aucun de ses collègues en partant, j’aurais du être plus vigilent!
- Vous avez entendu des coups de feu récemment? Un comportement étrange vis à vis de l’un de vos collègues, de vos supérieurs, de vos officiers qui aurait pu annoncer un tel acte?
- Vous savez, nous sommes sur une base d’entraînement de la marine! Alors des coups de feu j’en entend tous les jours! Cependant je n’ai rien remarqué d’étrange ici, je pense que vous y aller un peu fort en disant qu’une personne présente sur cette base aurait pu tuer le capitaine Walker!
- Peut-être, mais un homme a perdu la vie, il s’est pris trois balles dans le dos, alors vous me permettrez d’envisager toutes les hypothèses possibles commandant Lens, répondit Gibbs non sans une pointe d’énervement dans la voix. Je n’ai plus de questions pour l’instant, conclut-il enfin.
- Ce fut un plaisir pour moi de vous aider agent Gibbs, n’hésitez pas à me recontacter si vous avez quoi que ce soit à me demander, dit il en donnant une bonne poignée de main à son interlocuteur.
Le commandant Lens sortit alors de la pièce et disparut après le premier tournant du couloir.
Pendant ce temps Kate et Tony attendaient à côté de la porte du bureau. Ils étaient en train de se chamailler à propos d’une part de pizza que Tony avait goulûment avalée la veille sous les yeux de la jeune femme qui n’avait rien pu manger.
- C’est une question d’éducation Tony, on ne se sert pas avant d’avoir demander aux personnes qui sont avec toi si elles en veulent! dit-elle avec fermeté.
- Mais enfin, je t’assure que si j’avais su que tu n’en avait pas pris, je l’aurait laissée cette satanée part de pizza! ajouta Tony pour sa défense.
- Si tu avait eu ne serais-ce qu’un tout petit peu de jugeote, tu aurais demandé autour de toi avant!
- Oh Kate! Tu ne vas pas en faire tout un drame! Tu t’es bien rattrapée ce matin! Tu t’es empiffrée de deux croissants au petit déjeuner! Si tu avais mangé de cette pizza, tu aurais pris deux kilos à coup sûr!
- Comment ose-tu parler à une femme de la sorte! Tu prétends être un tombeur mais je comprends vraiment pourquoi tu es célibataire à l’heure actuelle!
- Hey! C’est pas juste! T’as pas le droit de dire ça!
Gibbs, qui était en train de noter les dépositions du commandant Lens sur son calepin, releva la tête soudainement et regarda en direction de ses deux collègues.
- Dîtes donc? A quoi vous jouez tous les deux? Vous ne devriez pas être en train de prendre des photographies et de faire des relevés d’indices et d’empruntes? Lança l’homme en haussant la voix.
- Heu... si, si... bafouilla Tony, on s’apprêtait justement à y aller.
- Il a raison, tu vois, j’avais même pris l’appareil photo dans mes mains... ajouta Kate, en montrant l’objet en question à son supérieur, un sourire craintif aux lèvres.
Ils rentrèrent tous deux dans la pièce et enfilèrent chacun une paire de gants. Tony s’avança pour inspecter le bureau et Kate se dirigea vers les casiers. Tony regarda tout d’abord la surface du meuble, il n’y avait pas grand chose de bien intéressant: quelques feuilles de papier, un pot à crayon où se trouvaient divers stylos, crayons, et autre, ainsi qu’une tasse de café vide et une cuillère. L’homme regarda chaque objet avec attention. Au bout de cinq minutes, il effectua une moue boudeuse qui laissait largement paraître sa déception à ne pas trouver de preuves assez intéressantes. Même s’il savait pertinemment ce que son supérieur allait lui répondre et qu’il savait également qu’il avait de très fortes chances de se faire envoyer paître, il posa tout de même la question:
- Est-ce que je fais des relevés d’empruntes sur tous ses objets? demanda-t-il naïvement.
- Est-ce que je dois te renvoyer pour m’avoir posé une question aussi stupide? répondit Gibbs sans lever la tête de son calepin.
Cette réponse voulait tout dire, Tony effectua donc des relevés d’empruntes sur chacun des objets. Kate le regarda avec un léger sourire, elle était amusée par la vanne que son coéquipier venait de se prendre dans la figure. Quand, il eut finit, Tony inspecta les tiroirs du bureau. Quelle ne fut pas sa surprise de voir que l’un d’entre eux était fermé à clé. Il fouilla alors dans sa poche essayant désespérément de trouver un couteau. Mais en vain, il allait être obligé d’en demander un à Kate ou pire, à Gibbs. Il décida d’emprunter celui de Kate craignant de trop fortes remontrances de la part de son supérieur. Il s’avança alors délicatement vers sa collègue et se mit à parler tout bas, au grand étonnement de cette dernière.
- Tu pourrais me prêter ton couteau s’il te plaît, chuchota-t-il.
- Pourquoi est-ce que tu parles tout bas? demanda-t-elle avec étonnement.
Tony de dit rien et répondit en montrant discrètement du doigt: Gibbs. La jeune femme esquissa un sourire et tendit son couteau à Tony.
- Merci, dit-il toujours en chuchotant.
Alors qu’il regagnait le bureau de la victime, Gibbs qui avait observer la scène précédente avec discrétion, interpella le jeune homme.
- Dinozzo, peux-tu me rappeler la règle n°9?
- Règle n°9: Ne jamais sortir sans son couteau.
- Bien, tu m’expliques pourquoi tu as demandé celui de Kate?
- Euh... en fait, c’est à dire que je l’ai malencontreusement égaré... et je...
- Égaré ou oublié?
- Bah, oublié...
- Fais-moi penser à te le coudre sur le bras la prochaine fois!
- Euh... c’est pas un peu trop poussé “coudre”?dit-il sans recevoir de réponse de Gibbs.
Kate rigola face à cette situation plus qu’embarrassante pour le jeune homme. Ce dernier ouvrit donc le tiroir avec l’aide du couteau de Kate. Il y trouva 5 ou 6 revues du magasine PlayBoy, cela le fit sourire aussitôt. Il en sortie une du meuble et la brandit victorieusement face à Kate.
- Regardes ce que je viens de trouver dans le bureau de ce cher capitaine! Il avait visiblement un goût assez prononcé pour les femmes et pas n’importe lesquelles!
- PlayBoy? Tu es sûr que ce n’est pas l’une de tes revues que tu aurait malencontreusement égaré ici? demanda Kate.
- Quelle mauvaise langue! Je suis déçu que tu penses ça de moi! dit-il avec un air faussement vexé.
- Oh, voyons Tony, je commence à te connaître depuis le temps!
Ce dernier retourna au bureau tandis que Kate continua de fouiller dans les tiroirs des casiers. Il y avait tout un tas de paperasse et la jeune femme ne savait plus où donner de la tête, elle craignait également fortement que ce soit elle qui comme d’habitude se charge de trier tout ce bazar. Et cela ne loupa pas, elle n’eut même pas son mot à dire, Gibbs lui colla cette tâche d’office sans qu’elle n’eut le temps de dire ouf. Et le fait qu’elle poussa de longs soupirs et qu’elle fit des remarques du genre “ c’est toujours moi qui ai le sale boulot” n’y changea rien. Elle abandonna ces casiers, sachant que tous ces dossiers allaient lui être livré dans un joli paquet cadeau, qui ne serait en fait qu’un vulgaire colis recouvert de papier kraft, au bureau du NCIS d’ici une poignée d’heures. Elle s’accroupit donc au sol, et chercha de potentielles pièces à convictions. Ducky, qui était toujours en train d’examiner le cadavre, se retourna vers elle et s’étonna de la voir à quatre pattes à terre.
- Que fais-tu Kate? demanda-t-il sans quitter son macchabée des yeux.
- Je cherche une quelconque preuve qui pourrait nous mettre, éventuellement sur une piste! Mais autant chercher une aiguille dans une botte de foin, il n’y a strictement rien ici!
Elle s’arrêta alors soudain devant une emprunte de pas. Environ taille 40 évalua-t-elle mais elle n’en était pas tout à fait sûre. Elle remarqua qu’il y avait une substance à l’endroit de cette trace, elle sortit alors précipitamment une petit feuille de papier et entreprit de faire un relevé de sa trouvaille. Pendant ce temps deux brancardiers venaient d’arriver dans la pièce ils s’avancèrent près de Ducky, en enjambant tant bien que mal, la jeune femme à quatre pattes par terre. Le médecin légiste s’appuya sur son genou et se releva. Il balaya négligemment son pantalon du revers de la main pour y enlever la poussière qui s’y était déposée. Puis il regarda les deux nouveaux arrivants.
- Surtout faîtes bien attention! Je ne voudrais pas que vous me l’abîmiez! dit-il en désignant le cadavre.
Les deux brancardiers soulevèrent avec délicatesse le corps du capitaine Walker et le déposèrent avec la même douceur sur le brancard. Puis il le sortirent de la pièce.
Ducky alluma la lumière au dessus de la table d’autopsie. Le corps du capitaine Alan Walker était allongé sur le ventre sur le métal froid de cette table. Gibbs, Kate et Tony se tenaient à ses côtés et regardaient attentivement le macchabée.
- La date du crime remonte à Lundi soir, aujourd’hui nous sommes mercredi, cela fait donc deux jours que notre cher ami à succomber à ses blessures! lança le médecin légiste.
- Tu as pu identifier l’arme? demanda Gibbs aussitôt.
- Non.
Il prit alors un petit sachet en plastique, qui était posé sur une table, et dans lequel se trouvaient trois balles recouvertes de sang.
- Tiens Gibbs, Abby arrivera certainement mieux que moi à faire parler ces trois balles.
A cet instant, Kate intervint alors et sortit de sa poche, l’échantillon qu’elle avait trouver quelques heures plus tôt sur les lieux du crime.
- Il faudra donner ça à Abby, aussi, dit-elle alors qu’elle tendait l’objet à Gibbs.
- Qu’est-ce que c’est?
-Un échantillon d’une substance qu’il y avait sur une emprunte de pas. Je pense que ce n’est que de la terre mais peut-être qu’avec un peu de chance, Abby trouvera autre chose qui pourra nous mettre sur une piste.
- Bon travail Kate, renchérit l’agent Gibbs en lui donnant une légère tape sur l’épaule.
Tony, qui avait observer la scène regarda Gibbs en fronçant les sourcils.
- Eh! Elle est là depuis moins longtemps que moi et tu lui fait déjà des compliments? J’y cois pas!
- Et oui, que veux-tu! répondit Kate sur un ton ironique. Gibbs sait reconnaître les bons agents, les vrais bons agents!
Leur supérieur ne releva pas et sortit de la salle d’autopsie en rigolant.
- Mouais, bah j’suis pas top convaincu!
- Tu ne serais pas un peu jaloux par hasard? demanda Kate en riant.
- Moi? Jaloux? Mais ma pauvre Kate! Il faudrait être maso pour être jaloux de toi! répondit-il le sourire jusqu’aux oreilles alors qu’il sortait à son tour de la salle.
Cette fois-ci, Kate ne rigola plus, elle resta pensive seule avec Ducky dans la pièce.
- Dis moi Ducky? Il est toujours aussi prévenant et courtois avec les femmes?
- Oh, tu sais Tony est un peu macho sur les bords, dit-il alors qu’il charcutait à l’aide d’un scalpel l’un des trous fait par l’une des balles dans le dos du capitaine Walker. Mais c’est un brave type, il à certes beaucoup de mal à s’écraser devant la gente féminine mais bon! Tiens, d’ailleurs, il me rappelle un ancien ami à moi, il avait exactement le même comportement et...
- Je dois te laisser, interrompit Kate en quittant la salle d’autopsie, n’ayant aucune envie d’écouter l’histoire du médecin.
Kate rejoignit Gibbs et Tony qui se trouvaient dans le labo d’ Abby. Cette dernière était assise à son bureau, et écoutait un CD qui hurlait Mobscene de Marylyn Manson. La musique étant très forte, elle n’entendit pas ses collègues arrivés et poussa un cri lorsque Gibbs lui tapota l’épaule.
- Hey! Tu m’as fait peur Gibbs! dit-elle en sursautant sur sa chaise.
- Désolé, mais on a besoin de toi Abby!
- Que puis-je faire pour toi, mon cher? renchérit elle un large sourire aux lèvres.
- Et bien si tu pouvais commencer par m’éteindre cette horreur, ça serait déjà pas mal, répondit-il en désignant la chaîne Hi-fi du doigt.
Abby se mit alors à rire et se leva; Elle se dirigea vers la chaîne, éteignit le CD puis alluma la radio. Un air bien connu de Mozart résonna alors dans toute la pièce. Elle lança un regard malicieux à tout ses collègues, seul Tony lui répondit par une grimace d’horreur, il semblait ne pas trop apprécier la musique classique. Gibbs ne releva pas et posa les deux sachets contenant les pièces à examiner sur la table centrale.
- Pourrais tu me dire quelle arme a été utilisée grâce à ses trois balles? demanda t -il en avançant le premier sachet en direction de la jeune femme.
Cette dernière le saisit puis se dirigea vers une autre table où se trouvaient divers instruments, elle attrapa une pince, ouvrit le sachet et prit l’une des trois balles à l’aide de l’objet. Elle relâcha ensuite le sachet puis saisit une loupe posée non loin de là et commença à observer la balle. Après quelques minutes, elle tira un conclusion.
- L’arme utilisée est un pistolet 9 mm, une arme que l’on peut assez facilement se procurer mais qui fait tout de même de gros trous.
- Ouais, bah ça va pas nous avancer beaucoup! soupira Dinozzo. Je m’attendait plutôt à une arme un peu hors du commun, qui soit assez rare pour n’être vendue qu’en petite quantité et qui ne serait donc pas trop difficile à trouver.
- Tiens, il y a ça aussi, ajouta Gibbs en tendant le second sachet à la jeune scientifique.
- Ouh! Je suppose que tu veux une analyse précise de toutes les substances contenues dans ce sachet?
- T’as tout trouvé! répondit Gibbs un semblant de sourire aux lèvres. Tu peux me faire ça en combien de temps?
La jeune femme leva les yeux au ciel puis poussa un long soupir.
- D’ici cinq ou six heures, je devrais avoir fini.
- Tu ne peux pas faire plus court Abby? J’ai besoin de ces analyses le plus tôt possible, c’est pour le moment la seule piste que l’on a!
- NON, Gibbs! répondit la jeune femme avec fermeté. Si je me presse trop, je vais tout bâcler et je risque de fausser les résultats! Tu n’as donc aucun respect pour la science? demanda t-elle sur un ton légèrement vexé.
Gibbs ne répondit pas et se contenta de lui donner du travail supplémentaire.
- J’aimerai que tu me fasses une recherche complète sur le capitaine Alan Walker. Ses occupations, ses goûts, ses amis, sa famille et s’il y a quelqu’un qui aurait pu lui en vouloir au point de le tuer. Je veux ce dossier demain matin à 8h00 précise, pas une minute de retard, sur mon bureau.
- Mais...
- Je ne veux rien savoir! coupa t-il en quittant le laboratoire.
Abby se laissa tomber lourdement sur sa chaise en effectuant une moue boudeuse, et tendit son bras pour remettre le CD qu’elle écoutait quelques minutes plus tôt. Elle releva la tête vers Kate et Tony et les regarda avec un air abattu.
- Qu’est-ce que vous lui avez fait pour qu’il soit de si mauvaise humeur?
- Mais rien du tout! renchérirent en coeur les deux collègues.
Tony s’avança vers Abby et poussa la chaise à roulettes sur laquelle elle se trouvait jusqu’à une table voisine où se trouvait un puissant microscope. Puis il lui donna une légère tape sur l’épaule en signe de compassion.
- Allez Abby, regardes-moi cet échantillon, il meurt d’envie de passer quelques heures en ta compagnie et de se faire observer!
- Mouais....
Tony sortit alors du laboratoire. Kate resta cinq minutes supplémentaires avec Abby et la regarda attentivement faire ses observations. La jeune scientifique attrapa une paire de gants posée non loin de là, les enfila à vive allure, puis se rendit vers une armoire en fer située au fond du labo. Elle l’ouvrit et chercha une boîte.
- Ah! Te voilà! dit-elle lorsqu’elle eut trouvé ce qu’elle cherchait.
Elle revint alors à la table où se trouvait le puissant microscope et ouvrit la boîte en carton, elle en sortit délicatement une lame en verre. Tout en tenant cette dernière par la tranche, elle saisit sa pince et tenta tant bien que mal d’ouvrir le sachet en plastique. Lorsqu’elle eu tous ses ustensiles bien en main, elle prit un minuscule échantillon de la substance contenue dans le sachet et le posa avec délicatesse et soin sur la lame en verre. Abby abandonna sa préparation quelques instants pour aller chercher un flacon contenant un liquide bleu turquoise. Elle l’agita bien fort alors qu’elle revenait à la table centrale puis elle l’ouvrit, prit une pipette en verre et préleva une toute petite goutte du liquide qu’elle déposa sur sa préparation. Alors qu’elle la recouvrait d’une fine lamelle et installait le tout sur le microscope, Kate l’interrogea:
- C’est quoi ce produit que tu as mis? demanda-t-elle avec un air curieux.
- C’est un liquide magique! répondit la jeune scientifique en souriant. Il va me permettre de détecter les différentes substances contenues dans cet échantillon en les colorant de différentes couleurs. Ensuite grâce à un programme informatique, je vais pouvoir identifier la substance suivant sa coloration.
- Whoua! Bon je te laisse, Gibbs m’a donné beaucoup de travail, j’ai une pile de dossier énorme qui m’attend sur mon bureau et ça m’étonnerait qu’elle se trie toute seule.
- Bon courage Kate, renchérit Abby alors qu’elle commençait à regarder dans son microscope.
A suivre...
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