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Red Nights - Révélé

Chapitre 5

Si le club « Red Nights » se voulait être un endroit attirant la nuit, il n’en était pas du tout de même le jour. C’est en tout cas la première impression que Gibbs, Kate et Tony eurent en voyant cet imposant bâtiment entièrement peint en noir situé à Alexandria.
La seule touche de couleur se trouvait dans les lettre rouges de l’enseigne reprenant le texte de la petite carte de visite que Tony avait trouvée dans le blouson du quartier-maître Jensen.
D’une sobriété glaciale presque inquiétante, on aurait dit un ancien hangar qui ne comportait de toute évidence que quelques rares ouvertures sur l’extérieur, dont deux portes: l'une sur laquelle était accrochée cette pancarte: « ouvert à partir de 22h30 » semblait être l'entrée réservée aux clients et l'autre l'entrée de service.
Gibbs sonna à celle-ci.
Et ce n’est qu’après quelques minutes d’attente qu’une jeune femme brune leur ouvrit la porte: en la voyant, Tony ne put s’empêcher de lui adresser un de ces bonjours dont il avait le secret.
- Bonjour, lui répondit-elle avec un large sourire. Excusez-moi, j’étais en plein casting et il y a pas mal de couloirs ici… ajouta-t-elle.
Elle semblait un peu essoufflée.
- Vous êtes toute pardonnée, dit Tony d’une voix suave.
Elle était assez grande, brune aux cheveux longs et elle portait un combishort noir clairement destiné à mettre en valeur ses formes généreuses…avec un blouson zippé ouvert, et elle tenait une serviette qui semblait devoir lui servir à éponger les gouttes de sueur qui perlaient son front: elle avait probablement couru pour arriver jusqu’ici: cela semblait même être fait exprès se dit Kate…
Elle semble tout droit sortie d’une de ses cassettes de cours de fitness ! pensa-t-elle d’ailleurs.
Tout cela manquait de naturel. Mais cela ne semblait pas déranger Tony.
Gibbs, quant à lui, était égal à lui-même: observateur à une certaine
distance, ce qui ne déplaisait pas à Kate… au contraire.
- Bonjour, je suis l’agent Gibbs du NCIS, dit celui-ci en lui montrant sa plaque et son insigne tout comme Kate et Tony. Et voici les agents Todd et Dinozzo. Nous voudrions voir la personne qui gère ce club.
- Je vais vous mener jusqu’à elle: suivez-moi !
- Moi, je veux bien la suivre, dit Tony en passant derrière cette jeune femme…
Gibbs ne put s’empêcher de sourire et Kate de soupirer d’un air mi- agacé, mi- amusé.

La porte d’entrée donnait directement sur un long couloir aux murs peints en rouge contrastant avec le noir de la moquette qui recouvrait le sol: les agents se sentirent immédiatement un peu oppressés par cette décoration pour le moins agressive… même Gibbs qui était d’ordinaire très maître de lui.
Mais il y eut quand même un détail qui enchanta l’un des trois agents: des photos en noir et blanc plutôt suggestives de femmes qui ne portaient que de la lingerie étaient accrochées sur les murs comme une galerie dont les modèles étaient sûrement les strip-teaseuses de ce club.
Trois mots venaient de traverser l‘esprit de Tony: « I’m in Heaven »
D’autant plus que depuis que leur belle hôtesse brune avait ouvert la porte, il lui avait semblé percevoir une musique qu’il connaissait et qui ne le laissait pas indifférent: « Giving you Up » de Kylie Minogue.
- Aaah ! Kylie ! lança-t-il en se retournant vers Kate et Gibbs.
- Je ne sais pas pourquoi mais j’étais sûre que tu aimais cette
chanteuse…, dit Kate.
- Qui ?
- Gibbs… quel homme ne connaît pas Kylie Minogue !
Celui-ci lui sourit alors malicieusement.
- OK ! Tu m’as eu ! concéda Tony.
Kate se tourna instinctivement vers Gibbs et son regard s’accrocha au sien: intense et très doux en même temps… lui faisant oublier le malaise qu’elle ressentait en cet endroit.
Pensait-il à la même chose qu’elle ?
Elle se retourna, sentant son regard sur elle, enveloppant comme une étreinte… délicat comme une caresse…
Oui, le souvenir de ce moment fugitif passé ensemble était toujours présent en lui aussi et des images bien plus troublantes encore défilaient dans son esprit comme dans celui de Kate…Il savait comme elle qu’en cet instant, il devait rester sur ses gardes mais il ne pouvait s’empêcher de repenser à leur baiser, à ses bras la retenant contre lui, à cette plénitude indicible qu’il ressentait auprès d’elle…
Mais il essaya quand même de se reprendre, ayant trop peur que ses émotions le trahissent et mettent Kate en danger.

Au bout du long couloir rouge se trouvait un escalier en colimaçon qui devait mener à la salle principale du club car la musique était plus
distincte à présent.
Tony, qui semblait avoir oublié la règle selon laquelle un homme devait passer avant une femme lorsqu’ils empruntent un escalier, profitait visiblement de la vue qui lui était offerte. Quant à Kate, elle réalisa qu’elle était aussi passée naturellement devant Gibbs… une situation qu’elle aurait pu trouver gênante si cela n’avait pas été lui.

Une jeune femme aux cheveux longs bruns était appuyée à la rambarde de la mezzanine qui formait le deuxième étage de la salle. Elle observait ce qui se passait en contrebas ou faisait-elle seulement semblant, se demandèrent les trois agents.

- Carla, voici les agents Gibbs, Dinozzo et Todd du NCIS, dit la jeune femme qui les avait guidés jusqu’ici.
- Bonjour, je m’appelle Carla Johanson: je suis la patronne de ce club.
Gibbs eut une réaction presque imperceptible à ce nom qui lui semblait "fabriqué" .
- Excusez-moi pour la musique de fond: nous sommes en plein casting.
En effet, « Slow » de Kylie Minogue emplissait la salle.
Et même si elle mentait bien, cette excuse sonna faux aux trois agents et particulièrement à Gibbs.
- Vous n’avez pas de bureau ? demanda-t-il d’un air incrédule.
Décidément, il était bel homme mais un peu rude et tenace surtout.
Elle sentait qu'elle ne pourrait pas l'influencer, le manipuler comme les autres.
Et elle se méfiait déjà aussi de lui en un sens mais il l’attirait pourtant d’une manière indescriptible, plus encore que son jeune collègue étrangement
Mais elle ne voulait pas lui laisser l’avantage pour autant… Non, jamais ! Ce n’était qu’un homme après tout.
- Non, cette salle est mon bureau, répondit-elle donc simplement en soutenant son regard. Si vous voulez vous asseoir, je vous en prie… leur proposa-t-elle en leur indiquant un petit box.

Elle avait une présence indéniable: elle jouait beaucoup de son regard et de sa voix surtout… Un peu trop même.
Et comme le caméléon qui s’adapte à son environnement, elle était habillée et parée aux couleurs de son club: elle portait un tailleur noir dont la jupe était fendue jusqu’à mi-cuisses avec une chemise rouge grenat qui rappelait la couleur de son rouge à lèvres et de ses boucles d’oreille.
La seule différence avec le caméléon était qu’on savait qu’il était inoffensif.

Tony, Kate et Gibbs se glissèrent dans le petit box faisant face à leur interlocutrice qui sembla remarquer que Kate se trouvait entre ses deux collègues masculins: coïncidence ou instinct de protection ?
Quoi qu’il en soit, elle sentait qu’ils étaient sur leurs gardes.

- Nous sommes là parce qu’un jeune Marine qui semblait connaître votre club a été retrouvé mort dans une chambre de motel, commença Gibbs.
- Il avait une de nos cartes de visite ? demanda leur interlocutrice.
- En effet, répondit laconiquement Gibbs.
Gibbs sortit la photo du quartier-maître d’une des poches de sa veste et la lui présenta.
- Avez-vous déjà vu cet homme ?
Gibbs nota une réaction presque imperceptible chez la jeune femme.
- Non, répondit-elle pourtant. C’est le jeune homme que vous avez retrouvé ?
- Oui.
- Ecoutez, je ne me souviens pas de l’avoir vu dans le club hier et pourtant parfois, je passe quelques minutes juste pour vérifier qu’il n’y a pas de problèmes, qu’aucun client n’embête une des filles mais c’est possible qu’il y était et que je ne l’ai pas vu.
La salle est assez sombre et comme je vous disais, je n’y reste pas longtemps: les filles de part leur métier sont assez exposées. Moi, de part le mien, je suis plutôt dans l’ombre.
- Ca doit être confortable et pratique, répliqua Kate.
- Oui, ça peut l’être, lui lança leur interlocutrice comme une provocation.
Elle se défend très bien toute seule finalement, se dit-elle d’ailleurs.
La tension était palpable entre les deux femmes.
- Melle Johanson…
Hmmh… Quelle jolie voix ! Elle se tourna vers Gibbs, le regardant intensément… un peu trop au goût de Kate d'ailleurs.
Mais celui-ci ne sembla pas vraiment troublé par ce regard.
- Je sais que la question peut paraître indiscrète mais avez-vous déjà eu des relations avec un des clients de votre club ?
- En effet, c’est un peu indiscret mais vu que c’est une enquête criminelle, je dois vous répondre de toute façon. Alors, non, je n’ai jamais couché avec un des clients du club.
J’essaie de ne pas mélanger business et plaisir.
- M’autorisez-vous à interroger une de vos employés pour confirmer cela ?
Même si elle essaya de ne pas trop le laisser paraître, la question sembla la surprendre.
- Oui, bien sûr. De toutes façons, je crois que vous vous passeriez de mon autorisation, dit-elle avec un regard provocateur.
- En effet, je le ferais, mais il est possible aussi que je puisse même me passer de les interroger, répliqua Gibbs sans hésitation.
Le sous-entendu était évident, l’attaque directe.
Il semblait déterminé à lui montrer qu’il ne comptait pas la laisser jouer avec lui.
- J’imagine que votre club a du succès, lança alors Tony comme pour apaiser la tension qui régnait.
Hmmh, c’était habile ! Gibbs et Kate réalisèrent qu’il jouait le joli cœur pour faire croire à Madame que son numéro de charme marchait avec au moins une personne.
- Oui, c’est vrai: je peux dire que cela marche bien mais vu le genre de shows que nous proposons rien d’étonnant, dit-elle en toisant presque les deux hommes qui lui faisaient face et Kate aussi, mais d’une manière différente… avec un air de défi, semblait-il.
- Excusez-moi, mais je me permets de revenir sur un point, dit justement celle-ci. Vous avez dit ne jamais avoir eu de relations sexuelles avec un des clients de votre club mais je crois que le mot « relations » employé par mon collègue aurait très bien pu être aussi compris dans le sens de discuter avec un des clients ?
- C’est vrai, ajouta Gibbs d’un ton très calme, poli et toujours aussi déterminé à ne pas se laisser mener par le bout du nez.
-En effet mais nous savons toutes les deux qu’il est rare que deux personnes attirées l’une par l’autre en restent à ce stade.
- Je sais, répondit Kate du tac au tac.
Elle sentit comme Gibbs que cette allusion leur était directement adressée.
- Est-ce que certaines de vos employés sont des ex call-girls ? enchaîna Gibbs.
- Non, pas à ma connaissance.
- Et, ont-elles eu, à votre connaissance - insista-t-il d’un ton dur presque ironique- des relations intimes avec un des clients ?
- Non, je ne crois pas, agent Gibbs, mais voyez-vous, il se trouve qu’elles ont un peu la même philosophie que moi avec les hommes, répondit-elle d’un ton cassant.
Etrangement, elle semblait presque blessée, notèrent les trois agents avec stupéfaction.
- Bon, je crois que nous avons fini, ajouta Gibbs.
- Agent Dinozzo, êtes- vous sûr que vous ne voulez pas me demander quelque chose ?
Tony la regarda d’un air interdit.
- Je ne sais pas si vous le savez mais il existe un calendrier des photos que vous avez dû voir en arrivant. Normalement, il est payant mais je peux faire une exception, suggéra-t-elle d’une voix suave.
Tony baissa la tête en souriant comme s’il réfléchissait à la proposition et dit finalement:
- Non, merci mais je ne veux pas de traitement de faveur et puis, je ne suis pas si intéressé.
- Comme vous voulez, répondit-elle avec un sourire de façade.
- Au revoir, Melle Johanson, dit Gibbs.
- Au revoir.
Lorsqu’elle regarda partir les trois agents qui redescendaient à présent le petit escalier, elle ne souriait plus du tout.

 

Chapitre 6

Dès qu'ils sortirent du club, Gibbs demanda instinctivement à Kate et Tony.
- Alors, qu'est-ce que vous en dites ?
- Elle ment très bien mais elle ment, répondit Kate.
- Oui, même si elle est très séduisante, cette femme ne m'inspire pas du tout confiance, ajouta Tony,
- A moi non plus, dit Gibbs avant de demander à Kate:
- J'ai l'impression que tu commences à avoir une idée de son profil, non ?
- Oui, ça se précise. Et Abby va peut-être confirmer ce que je penses !
Gibbs acquiesça d'un hochement de tête et ajouta:
- Allons voir ce qu'elle a pour nous !
Après quoi ils montèrent en voiture et partirent.
Ils ne virent pas le 4x4 gris qui démarra juste après eux et les suivit.

Lorsqu'Abby vit arriver Gibbs, Tony et Kate, ces deux-là étaient en pleine conversation et le Boss avait le sourire aux lèvres:
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Abby intrigué. Non, non ! Ne me dis rien ! demanda-t-elle alors à Tony. Tu as failli te retrouver en mauvaise posture quand les filles du club se sont jetées sur toi pour t'empêcher de sortir.
- Tu sais, tu n'es pas loin de la vérité, dit Tony d'un air rêveur tout comme je me serais bien dévoué pour les interroger comme Gibbs le suggérait.
- Pour l'enquête, s'empressa d'ajouter Kate qui se rendit compte au regard d'Abby à quel point sa réaction était révélatrice.
- Mais, de toute façon, je ne crois pas que ce sera nécessaire, ajouta Gibbs dont le regard se mêla à celui de Kate d'une manière troublante.
Abby qui ne voulait pas les gêner se concentra à nouveau sur Tony:
- Non, je suis sûre que tu as été très bien.
- Oui, il l'a été, ajouta Gibbs, il a même refusé un petit cadeau de notre principale suspecte.
- hmmmh, un porte-jarretelles ? suggéra Abby dans un petit rire.
- Non, ce n'est pas une strip-teaseuse: c'est la patronne du club, répondit Kate. Et c'était un calendrier de photos plutôt sexy hein ? demanda-t-elle à Tony comme une ultime confirmation.
Elle semblait comme Abby trouver le fait de le taquiner là-dessus jubilatoire.
- Les filles, pitié ! Pourrait-on ne plus parler de ça ?
- Daccord ! dirent-elles en chour.
- J'ai trouvé ! dit McGee qui était resté jusqu'ici silencieux à travailler sur l'ordinateur d'Abby.
Ses collègues se tournèrent vers lui, le regardant d'un air interrogateur et Gibbs s'empressa d'aller vers lui voir l'écran. Le ressentir près de lui avait tendance à dérouter le jeune agent mais il essaya de garder son calme pour s'exprimer le plus clairement possible.
- En fait, elle a déjà été strip-teaseuse, commença-t-il.
- Carla Johnson ? demanda Tony. J'en étais sûr, ajouta-t-il en voyant McGee acquiescer.
- Et en fait, ce qui est étrange, c'est que Carla Johanson n'existe que depuis deux mois.
- Une fausse identité ? demanda Gibbs comme si c'était à présent une certitude.
- Oui, elle est apparue en même temps que le club « Red Nights » en fait. C'est un établissement récent mais qui a déjà visiblement bénéficié d'une bonne promotion puisque j'ai réussi à trouver sur le net cette photo: la couverture d'un magazine sur les clubs et les discothèques à la mode, annonça-t-il.
Toute l'équipe vint alors autour de lui.
- Il fallait oser nous dire McGee que vous aimiez ce genre d'endroit ! phrase pour laquelle Tony reçut une petite tape sur le bras de la part d'Abby qui lui lança d'un air faussement sévère:
- Laisse-le finir !
Gibbs, lui, était concentré sur la photo que McGee avait découverte.
Il avait beau ne pas être en phase avec les ordinateurs à la différence de celui-ci qui était tout sauf perdu lorsqu'il s'agissait de les manipuler, il devait avouer qu'il était toujours bluffé lorsqu'il voyait ce que la technologie pouvait permettre de faire et surtout avec quelle rapidité elle le pouvait.
Notant l'intérêt du boss qui le rassurait un peu il devait l'avouer, McGee continua:
- J'ai sélectionné le visage de cette jeune femme qui est bien Carla Johanson, n'est-ce pas ?
En effet, elle n'était pas le seul sujet de cette photo: la jeune femme brune qui avait semblé plaire à Tony au club se tenait aussi à côté d'elle. C'était une photo en noir et blanc, stylé, glamour. jolie d'un point de vue esthétique mais froide et inexpressive.
- C'est elle, confirma Gibbs.
- Avoir sa photo m'a permis de vérifier déjà si elle avait un casier judiciaire: elle n'en a pas: elle ne semble ni connue du F.B.I. ni des services de police enfin en tout cas, pas de ceux de Virginie et du Nevada.
- Pourquoi le Nevada ? Lui demanda Gibbs,
- Eh bien, je me suis dit que si elle était patronne d'un club de strip-tease, elle avait pu l'être elle-même alors, j'ai essayé de voir si je retrouvais ce visage autre part sur le net sur les sites des clubs de Las Vegas et elle apparaît sur une photo de groupe: je l'ai trouvé sur un site qui retrace l'histoire des spectacles les plus populaires de Las Vegas et celui-ci au « Velvet Glove » semblait en faire partie.
Kate jeta un oil à la photo: les dix femmes qui posaient ne portaient rien d'autre qu'un tanga noir et des gants assortis en velours très probablement. d'où le nom du club. Elles étaient heureusement photographiées de manière à ce qu'on devine seulement leur quasi-nudité mais Kate fut quand même rassurée que Gibbs ne s'y attarde pas.
Tony, lui, par contre semblait intéressé par ce cliché: un sourire coquin flotta sur son visage mais il sembla se reprendre car ce qu'il dit alors n'avait rien de léger:
- On pourrait découvrir sa vraie identité grâce à ce club. McGee, vous avez leur numéro ?
Abby le regarda semblant attendre quelque chose de sa part.
- S'il vous plaît, ajouta-t-il.
- Tenez ! Il lui avait réaffiché la page Internet où il se trouvait. Mais vous savez, je ne suis pas sûr malheureusement qu'il divulgue ce genre de renseignements par téléphone.
- Ne vous inquiétez pas, dit Tony qui sembla donner toute son attention à son interlocutrice à l'autre bout du fil car sa voix se fit velours.
- Oui, bonjour, je suis l'agent spécial Tony DiNozzo du NCIS. Le Service d'Enquêtes Criminelles de la Marine.
- ..
- En fait, vous pourriez peut-être m'aider: voilà, nous sommes sur une affaire délicate et notre principale suspecte pourrait bien être une des femmes qui a travaillé pour votre club il y a.
- Deux ans, lui murmura McGee.
- . deux ans et je me demandais si vous pourriez retrouver sa véritable identité: nous en aurions vraiment besoin.
- ...
- Son pseudo ?
- Elena, murmura McGee.
Tony, intrigué par le fait que McGee trouve si vite ces infos, retourna devant l'écran ce qui lui permit aussi de dire:
- Elena. Oui, elle faisait un numéro seul aussi.
- ..
- Daccord, et vous avait-elle donné une adresse, un lieu de naissance ?
- ...
- Merci beaucoup.
- ..
- Kimberley ! J'adore ce prénom vous savez. Au revoir.
- Elle s'appelle en fait Joan Richards et elle vient du Colorado.
Kate, Gibbs et Abby le regardaient en souriant toujours aussi soufflés par la manière dont il utilisait son charme sans pour autant mentir et combien cela les aidait encore dans cette affaire précise.
Kate fit quelques pas dans la labo comme si elle avait besoin de rassembler ses pensées: ses collègues l'observaient intrigués.
- Il n'y a rien d'étonnant en fait, dit-elle alors.
- Est-ce que j'ai manqué quelque chose ? demanda Ducky qui venait visiblement juste de se changer en sortant de la salle d'autopsie.
- Non, tu arrives pile au bon moment ! McGee a découvert que Carla Johanson était une fausse identité pour la patronne du club « Red Nights » qui s'appelle en fait Joan Richards et vient du Colorado. Cette info a été habilement obtenue par Tony qui nous a fait un numéro de charme en appelant un club de Las Vegas dans lequel notre principale suspecte a été strip-teaseuse il y a deux ans. Gibbs, Kate et Tony ont rencontré celle-ci et il semblerait que Kate a une idée de son profil, conclut Abby qui en profita pour reprendre son souffle.
- Merci Abby, dit Ducky en souriant. Je t'en prie Caitlin,
Celle-ci acquiesça d'un hochement de tête en lui souriant puis dit:
- Pour moi, c'est clair qu'elle est manipulatrice mais aussi bien plus fragile qu'elle ne veut le faire croire comme si elle était autant la séductrice que la petite fille.
Une petite fille qui n'aurait jamais cessé de fuir quelqu'un ou quelque chose.
Et c'est pour ça qu'on peut l'empêcher de tuer à nouveau je crois: je me demande même d'ailleurs si c'est vraiment dans son intention: elle ne tue pas froidement. C'est plus une pulsion pour moi.
- Le quartier-maître Jensen aurait pu lui rappeler quelqu'un ? lui demanda Gibbs.
- Oui, je crois. Quelqu'un qui lui a fait du mal.
- Oui, je n'y avais pas pensé mais c'est tout à fait cohérent, ajouta-t-il en réalisant tout ce que cela impliquait.
- et ça collerait avec ce que je pense aussi ? lança Abby.
Gibbs se concentra alors sur elle:
- Comme tu sais, les tests A.D.N. prennent du temps.
- Je sais, et c'est pourquoi ton intuition me va très bien !
- O.K.  alors je dirais déjà que vous aviez raison ! Il ne s'est pas passé grand chose dans cette chambre: la substance que j'ai pu voir grâce à l'A.L.S. est bien du sperme et provient donc de notre jeune Marine et quant à la femme que le gérant du motel a dit avoir vu: j'ai l'impression qu'elle ne se s'est carrément pas déshabillée ou étendue sur le lit, continua la jeune laborantine qui parlait avec emphase, illustrant souvent ses phrases de gestes avec les mains. Je n'ai trouvé aucune trace de fibres ni aucun résidu de peau sur les draps et le bout de moquette que vous m'avez rapportés. Quant aux empreintes digitales trouvées par Tony, ce sont celles du quartier-maître Jensen. Je crois qu'elle a fait ce qu'il fallait pour. l'exciter mais qu'après, ça a dégénéré et il ne s'est rien passé d'autre.
- C'est « hard » ! commenta Tony.
- oui, comme soirée en amoureux, il y a mieux, ajouta Abby d'un air malicieux.
Gibbs et Kate ne purent s'empêcher de se sentir concernés.
Celui-ci se tourna alors avec Ducky:
- Que peux-tu me dire ?
- Eh bien, je confirme qu'il n'y avait aucun résidu de peau sous les ongles de notre jeune Marine, aucun poil pubien ni sécrétions vaginales. rien qui aurait pu faire penser qu'il a eu des rapports intimes avec une femme. Et, je peux te dire Jethro que ce jeune homme est bien mort d'une crise cardiaque et que cette mort ne semble clairement pas être naturelle vu qu'il semblait être en parfait santé avant ça et qu'il n'était en plus pas seul la nuit dernière d'après ce que le gérant du motel t'a dit.
- Il a été drogué ? demanda Gibbs presque comme une affirmation.
- En fait, il a été victime d'un charmant petit cocktail, reprit Abby. Ectasy et alcool. On appelle l'Ecstasy, la « pilule de l'amour » alors, il devait se sentir très en confiance si tu vois ce que je veux dire. vu que cette drogue lève les inhibitions.
- . prêt à faire des folies de son corps ? suggéra Tony.
- Quoi ? demanda-t-il d'un air faussement innocent lorsqu'il vit ses collègues et amis le regarder en souriant.
- Non, en fait, c'est une assez bonne définition Tony ! En plus, ce mélange a tendance à provoquer de l'hypertension et s'il n'a pas bu d'eau, seulement de l'alcool et à plus forte raison de l'alcool.
- Cela ne pouvait qu'être fatal, conclut Gibbs.
- Sans aucun doute, confirma la jeune laborantine d'autant plus s'il a paniqué ce qui se comprendrait lorsque tu ressens des sensations qui te sont inconnues et que tu ne sais pas d'où elles proviennent.
- Je crois aussi qu'il a paniqué et que cela n'a fait qu'accélérer les effets de ce mélange Ecstasy - alcool, ajouta Ducky.
Le téléphone du labo sonna alors. McGee qui était le plus proche de celui-ci demanda à Abby instinctivement:
- Je peux ?
- Bien sûr, lui répondit-elle en lui souriant avec douceur.
- Agent McGee
- ...
- Oui, il est là.
- ...
- D'accord, furent les seuls mots que ses collègues entendirent.
- Un colis a été déposé pour vous mo.agent Gibbs. J'ai dit que vous étiez ici: on va vous l'amener.
Et justement, l'homme qui était à l'accueil du Q. G. sortit alors de l'ascenseur.
- J'ai ce colis pour l'agent Gibbs, annonça-t-il.
Celui-ci s'avança vers lui et prit le petit paquet brun.
- Merci. C'est une femme brune qui vous l'a donné, n'est-ce pas ?
- Oui, en tailleur noir.
- Assez troublante ? suggéra Tony mais d'un ton plutôt grave.
- Oui, en tout cas, elle semblait vouloir qu'on la remarque. mais comment ? Est-ce que j'aurais dû la retenir ?
- Non, ne vous inquiétez pas: vous ne pouviez pas savoir.
L'homme hocha la tête en souriant faiblement et repartit vers l'ascenseur.
- Dire qu'elle était là, juste en bas du bâtiment ! dit Gibbs d'un air rageur en ouvrant le petit colis avec précipitation.
- Tu ne pouvais pas savoir non plus., dit Kate en cherchant son regard qu'il lui donna instinctivement. Il était inquiet lui aussi et perplexe et il le fut plus encore lorsqu'il vit le contenu de la petite boîte emballée dans du papier kraft: un portable et une petite cassette.

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