La salle des inspecteurs était quasiment vide. Gibbs contourna quelques bureaux puis s'assit en face de Tony. Celui ci leva la tête.
-Agent Gibbs ? Que faites-vous ici à une heure si avancée de la nuit ?
-Pourquoi n'ai-je toujours pas le rapport d'autopsie ?
-Je n'en sais rien.
Ils se dévisagèrent quelques secondes, lorsque le téléphone d'un des bureaux sonna. Tony se leva et décrocha. Une fois la conversation finie, il attrapa sa veste.
-Ou allez-vous ? Demanda Gibbs énervé.
-Croyez-vous que toutes les affaires criminelles de Baltimore s'arrêtent pour un braquage ? Mais si vous voulez continuer notre passionnante conversation vous pouvez venir avec moi.
Gibbs le suivit. Après avoir roulé un moment, l'agent du ncis rompit le silence.
-Ou allons-nous ?
-Une station service s'est fait braquer…le vendeur a tué son agresseur.
Ils n'échangèrent aucune parole jusqu'à leur arrivé. Gibbs observa Tony faire son boulot. La victime était un gosse de dix sept ou dix huit ans, et le tireur n'était pas beaucoup plus âgé. Ils restèrent sur les lieux un peu plus d'une demi-heure. Tony regarda les deux ambulances partirent, puis il regagna sa voiture.
-Ca vous dit un café ? demanda Tony.
-Pourquoi pas ?
Ils s'installèrent au fond d'un restaurant. Gibbs commanda un café, tandis que Tony prit un café et une tarte à la cerise tout en draguant la serveuse.
-Comment pouvez vous être aussi peu sensible au drame qui vient de se produire ?
Tony parut étonner par la question.
-J'ai pris mon service hier soir à 23 heures, et j'en ai encore pour trois heures. Savez vous combien de corps j'ai ramassé en cinq heures ?
Gibbs ne répondit pas.
-Beaucoup….Vous le savez vous-même qu'on ne tient pas si on est touché par toutes ses affaires. Au temps être shérif au fin fond de l'Utah ou le seul problème est de ramener le poivrot du coin chez lui. Ici c'est Baltimore, la ville au plus au taux de criminalité, mais cela n'est pas précisé dans les brochures touristiques.
-Deux ans à la brigade criminelle vous ont fait perdre tous vos idéaux ?
-Je vois que vous connaissez bien mon dossier. Que savez vous d'autres ?
-Ce dont j'ai besoin. Entre autre que vous êtes un bon flic mais un peu solitaire au goût de vos supérieurs et une tendance pour la gente féminine.
-C'est donc ça…vous espérez que je sois votre indic.
-Je veux le rapport d'autopsie ainsi que les indices relevés sur place et les témoignages.
-Comment est votre médecin légiste ?
-C'est un bon pathologiste. Pourquoi cette question ?
-Aime t'il les femmes dont la passion est de découper des cadavres ?
-Je n'en sais rien, mais il aime parler de ses expériences en tant que médecin.
Tony griffonna quelque chose sur une feuille de son calepin puis l'arracha et tendit le papier à Gibbs.
-C'est le numéro du docteur Caldwell. C'est elle qui s'est occupé de la fillette et elle a supervisé l'autopsie du garde. C'est une femme d'une quarantaine d'année, divorcée, qui adore la cuisine japonaise et qui a écrit un article sur la décomposition des corps dans l'eau.
-Comment… Non je ne préfère pas savoir.
-Demain c'est ma journée de repos. Je vous propose une visite de Baltimore.
-Je ne suis pas ici pour un voyage culturel, coupa Gibbs.
-La maison d'Egard Allan Poe est ce qui est le plus visité, poursuivit Tony comme si Gibbs n'avait rien dit. Je passerai vous prendre demain vers 10 heures. Bon je dois rentre, j'ai un tas de dossiers à taper. Vous vous voulez que je vous raccompagne ?
-Non, je vais prendre un taxi.
-Comme vous voulez ! Tony laissa la monnaie sur la table puis sortit.
Gibbs le regarda s'éloigner.
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Gibbs faisait les cent pas dans le labo. Abby leva enfin la tête de son microscope.
-Le groupe sanguin correspond à celui de Tony. Mais pour en être vraiment sûr il me faut un test ADN.
-Je suis sûr que c'est le sien mais fait une analyse plus poussée si tu crois que ça vaut la peine.
Gibbs se laissa tomber sur une chaise.
-Qui est cet Arias ? demanda timidement Viv.
-Un homme que les agents Gibbs et Dinozzo ont arrêté il y a quelques années, lui expliqua Morrow. Je vais lancer un avis de recherche pour Dinozzo.
-Laissez-nous un peu de temps, je connais Arias mieux que tout le monde.
-Vous savez que je ne peux pas.
-Quarante huit heures, insista Gibbs.
Morrow parut réfléchir quelques instants.
-Trente six heures, pas plus. Morrow sortit du labo.
-Viv cherche moi toutes les infos sur Arias, et les rapports de la prison ou il était. Abby confirme moi que c'est bien le sang de Tony mais surtout pas de rapport si non on perd l'enquête. Ducky, je veux un résumé sur ces victimes… et si la blessure de Tony est sérieuse.
-Et toi ? demanda le médecin.
-Je vais voir les cassettes de surveillance. Je veux savoir comment ce fumier à fait pour pénétrer dans nos locaux.
-Gibbs à l'air inquiet, remarqua Viv une fois seule avec Ducky et Abby.
-Il y a de quoi. Arias à plusieurs meurtres à son actif.
-De plus il rend Tony et Gibbs responsable de la mort de son frère, ajouta Ducky.
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Tony attendait comme convenu l'équipe du NCIS. Il remarque que Gibbs n'avait pas l'air enchanté.
-Bien dormi ? demanda le jeune inspecteur.
-Allons-y, répondit froidement Gibbs en s'installant à la place du passager.
-Baltimore est une très jolie ville, un peu dangereuse mais sympas.
-Ecoutez inspecteur, je me fiche de Baltimore comme de ma première couche culotte. Ce que je veux c'est arrêter ces types qui se baladent avec des armes de guerres et des explosifs.
-Moi aussi agent Gibbs, mais est ce que l'un de vous connaît Baltimore ? Non, vous avez des infos sur les armes et des contactes avec l'armée. Moi j'ai des informateurs dans cette ville. Je me fou de savoir qui arrêtera ces salopards tout ce que je veux c'est qu'ils moisissent en prison. Donc je vous propose de travailler en commun.
Gibbs dévisagea Tony. Les deux autres agents attendaient la réponse de leur patron.
-Je ne pense pas que c'est la politique de votre Patron ?
-Je me fou de Moon et de son envie de faire la une des infos. Je suis flic.
-Qui me dit que vous ne me menez pas en bateau pour plaire à votre patron ?
-Si c'était le cas vous croyez que j'aurais pris le risque de vous faire un double des rapports ? argumenta Tony en sortant un dossier de sous son siége.
-OK. Je suis pour un boulot en commun mais à la moindre entourloupe je reprends mes billes.
Tony répondit par un grand sourire.
-La maison de Poe ça vous va comme première visite ?
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Gibbs se massa les tempes. Il n'y comprenait rien. Comment Arias avait-il pu pénétrer à l'intérieur de leurs locaux ? La sécurité y était draconienne. De plus il n'apparaissait sur aucune des vidéo. Il commençait à se demander si c'était bien Arias qui avait fait le coup. Machinalement il composa le numéro de Tony sur son téléphone. Il savait que c'était idiot mais juste pour voir s'ils ne s'étaient pas tromper. Il fut surpris lorsqu'il entendit une voix.
- Agent Gibbs, j'allais vous appeler .
Gibbs reconnut la voix immédiatement. Il avait interrogé Arias plusieurs fois. Il fit signe à Viv qui se trouvait juste en face de lui. Sur une feuille il lui indiqua la démarche à faire pour repérer ou arrivait la communication.
-Arias…Ou est l'agent Dinozzo ?
- Restez calme agent Gibbs. Pour l'instant il est dans les bras de Morphée, et je crois que cela vaut mieux pour lui .
-Qu'est que vous voulez ? Il tentait de rester le plus calme possible.
- Que vous annonciez publiquement votre responsabilité dans la mort de mon frère et de Minkowski et que vous libériez Lethaby. Je vous laisse 48 heures à partir de maintenant .
-Arias… hurla Gibbs mais celui ci avait déjà raccroché. Alors ? demanda t'il à Viv.
-Rien. Le coup de téléphone était trop court et il a brouillé le signal.
-C'est pas vrai, fit-il en frappant du poing sur son bureau. Il faut que je parle à Morrow. Continu tes recherches, on n'a pas beaucoup de temps.
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