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Le lien

PROLOGUE.

« Bon sang ! Jura intérieurement Faith Rinehart. Comment pouvait-on faire ça à une enfant ? ! ! ».

Elle déposa loin d’elle « The Plain Dealer », l’un des journaux édités à Cleveland, comme si s’en éloigner pouvait lui faire oublier l’article qu’elle venait d’y lire. La veille, une fillette avait été retrouvée morte sur les rivages du Lac Erie. L’acte était déjà ignoble en soi mais il s’avérait, qu’en plus, la fillette était la cadette d’un Caporal de la Marine et même si Faith, Capitaine de US Air Force, ne connaissait pas personnellement cet homme, elle n’en était pas moins navrée pour lui.
A cette pensée, son esprit se reporta sur sa nièce Emma. Depuis une semaine déjà, elle était chargée d’amuser la petite fille et aujourd’hui, c’était en l’emmenant visiter une ancienne base navale reconvertie en musée qu’elle avait espéré divertir l’enfant. C’était chose faite ! La fillette courrait dans tous les sens, traînant derrière elle son grand-père. Faith en avait profiter pour faire une pause car «passer sa permission à amuser une petite fille de 7 ans n’était pas le meilleur moyen de se reposer… » Songea-t-elle avec un sourire, sachant pertinemment que pour rien au monde elle n’aurait échanger sa place de «tata préférée »…
- Allez, s’encouragea-t-elle, c’est repartit !

Elle se leva du banc sur lequel elle venait de parcourir les nouvelles du jour et se lança à la recherche de la fillette et de son grand-père. Cependant, à peine eut-elle fait un pas qu’elle se heurtait à un Soldat.
- Oups, excusez-moi ! Sourit celui-ci.
- Je vous en prie…

Elle s’apprêtait à reprendre son chemin lorsqu’un éclat aux pieds du jeune homme attira son attention. Un pendentif traînait par terre et reflétait la lumière du soleil de midi. Faith se baissa et attrapa le délicat bijou. C’était une chaînette dorée au bout de laquelle se balançait un petit médaillon en forme d’aigle.
- Oh, c’est à moi ! S’empressa de signaler le Soldat.

Il le lui arracha presque des mains. Mais les pensées de Faith étaient loin de songer à ce manque de politesse. Non, elle venait de réaliser une chose stupéfiante et horrible : Ce pendentif, elle l’avait déjà vu une fois auparavant. A peine quelques secondes plus tôt, sur le portrait de la fillette assassinée !

 

SCENE 01

- Pourquoi DiNozzo n’est-il pas encore arrivé ? ! ! S’écria Gibbs en entrant dans les bureaux du NCIS d’un pas énergique, son indispensable café à la main.

Il posa sa boisson brûlante sur le coin de son bureau. Et, après avoir laisser tomber un dossier à côté, il se laissa choir dans son fauteuil, l’air énervé.
- Aucune idée ! Avoua Caitlin. Je suppose qu’il ne devrait pas tarder !
- Et sur quoi te bases-tu pour fonder cette supposition ? Grogna-t-il.

Caitlin hésita.
- Bien… ce ne serait pas la première fois qu’il arriverait en retard…
- Je ne suis pas en retard ! S’écria une voix joyeuse.

Tony venait de faire son apparition, un large sourire sur les lèvres.
- Bonjour tout le monde ! Qui veut des beignets ?

Il montra à ses collègues le paquet qu’il tenait à la main, portant l’étiquette de la pâtisserie du quartier.
- Tu as l’air de bonne humeur. Fit remarquer la jeune femme, un petit sourire ironique au bord des lèvres. Ton rendez-vous d’hier soir s’est bien passé ?
- A merveille ! Sourit le jeune homme.
- Tu ne portais pas déjà les même vêtements hier ? Fit semblant de s’étonner Gibbs.

DiNozzo lui répondit par un grand sourire.
Kate secoua la tête, faussement désespérée.
- Quand vas-tu cesser de changer de fille comme de chemise ?
- Ah, non ! Il change plus souvent de filles que de chemises ! Intervint Gibbs en désignant, dans un haussement de sourcils narquois, les habits froissés de son subalterne.
- Très drôle ! Maugréa l’intéressé.
- Loin de moi l’idée de bouder ta bonne humeur, Signala son supérieur, mais voici de quoi t’occuper… En fait, voilà de quoi TOUS nous occuper !

Il saisit le dossier qu’il avait abandonné sur son bureau à peine quelques instant auparavant.
- Une jeune femme a été retrouvée dans un entrepôt à Cleveland après avoir été lardée de coups de couteau. Elle est vivante. Mais, pour l’instant, les médecins la garde toujours en salle d’opération. Ils disent que son état est critique. Elle portait un uniforme de Capitaine de la Marine… Donc, en attendant qu’elle sorte de là, on va tacher de savoir ce qui s’est passé dans cet entrepôt…
- Par quoi on commence ? Interrogea le jeune homme.
- On commence par aller à Cleveland.
- Pourquoi est-ce que l’équipe locale ne s’en charge pas ?
- Ils sont déjà tous occupé par une autre histoire. La fille d’un officier a été retrouvée morte il y a 10 jours et ils piétinent… Alors, je nous ai porté volontaire.
- J’adore l’idée du volontariat de Gibbs ! Fit remarquer DiNozzo à sa voisine dans un clin d’œil.
- Des remarques DiNozzo ? Coupa son supérieur.
- Non Boss ! Et une fois sur place ? Par où on attaque ?
- Toi et moi, on va à l’entrepôt. Kate, tu iras à l’hôpital… et emmènes Ducky. Il jettera un coup d’œil au dossier de notre Capitaine. Je veux qu’il en tire le maximum de renseignements pouvant nous aider. Pendant ce temps, Abby examinera l’uniforme que la Police locale doit lui faire parvenir !
- Il y a quelque chose de spécial sur son uniforme ? Interrogea la jeune femme.
- Ses écussons de Capitaine. Et 7 trous laissés par les coups de couteau !
- 7 ? S’exclama Tony.
- Oui.
- Bon sang, c’est de l’acharnement ! Chuchota-t-il.
- On bouge ! Ordonna Gibbs.

Saisissant chacun leur sac à dos, ses 2 subalternes lui emboîtèrent le pas lorsqu’il quittait d’un pas vif les bureaux du NCIS…

 

SCENE 02

Cleveland, l’une des villes les plus vastes de l’état de l’Ohio. Située en bordure du Lac Erie, l’un des grands lacs qui séparaient les Etats-Unis du Canada, c’était une ville moderne, active et forte de sa position portuaire et de son équipe de base-ball.
Lorsque les agents du NCIS atterrirent au Cleveland Hopkins International Airport, l’air était frais mais un ciel bleu et clair surplombait leurs têtes. La ville qu’ils découvrirent à travers les vitres de leurs véhicules de locations, s’étirait vers cette étendue immaculée en de hauts buildings de ver, ponctués de végétations.
- C’est plutôt joli ! Commenta Kate alors que Gibbs arrêtait la voiture devant la façade en vitres du Hillcrest Hospital.
- Ca me rappelle un peu un hôpital où j’ai travaillé à mes débuts. Intervint le Docteur Donald Mallard. Evidemment, il n’était pas aussi bien équipé que tous ces hôpitaux modernes mais il y avait là-bas une femme Docteur – c’était encore rare à l’époque – qui était capable de redonné espoir à n’importe quel patient, même à un condamné. Je ne me souviens plus de son nom mais… Dieu, qu’elle était belle !
- Ducky ! Coupa Gibbs. Les indices ne vont peut-être pas attendre qu’on arrive…
- Oh oui, bien sur ! Se reprit le médecin. Alors…Allons voir ce jeune Capitaine.

Il descendit et alla ouvrit la portière à l’Agent Todd, assise à l’arrière.
- Merci Ducky !
- Vous me faites un peu penser à elle parfois, Agent Todd. Le même regard espiègle, la même assurance, le même charme…
- Charme ? Se moqua Tony.

Kate lui claque la portière au nez. Et ne put retenir une grimace tandis que son collègue lui faisait un joyeux signe de la main à travers la vitre de la voiture qui s’éloignait.
- Allons, je suis sur qu’il ne le pensait pas ! Tenta de la consoler Ducky dans un sourire compatissant.

 

SCENE 03

- Charmant décors ! Commenta DiNozzo en descendant de voiture.

Gibbs et lui venaient de s’arrêter devant l’adresse qu’indiquait le premier rapport de Police, l’adresse où la jeune Capitaine avait été retrouvée inconscience 16 heures plus tôt. C’était un vieil entrepôt aux mûrs de briques rouges, au toit ondulé et aux fenêtres crasseuses ou cassées. Il ressemblait à tous les autres entrepôts voisins et qui constituaient le quartier des Docks, non loin des quais du port de Cleveland. En guise de rue, les 2 agents du NCIS avaient découvert une large impasse dénuée de toutes circulations et de toutes vies.
- On pourrait difficilement trouver plus isolé pour commettre un meurtre ! Nota Gibbs en sortant son sac à dos du coffre du véhicule.
- Comme tu le dis ! Approuva Tony. Qui l’a découverte ?
- Le propriétaire des lieux et un entrepreneur à qui il venait de faire appel pour effectuer des réparations sur ce bâtiment. Les 2 hommes disent avoir trouvé la porte de l’entrepôt grande ouverte. La fille gisait dans une marre de sang à peine à 10 mètres de l’entrée…
- Qu’est-ce qu’on sait sur eux ?
- A première vue, ils sont l’air d’honnêtes citoyens. Pas de casiers, pas d’amendes. L’entrepreneur est divorcé. Le proprio marié ! Aucun lien avec la Marine. L’informa Gibbs en franchissant le ruban jaune qui barrait la porte de taule de l’entrepôt.

Il ouvrit. A l’intérieur, une pâle lumière filtrait à travers les fenêtres recouvertes de poussières. Cependant, il faisait suffisamment clair pour que les 2 agents du NCIS puissent découvrir avec amusement un policier en uniforme, le visage rougi et le ventre rebondi, sagement endormi sur une chaise au beau milieu de l’immense bâtisse vide.
- Intéressante tactique de surveillance… S’amusa DiNozzo.
- Bonjour ! Fit sèchement Gibbs en donnant un coup de pied dans le bas de la chaise.

Le policier se réveilla dans un sursaut, bondissant sur ses 2 jambes. Ses yeux, hagards et paniqués faisaient l’aller-retour d’une extrémité de l’entrepôt à l’autre. Puis il fixa les nouveaux venus qui retenaient dans un même sourire narquois l’envie qu’ils avaient de rire.
- Bonjour ! Répéta Gibbs.
- Bien dormis ? S’enquit Tony plein de sollicitude.
- Euh… Je… Qui êtes-vous ?
- Agents Spéciaux Gibbs et DiNozzo. NCIS. Annonça Gibbs en lui plaçant sa carte sous le nez.
- NCIS ? Qu’est-ce que c’est que ce truc ? On m’a dit d’attendre des Agents Fédéraux…
- Et bien, n’attendez plus ! Nous sommes là ! Sourit Tony.
- C’est quoi ça : NCIS ? Une nouvelle branche du FBI ou un truc dans le genre ?
- Pas vraiment Officier… ? Quel est votre nom ? Coupa Gibbs.
- Officier Kane ! Se redressa le policier.
- Et bien Officier Kane, NCIS signifie : Service d’investigation Criminel de la Marine. En clair, ça veut dire qu’à partir de maintenant, c’est nous qui reprenons les choses en main !
- Euh… C’est à dire que… Peut-être que je devrais contacter le Commissaire ?
- Mais oui Officier Kane. Faites donc ça !

L’officier de police se hâta de sortir son téléphone portable de son étui.
- Ca devient vexant à la longue ! Grogna Tony dans un demi sourire.

Gibbs se contenta de hausser les épaules.
- Au boulot maintenant. On a assez perdu de temps comme ça…

Les 2 hommes s’approchèrent de la large tâche brune qui ornait le sol de béton non loin d’eux. De nombreuses traces de chaussures souillaient la flaque de sang.
- Est-ce que la police locale n’a pas déjà effectué les premiers relevés ? Interrogea Tony en s’agenouillant pour sortir son équipement de son sac à dos.
- J’ai jugé préférable de nous en charger nous-mêmes !
- Et toutes ces traces, c’est quoi ?
- Les ambulanciers. Ce sont eux qui sont arrivé en premier auprès de notre Capitaine.
- Alors, je suppose qu’il faut qu’on s’attende aussi à trouver des marques laissées par la Police…
- En effet, il y a des chances.
- Bordel ! Jura Tony. Ca va être un vrai casse-tête.
- Raison de plus pour ne pas perdre de temps. Tu t’occupes des mesures. Je me charge des photos…
- Bien Patron !
- Hey Tony ?
- Oui ?
- Je veux le type qui a fait ça !
- Moi aussi Boss. Moi aussi !

 

SCENE 04

- NCIS. Je suis l’Agent Todd et voilà le Docteur Mallard.
- Docteur Kidwell ! Se présenta l’homme en blouse verte.

Depuis 20 minutes déjà, les 2 agents du NCIS patientaient dans les couloirs du Hillcrest Hospital, faisant les 100 pas devant la porte close de la salle d’opération. A peine le chirurgien était-il sortit, qu’ils s’étaient précipité vers lui.
- Comment va-t-elle ?
- Pas bien, agent Todd. Elle ne va pas bien du tout. Elle a été frappée à 7 reprises. A l’abdomen et au Thorax. L’un des coups a entaillé la Veine pulmonaire gauche avant de percer le cœur au ventricule droit. Sans parler des dégâts provoqués par les autres coups. Les intestins, le péritoine, le pancréas ainsi que le foie ont également été touché. Elle a perdu énormément de sang…
- Qu’est-ce que ça signifie ? Interrogea Kate.
- Qu’il y a très peu de chance pour que la Demoiselle puisse répondre à nos questions avant longtemps. Intervint Ducky.
- En effet, appuya le Docteur Kidwell. Il est peu probable que votre Capitaine sorte un jour du coma si jamais elle survit…
- Que pouvez-vous nous dire à propos de l’arme qui a fait ça ?
- Je ne suis pas expert en poignard mais je peux vous dire que c’était une arme à double tranchant, ayant une lame d’à peu près 14 ou 15 centimètres. Les plaies étaient larges d’un peu moins de 5 centimètres.
- Votre description me fait penser aux couteaux que portent les militaires. Avança Ducky. Un « Peace Keepers » ou un modèle « UWK » peut-être ? Il faudra que je vérifie auprès d’Abby…
- Ne pouvons nous rien apprendre d’autre à son sujet ? Demanda Kate en se tournant vers son compagnon.
- Peut-être le Docteur Kidwell serait-il assez aimable pour nous laisser faire quelques prélèvements sur sa jeune patiente ? Tenta ce dernier.
- Quels genres de prélèvements ?
- Ce qu’elle a sous les ongles, dans les cheveux, ses empruntes digitales, etc.…
- Et aussi, Intervint Kate, nous aimerions voir si elle a d’autres marques corporelles que celles laissées par les coups de couteau, d’anciennes cicatrices, des tatouages… N’importe quoi qui nous permettrait de l’identifier et donc de pouvoir commencer notre enquête…
- Ecoutez, soupira le médecin, je comprends parfaitement vos obligations mais cette jeune femme est entre la vie et la mort. Je ne pense pas qu’être l’objet d’une étude pathologique approfondie puisse lui être d’un grand secours pour l’instant… Il lui faut avant tout du calme. Il faut qu’elle cicatrise. Elle n’a déjà pas beaucoup de chance de s’en sortir alors je ne permettrais pas que quoi que ce soit puisse entamer le peu d’espoir qu’il lui reste…
- Docteur Kidwell… Commença Caitlin.

Mais le médecin l’interrompit d’un geste de la main.
- Ecoutez, je peux vous dire qu’elle n’a aucun tatouage, qu’effectivement elle porte des coups au visage, sur les bras et sur le torse. Je n’ai noté la présence d’aucune cicatrice flagrante. Quant à ce que vous auriez put éventuellement trouver sur elle, je pense que la toilette qui lui a été faite avant l’opération a probablement dut tout effacer. Je suis navré !

Kate et Ducky laissèrent échapper un même soupire de désappointement.
- Bien, finit par capituler la jeune femme, nous nous contenterons donc de prendre quelques photos.
- Pourquoi faire ? S’inquiéta le Docteur.
- Afin de pouvoir l’identifier.
- Soit ! Accorda-t-il finalement. Elle a été transportée en Soins Intensifs. Le premier couloir à gauche derrière vous. Chambre 707.
- Merci Docteur. Salua Ducky.

Kate se contenta d’un hochement de tête ; Elle comprenait très bien les motivations du chirurgien mais il ne leurs facilitait pas la tâche… C’est donc d’un pas peu entrain qu’elle gagna la chambre qu’il venait de leur indiquer, Ducky sur les talons. Cette aile du bâtiment était plus calme et plus vide aussi que les urgences où ils avaient débarqué. Chaque chambre était séparée du couloir par une large baie vitré. Certaines se dissimulaient derrière un rideau, d’autre étaient mise à nu. C’était le cas de la chambre 707. Une pièce blanche toute simple : Une table de chevet, un fauteuil dans un angle et une quantité de machines médicales impressionnantes encadraient un lit en fer blanc sur lequel reposait le corps inanimé d’une jeune femme.
- Oh Seigneur ! Lâcha Ducky en secouant tristement la tête.

La jeune femme, apparemment du même âge que Kate, avait la pâleur d’un mort. Une entaille profonde partait de la commissure droite de sa lèvre inférieure et descendait sur 2 centimètres. Une ecchymose large comme un point d’homme ornait sa pommette droite d’une tâche noire, violette et jaune. Ses longs cheveux bruns avaient été emprisonnés dans un bonnet hygiénique vert d’eau qui accentuait encore les creux de son visage. Ses bras blancs, délicatement posés sur les draps, étaient également couverts de traces de coups.
- Etrange ! Nota Ducky en s’approchant.
- Qu’est-ce qui est étrange ? S’étonna Kate.
- Les traces sur ses bras. Regardes. Seuls ses avant-bras sont couverts d’ecchymoses. Ses épaules en sont dénuées.
- C’est logique si on imagine qu’elle a tenté de se protéger des coups de son agresseur. Fit remarquer l’Agent du NCIS après une seconde de réflexion.
- En effet ! Quoiqu’il n’y ait aucune trace de coup de couteau… Vraiment étrange ! Par contre, tu vois ces coupures sur ses jointures ? La Demoiselle ne s’est pas contentée de se défendre, elle a aussi répondu…
- Mais ça ne nous apprend pas grand chose sur elle ou sur celui qui l’a mise dans cet état.

Caitlin sortit de son sac à dos un énorme appareil photo. Elle fit une multitude de cliché, évitant autant que possible d’utiliser le flash afin de ne pas troubler le repos du Capitaine. Pendant ce temps, avec la même prévenance, Ducky prenait l’emprunte de son index gauche.
- Navré Jolie Demoiselle ! S’excusa-t-il. Mais vous comprenez, j’en suis sur, que ce n’est pas de gaieté de cœur que nous vous dérangeons ainsi. Par ailleurs, je pense que vous devez être plus que ravie de pouvoir participer à la découverte de celui qui vous à mit dans cet état, n’est-ce pas ? Aaah, si seulement vous pouviez parler…

- Tiens, Qu’est-ce que vous avez là ? S’étonna-t-il soudain en examinant avec attention son avant-bras. Kate, pourrais-tu faire des photos de ces marques sur son poignet ?

La jeune femme s’approcha. A l’intérieur du poignet gauche de la victime, Ducky lui désigna une fine ligne rouge.
- D’où est-ce que ça peut venir ? Demanda Kate de derrière son appareil photo. Ca ne ressemble pas à une emprunte laissée par un couteau…

Le médecin examina plus attentivement la marque ; On l’aurait dite composée de minuscules cercles…
- Je dirais que cette marque là a été laissée par une chaînette ou un bracelet.
- C’est un peu fin pour être un bracelet. Nota l’agent Todd.
- Et regardes ça…

Kate se pencha d’avantage.
- Sur l’éminence Thénar, tu vois cette petite cicatrice ?
- Où ça ?
- Là ! En haut du muscle reliant le pouce au poignet… On dirait que sa chair à garder la marque d’un objet qu’elle aurait serré dans sa paume.

Kate prit de nouvelles photos.
- Abby pourra sûrement reconstituer ce que notre Capitaine a serré si fort. Conclut Ducky.

Sa compagne se redressa et secoua la tête tristement devant le spectacle affligeant du corps ainsi meurtrit de la jeune marine.
- Voir ce genre de séquelles sur une personne encore vivante est toujours plus impressionnant que sur un cadavre, n’est-ce pas Caitlin ? Compatit Ducky.

 

SCENE 05

Deux heures déjà que Gibbs et Tony arpentaient l’entrepôt dans tous les sens sans rien trouver d’autre que des traces de sang. Ils avaient prélevé quelques échantillons trouvés principalement près de l’entrée. Néanmoins, Gibbs venait de faire remarquer que des éclaboussures s’en éloignaient.
- On a déjà 16 échantillons de sang. Tu ne crois pas qu’on en a assez ? Fit semblant de se lamenter Tony.
- On prendra un échantillon de chaque tache de sang qui se détache de la flaque principale si je le décide ! Grogna Gibbs.
- Bien Patron ! Concéda l’ancien policier.
- Bien !

Mais, rompant soudain le silence de l’énorme entrepôt désert, le téléphone portable de Gibbs se mit à sonner. Le nom de Ducky apparut que l’écran.
- Oui Ducky ? Décrocha-t-il.
- Votre Capitaine est dans un sacré état. Contusions multiples et organes touchés sévèrement. Elle est dans le coma et les médecins ont peu d’espoir de la voir en sortir.
- Quelque chose qui pourrait nous aider ?
- L’arme utilisée me semble venir tout droit de l’armée. Un couteau. Je ne saurais encore te dire exactement lequel mais Kate et moi sommes en route pour le bureau local du NCIS. J’enverrais les photos à Abby. Elle pourra probablement en tiré plus que nous…
- Nous n’avons toujours pas l’identité du Capitaine ?
- Non, rien à ce sujet. Ni tatouages, ni marques quelconques…
- Merde !
- Oh Gibbs ?
- Quoi ?
- Il semblerait que la Demoiselle ait tenu entre ses mains un bijou. Je parierais pour un pendentif. N’avez-vous rien trouvé sur les lieux du crime ?
- Non, rien ! Quel genre de bijoux ?
- Une chaînette. Probablement ornée d’un petit médaillon.
- Tu veux dire « un collier » ?
- Par obligatoirement. D’après Kate, beaucoup de bracelets ont aussi des pendants…
- Merci Ducky. On va chercher !
- Oh Gibbs ?
- Oui ?
- Fais-moi plaisir : Trouves celui qui l’a mise dans cet état ! La Demoiselle s’est défendue et je serais navré de la voir bientôt sur ma table d’autopsie…

Gibbs raccrocha.
- Tony, on cherche un bijou.
- Quel genre de bijoux ?
- Le genre : bijoux. Il ne doit pas y en avoir 50 qui traînent dans cet entrepôt ! !

Les 2 Agents fouillèrent encore une fois la vaste superficie du bâtiment. Mais une heure plus tard, ils n’étaient pas plus avancés.
- Peut-être que son agresseur l’a emporté ? Suggéra DiNozzo. Peut-être qu’elle l’a perdu avant d’entrée ici ?
- Ducky a dit qu’elle s’était débattue. Songea Gibbs à voix haute.
- Qu’est-ce que ça change ? Soupira le jeune homme.
- On Fouille l’impasse. Ordonna finalement Gibbs. Allons voir si les autres entrepôts n’ont pas été fracturés, s’il n’y a rien de suspect dans les poubelles qui traînent à côté de celui-ci, etc.…

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