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Le Bonheur de tous à chacun

SCENE 19.

2 jours plus tard, M. Et Mme Stevenson emménageaient au 532, Desery Road. La journée de la veille avait été entièrement consacrée à la « paperasse ». Abby s’était follement amusé à créer les nouvelles identités de Kate et Gibbs, M. Et Mme Stevenson ! La première était une femme au foyer (« C’était ce qu’il y avait de plus pratique pour mener une surveillance ! » avait argumenté Gibbs en voyant le regard noir que Caitlin avait lancé en entendant la vie qu’on inventait pour elle.) Quant à Gibbs, Abby en avait fait un respectable... dentiste ! DiNozzo avait explosé de rire en imaginant son supérieur tel quel sa créativité le construisait. Ensuite, il avait fallut convaincre l’agence de location de logement de leurs céder la place aussi rapidement. C’est ce point qui avait demandé le plus de temps, jusqu’à ce que Gibbs arrache le téléphone des mains de McGee et hurle sur le pauvre agent immobilier.
Le tout ayant été arrangé, le couple de jeunes mariés venait donc prendre possession de leur nouvelle maison ce matin là.
- Quel charmant couple vous formez ! S’exclama l’excentrique voisine en les voyant s’installer.

Kate dut faire un effort pour s’empêcher de lever les yeux au ciel. Gibbs, lui, arbora son sourire le plus aimable.
- Je suis Jetro Stevenson. Se présenta-t-il en tendant la main à la vieille dame. Et voici ma merveilleuse épouse, Caitlin !

Et il enlaça Kate par les épaules dans un geste possessif.
- Beth Leight. Fit la voisine en serrant, plus que chaleureusement, la main des nouveaux venus. Vous n’avez pas d’enfant ?
- Non, reprit Gibbs, mais nous espérons rapidement combler ce manque !
- Et c’est un projet auquel peu de personne refuse de s’entraîner, pas vrai ? Sourit la vieille dame avec espièglerie.
- En effet ! S’esclaffa l’ancien Marine.

Et il resserra l’étreinte qu’il exerçait sur Kate ; Celle-ci, rouge écarlate, tâchait autant que possible de ne pas laisser paraître la gène qui la saisissait à l’idée de ce qui se laissait entendre dans ces mots.
- Vous êtes charmant ! Répéta Mme Leight avec un clin d’oeil à l’adresse de Gibbs. Charmant !
- Vous êtes trop aimable.
- D’ailleurs, puisque je vous aime bien, venez donc dîner à la maison ce soir ! Le lotissement organise un barbecue. Cela fera office de présentations officielles ! Qu’en pensez-vous ?

Gibbs réprima le sourire victorieux qui lui venait aux lèvres. La chance était avec eux ! Réussir à s’introduire aussi rapidement dans la demeure d’un suspect (aussi charmante soit-elle) était enfin le point de départ de leur enquête !
- Avec joie ! Répondit-il simplement.
- Adjugé ! Conclut la vieille dame. Je vous attends pour 20h ? Ne vous inquiétez pas : Je vais faire une présentation sublime ! Tous les voisins vont vous adorez !

 

SCENE 20.

Pendant ce temps, le reste de l’équipe avait été chargé d’approfondir les recherches sur le Major, sur sa femme et sur Mme Leight. L’idée de passer des jours le nez plongé dans d’épais dossiers était loin d’avoir ravis DiNozzo. Profitant de l’absence de son « boss », il avait invité Faith à venir le rejoindre. Cette fois, il avait vraiment l’impression d’être de retour au lycée, échappant à la surveillance des aînés pour l’inviter à flirter... Sa bonne humeur lui était immédiatement revenue. Abby, soutenant DiNozzo, avait fait de même. Puisque Gibbs était absent et qu’elle était en manque de travail (la voiture Suzanne Ashe ne lui étant toujours pas parvenue), elle avait rejoint McGee dans les bureaux. La laborantine et son compagnon étaient sérieusement occupés à fouiller dans les antres d’un ordinateur lorsque Faith et Tony revinrent de la cafétéria.
- Et toi, tu fais quoi pendant ce temps là ? Interrogea Faith en constatant que Tony s’affalait dans son fauteuil.
- Je supervise ! Annonça-t-il fièrement.

Faith laissa échapper un rire spontané.
Tony observait sa compagne avec douceur ; Il était heureux de la voir rire et plus encore d’être encore celui qui parvenait à la faire rire. Il réalisa soudain à quel point elle lui avait manqué durant toutes ces années ! Il n’y avait qu’avec elle qu’il parvenait à être aussi attentionné. Il n’y avait qu’avec elle qu’il se sentait libre de se montrer tel qu’il était. Elle avait déjà tout accepté de lui de nombreuses années auparavant : Sa bonne humeur comme ses craintes. Et elle lui avait tout donné également. Lui seul connaissait la douceur et la fragilité qu’elle dissimulait sous sa fierté. Il aimait sa fougue autant que ses inquiétudes, sa force autant ses souffrances… Il l’aimait !
Cette révélation, loin de l’effrayer, lui arracha un doux sourire.
Il se releva et vint la saisir par la taille. Sa main, chaude et rauque, s’insinua sous son débardeur, entrant en contact avec la peau satinée et fraîche du dos de la jeune femme. Elle haussa un sourcil à demi surprit, à demi amusé mais n’eut pas une seconde de réticence avant de se lover contre lui.
- On pourrait s’esquiver 10 minutes ? Souffla-t-il aux creux de son oreille et de son cou.

Le souffle chaud de son compagnon fit naître un frisson le long de sa colonne vertébrale
- Je ne pense pas que tes amis apprécieraient… Chuchota-t-elle en se ressaisissant.
- Ils sont occupés. Fit remarquer Tony en venant effleurer sa clavicule du bout des lèvres. Ils ne remarqueraient rien…
- Hey ! Se révolta soudain Abby. Un peu de tenue s’il vous plaît ! Il y en a qui travaillent ici…

Tony et Faith se tournèrent vers la jeune scientifique avec un même sourire plein de fierté et d’amusement sur le visage.
- Allez, on se sépare. Ordonna la jeune gothique faussement sévère. Je suis certaine que si Gibbs était là, vous ne vous tripoteriez pas comme ça…

Les amoureux se séparèrent enfin. La même grimace venait d’apparaître sur leurs traits. Abby se pencha à nouveau sur McGee, satisfaite de son petit effet…

 

SCENE 21.

La soirée organisée par Mme Leight était tout ce qu’on pouvait attendre d’un barbecue dans ce genre de contexte ; C’était superficiel mais aimable et plein d’entrain. En prétextant vouloir aider leur hôtesse, Kate avait déjà exploré la cuisine. Elle n’y avait trouvé aucun bocal portant l’étiquette « Arsenic ». Profitant de l’accaparation dont la vieille dame était l’objet de la part de ses autres convives, les agents du NCIS en profitèrent pour monter à l’étage et explorer rapidement les 2 chambres et la salle de bain qui s’y trouvait.
- Tu as trouvé quelque chose ? Questionna Gibbs en rejoignant Kate dans la chambre d’amis après avoir lui-même exploré la chambre principale.
- Non, rien ! Avoua Kate en retenant un mouvement d’humeur.

Brusquement, un craquement sec résonna dans son dos et, étant donné la clarté avec laquelle elle l’avait perçu, la jeune femme sut que celui ou celle qui arrivait allait les découvrir d’ici quelques secondes à peine. Gibbs aussi avait prit conscience de ce dénouement inévitable ; Il venait de se figer subitement et son regard, vif et professionnel, parcourait rapidement la chambre à la recherche d’une cachette pour lui et sa complice. Mais il n’y avait dans la chambre qu’un lit, une commode et un placard trop remplit pour ne dissimuler ne serait-ce que l’un d’entre eux. Alors brusquement, il se tourna vers Kate et, saisissant son poignet, il la poussa sèchement sur le lit. Stupéfaite, Kate ne pensa même pas à esquisser le moindre mouvement lorsque Gibbs s’étendit sur elle et vint prendre possession de sa bouche.
Elle eut un premier instant de stupeur puis, instinctivement, ses paupières se fermèrent et elle enlaça l’homme qui la submergeait. Son baiser était étonnement sensuel : Exigeant mais humide, superficiel, plein de retenu et de douceur. L’une des mains de Gibbs s’était posée aux creux de sa taille, maintenant ses hanches contre lui. L’autre descendit le long de sa jambe, ramenant son genou à hauteur de ses reins. Leurs corps étaient si moulés l’un dans l’autre qu’ils semblaient avoir été créé pour cet instant. Kate oublia immédiatement la situation qui était la leurs et se surprit à répondre à son compagnon avec fougue. Troublée, il lui sembla que Gibbs l’embrassa ainsi pendant des heures. Jamais elle n’avait imaginé qu’une telle volupté puisse naître d’un simple baiser. Elle avait l’impression distraite d’avoir attendu cette minute depuis leur première rencontre alors même qu’elle n’avait jamais eut conscience de cette possibilité. L’idée même avait semblé trop érotique pour être retenue…
- Oh Seigneur ! S’exclama la voie aiguë de Mme Leight, ramenant brusquement la jeune femme à la réalité.

Gibbs arracha sa bouche des lèvres encore offertes de Kate. Il se redressa sur un coude et se tourna vers l’intruse, un large sourire illuminant son visage.
- Oups ! S’esclaffa-t-il.
- Oh, je suis navrée ! S’écria précipitamment la vieille dame. Je ne voulais pas vous interrompre !

Elle tendit un pouce levé au couple, un large sourire sur son visage ridé. Puis, elle se hâta de quitter la chambre en trottinant, ne laissant derrière elle qu’une suite d’exclamation mi-bouleversée, mi-charmé.
Gibbs se retourna alors vers sa compagne. Sous son torse, il sentait les seins de la jeune femme se soulever au rythme de sa respiration encore haletante. Son cœur battait la chamade. Sa bouche, gonflée et chaude, restait entrouverte de la même stupeur que celle que trahissaient ses beaux yeux bruns écarquillés. Il l’observa un instant…
- Allons Agent Todd, reprit-il finalement en se redressant, debout !

Il fallut à Kate une seconde de plus qu’à Gibbs pour faire abstraction de son trouble et se relever du lit. Elle prit le temps de défroisser son tailleur beige avec un soin exagéré, laissant ainsi son visage reprendre un minimum de calme et de professionnalisme. Mais lorsqu’elle releva enfin la tête, Gibbs posait sur elle un regard indéchiffrable et insistant qui ramena le rouge sur ses joues.
- Quoi ? Demanda-t-elle agressive.
- Rien ! Sourit Gibbs, presque fièrement.
- Je te déteste ! Grogna Kate en lui passant sous le nez pour regagner le salon et les autres convives.

Mais Gibbs la retint en lui saisissant le bras.
- N’oublie pas qu’on est censé être amoureux… Se moqua-t-il en lui prenant délicatement la main.

Il prit les devants et, à sa suite, Kate secoua la tête avec tristesse et lassitude. Une douleur nouvelle venait d’apparaître au fond de sa poitrine. Un poids qu’elle commençait à lentement identifier et qui l'affligeait autant qu’il la terrifiait.

 

SCENE 22.

Une recherche d’identification avait été lancée à partir du portrait dessiné par Kate. Mais depuis 48 heures que l’ordinateur de Gibbs comparait le dessin aux photos des fichiers du C.N.I.C., la mystérieuse femme rencontrée par Faith restait toujours une énigme. Ce n’est qu’en arrivant aux bureaux le lendemain matin, de très bonne heure, que McGee découvrit que le PC s’était finalement arrêté sur une identité provenant des dossiers de la Marine.
- Le Quartier-maître de 1ère classe Alysson Hank. Lut-il distraitement. Affectée sur le Croiseur USS Normandy.
- Précisément le navire sur lequel la Major Ashe devait embarquer le jour où il avait été empoisonné ! Intervint DiNozzo en apparaissant soudain.

McGee approuva d’un hochement de tête. Puis il nota la présence du Capitaine Rinehart dans le dos de DiNozzo. Devant la surprise qu’il ne put se retenir d’afficher, Faith se sentit obligée de se justifier.
- J’aurais passé la journée à m’ennuyer sinon ! Avoua-t-elle dans un haussement d’épaule désinvolte.
- Et puis, je lui aurais manqué ! La taquina Tony.

La jeune femme lui donna une petite claque sur l’arrière du crâne, faussement agacée par l’arrogance de son amant.
- Aie !
- Puisque j’ai croisé votre Quartier-maître avant-hier, il y a des chances pour qu’elle ait été notée déserteur non ? Fit-elle remarquer.

McGee surfa une minute à travers le dédale des sous-dossiers liés à Alysson Hank.
- En fait non ! Répondit-il enfin. Elle bénéficie d’un arrêt de travail pour cause médicale...
- Depuis quand ? Interrogea DiNozzo.
- Depuis le même jour que celui de la mort du Major Ashe.
- Hum ! Etrange coïncidence ! On a une adresse où trouver cette demoiselle ?
- Ici même, à Washington !
- Génial ! Alors je vais aller la saluer ! Annonça Tony.
- Je vous accompagne ? S’enquit McGee.
- Non, continuez à fouiller dans tous ces dossiers. Voyez si vous pouvez trouver un autre lien entre notre victime et notre Quartier-maître…

Tony saisit d’une main le sac à dos qu’il avait déposé, à peine 2 minutes plus tôt, sur son siège et de l’autre, il s’empara du poignet de Faith.
- Une balade ? S’enquit-il en guise d’invitation.
- Avec joie ! Sourit la jeune femme.

Elle devait reconnaître, et Tony semblait en avoir parfaitement conscience, qu’elle s’amusait comme une gamine au milieu de toute cette enquête policière. Pour peu, elle se serait crut dans une série télé. « Et la présence d’Anthony dans le paysage n’était sûrement pas innocente à ce sentiment ! » Songea-t-elle dans un sourire.

 

SCENE 23.

Alysson Hank vivait dans un quartier résidentiel. Les maisons s’alignaient de chaque côté de la rue, clones d’elles-mêmes et dressée comme des soldats au garde-à-vous. Rien ne différenciait celle du Quartier-maître de ces voisines à l’exception du fait que tous les volets étaient clos sur celle qui intéressait Tony et Faith.
- Pas vraiment accueillant ! Nota cette dernière.
- Bizarrement, le NCIS est rarement accueillit à bras ouvert ! Avoua DiNozzo sarcastique.
- Oui, vraiment bizarre ! Sourit la jeune femme.

Les 2 jeunes gens allèrent sonner à la porte mais c’est sans surprise qu’ils constatèrent que personne ne venait leur ouvrir. Ils essayèrent les fenêtres, firent le tour de la maison, ailèrent Mlle Hank, mais la demeure restait obstinément hermétique.
- Et maintenant ? Interrogea Faith.
- Je n’ai pas de mandat. Admit DiNozzo.

Sa compagne réprima un sourire.
- Ca t’a déjà arrêté ? S’étonna-t-elle à demi.
- Non ! Répondit Tony avec un large sourire.

Il sortit de son ceinturon un couteau.
- Règle N°9 ! Lança-t-il en guise d’explication.

Puis il s’attela à lever le loquet des volets par l’espace qui séparait les 2 battants. Ce n’est qu’après une longue minute que les panneaux de pexiglace s’ouvrirent sur les vitres de la fenêtre. Faith, tranquillement adossée contre le mûr, admirait avec un plaisir non dissimulé le savoir faire et l’applique dont Tony faisait preuve. Elle était tout simplement heureuse de pouvoir voir ce qu’il était devenu et ce qu’était devenue sa vie… Sans dénigrer le fait qu’il était loin d’être désagréable à regarder ! Sourit-elle intérieurement.
- Et maintenant ? Questionna-t-elle.
- Oups, fit semblant d’être surprit l’ancien policier, est-ce que tu n’entendrais pas des cris à l’intérieur de la maison par hasard ?
- En effet !
- Dans ce cas… Règle N°2 !

Il sortit de son sac à dos 2 paires de gants en latex et en tendit une à sa compagne. Puis, d’un coup de crosse de son révolver, il brisa la vitre. Les 2 intrus se hâtèrent de pénétrer dans la maison. A l’intérieur, tout était plongé dans l’obscurité. Néanmoins, les formes du mobilier se laissaient deviner à travers la pénombre.
- Je m’occupe de l’étage. Chuchota Faith en se dirigeant vers les escaliers.
- Soit prudente ! Lança Tony.

Il y avait dans sa voix comme une supplication qui émut Faith ; Elle lui sourit tandis qu’elle sortait de son holster son arme de service. DiNozzo dissimula la surprise que lui causa le vue de l’arme. « Pourquoi donc Faith sortait-elle armé ? » S’inquiéta-t-il. Mais il chassa ses craintes lorsqu’elle eut disparue à l’étage. A présent, il devait se concentrer sur sa fouille et trouver où Alysson Hank pouvait bien avoir disparut…
Cela faisait 5 minutes qu’il retournait les tiroirs de la cuisine et du salon lorsque, brusquement, un bruit de chute résonna au dessus de sa tête. « Faith ! » Paniqua-t-il en s’élançant aussitôt vers les marches. Un coup de feu le figea aux pieds des escaliers. Immédiatement, il sentit son pou s’emballer et la peur lui nouer l’estomac. « Pas ça ! Pas ça ! » Supplia-t-il intérieurement « Pas encore !! ». Il reprit sa course d’autant plus vite qu’il percevait maintenant les échos d’une lutes. L’arme au poing, il pénétra dans la chambre d’où semblait provenir les bruits qui l’avaient alerté. Stupéfait, il découvrit Faith, la lèvre ensanglantée, qui, dans un large mouvement circulaire, envoyait son pied dans le ventre de Alysson Hank. Celle-ci alla s’écraser contre la commode et y resta inconsciente.
Rasuré, Tony rangea son revolver.
- Mais enfin, qu’est-ce qui se passe ici ? S’exclama-t-il faussement sévère.
- Oups ! Se contenta de répondre la jeune femme dans un demi-sourire.
- Tu m’expliques ?
- Elle m’a sauté dessus alors que je fouillais la pièce. Il a bien fallut que je me défende…
- Et le coup de feu ?
- Un coup de pied pour la désarmer qui a fait partir un coup…

DiNozzo secoua la tête. Puis il s’approcha, sortit de sa poche un mouchoir, et vint doucement essuyer le sang qui coulait de la lèvre de la jeune femme. Faith réprima un rictus de douleur lorsque le tissu effleura sa bouche.
- Faut toujours que tu en fasses de trop ! Lui reprocha doucement Tony.

Faith garda pour elle que c’était uniquement depuis qu’elle l’avait retrouvé qu’elle agissait de nouveau comme l’adolescente qu’elle avait été. Elle détourna les yeux. Tony déposa un baiser sur son front avant de se tourner vers Alysson Hank, avachie aux pieds de la commode.

 

SCENE 24.

Les 2 agents sous couverture étaient attablés devant la table de la cuisine, leur petit-déjeuner attendant sagement devant eux. Gibbs en était déjà à son 2nd café que Kate n’avait pas encore prononcé une parole. Elle gardait obstinément les yeux baissés. Son supérieur réprima un sourire.
- Kate, tu comptes me regarder à nouveau dans les yeux un jour ? Interrogea-t-il sarcastique.

Il vit la mâchoire de la jeune femme se contracter.
- Mais enfin, ce n’était qu’un baiser ! Soupira-t-il.

Kate se leva et déposa sa tasse dans l’évier d’un geste sec.
- Oui, ce n’était que ça ! Lâcha-t-elle, presque avec amertume.

Ce n’avait été qu’un baiser, elle en avait conscience. Mais la nuit blanche qu’elle avait passé à se remémorer chaque instant de cette étreinte lui avait fait comprendre qu’à présent, elle espérait plus. Et cette découverte la troublait autant qu’elle la mortifiait. Elle n’était plus une gamine ! Ragea-t-elle intérieurement. Elle aurait dut pouvoir chasser de son esprit ce qui n’était pour Gibbs « qu’un baiser »… Mais elle n’y parvenait pas !
Et à présent, elle était furieuse contre elle-même… Et contre Gibbs !
Elle contourna la table et s’apprêtait à quitter la cuisine lorsque la main de Gibbs la retint brusquement.
- Ecoutes, soupira-t-il, je ne dis pas que c’était désagréable mais… On est en mission là. On devrait penser à autre chose qu’à… ça !
- Oui, Répondit-elle en serrant les dents. « ça » n’était qu’une partie de la mission !

Le regard chargé de colère, presque de haine, qu’elle leva alors vers lui le laissa déconfit. Puis elle tourna les talons et quitta la pièce dans une attitude pleine de mépris. Il n’essaya pas de la retenir ; Il savait que ses mots avaient été blessants. Il les avait prononcé intentionnellement. Il ne pouvait se permettre de laisser un doute planer dans l’esprit de Kate. Il ne pouvait se permettre qu’une relation, autre que celle liant 2 collègues de travail, ne s’insinue entre eux. C’était trop dangereux… Autant pour elle que pour lui… Probablement même plus pour lui !
A l’étage, une porte claqua, le sortant de ses pensées. Cette fois, il avait vraiment réussit à la mettre en colère ! Réalisa-t-il. Et il ne pouvait pas se permettre que son impulsion de la veille vienne placer une tension au sein de son équipe. Il allait devoir s’excuser… Il suivit Kate à l’étage et frappa doucement à la porte de la chambre. Il n’obtint pas de réponse. Il poussa néanmoins le panneau de bois. Caitlin était étendue sur le dos, au milieu du lit. Son bras recouvrait une large partie de son visage mais il nota tout de même la contraction qui durcissait sa mâchoire.
- Tu comptes bouder comme une enfant ? Interrogea-t-il dans un sourire attendrit.

Kate se redressa brusquement et lui envoya un oreiller à la figure. Il l’intercepta au vol mais lorsqu’il put à nouveau observer sa compagne, il ne trouva plus sur son visage la moindre trace de colère. Elle paraissait juste lasse… extrêmement lasse.
Sa volonté soudain adoucit par la tendresse que la jeune femme lui inspirait, il vint s’asseoir à ses côtés, sur le rebord du lit. Il y eut un long moment de silence entre eux. Puis Gibbs posa une main sur son épaule.
- Je m’excuse ! Avoua-t-il doucement.

Mais à son contact, Kate s’était tendue. Il l’avait sentit. De même qu’il avait sentit ce frisson remonter doucement le long de sa propre colonne vertébrale. « Grosse erreur » Réalisa-t-il en prenant conscience que le lien qu’il venait de créé entre eux, par un simple touché, venait de tout changé. Le désir venait de naître en lui. Il ne voyait plus en Kate l’enquêtrice talentueuse avec qui il travaillait, mais la jeune femme vulnérable et féminine qu’il avait sous les yeux en cet instant. Il dut faire un effort de volonté pour ôter sa main. Ce n’est qu’une seconde plus tard qu’il réalisa que l’effort avait été vain, sa main était toujours sur l’épaule de Kate, comme maintenue par une volonté qui ne lui appartenait plus. Alors doucement ses doigts commencèrent à jouer sur la clavicule de la jeune femme. Kate ferma les paupières et par sa bouche entrouverte, Gibbs pouvait deviner le souffle qu’elle s’imposait pour ne pas se laisser aller. Puis il vit sa propre main aller se couler sur la nuque de sa compagne, mêlant ses doigts à sa longue chevelure. Alors il prit sa décision !
Il l’attira à lui et, délicatement, prit possession de sa bouche. Kate n’eut qu’une seconde d’hésitation. Puis elle s’abandonna à lui. Comme la veille, le baiser de Gibbs oscillait entre infinie douceur et avidité. Elle lui répondit de tout son être, oubliant ses craintes, ses pudeurs et ses doutes. Et plus elle se départissait d’elle-même, plus Gibbs se faisait exigeant et intense. A la tendresse succéda la passion. A la réticence succéda le besoin. Jamais ils n’avaient été plus avide que quelque chose qu’ils ne l’étaient à cet instant l’un de l’autre. Sans abandonner la bouche de Gibbs, Kate se redressa et vint s’asseoir à califourchon sur les genoux se son compagnon. A présent, ils pouvaient retrouver le sentiment qui les avait saisit la veille ; Ils étaient parfaitement moulé l’un en l’autre, ils avaient été créé pour être ainsi lovés l’un contre l’autre… C’était ainsi qu’ils étaient complets.

Les mains de Kate s’égarèrent dans l’épaisse chevelure grise de Gibbs.
Les lèvres de Gibbs descendirent le long du cou de Kate.
Leurs souffles à tous deux se faisaient de plus en plus saccadé.
Leurs paupières se fermaient de plaisir.
Leurs esprits étaient opaques de ne songer à rien d’autre qu’au moment présent.
Les bras de Gibbs enlaçaient étroitement le corps fin et cambré de Kate.
Le chemisier de la jeune femme s’entrouvrit sur un soutien-gorge pastel.
La bouche de Gibbs se perdit à la lisière de dentelle qui venait d’apparaître.
Sa propre chemise l’abandonna, dévoilant un torse bronzé et musclé.
Les mains blanches de Kate parcoururent le dos de Gibbs.
Puis son torse.
Les doigts de Gibbs trouvèrent le fermoir de la lingerie et celle-ci rejoignit bientôt le sol.
Gibbs saisit Kate et la renversa sur le lit.
Il reprit sa bouche.
Elle gémit du plaisir de sentit le poids de Gibbs sur tout son buste.
Les mains de Gibbs longèrent les jambes fuselées de la jeune femme.
Puis remontèrent les genoux de Kate à hauteur de ses reins.
Le pantalon de Gibbs alla retrouver le reste de leurs vêtements.
Ils roulèrent l’un sur l’autre.
Kate, assise sur lui, fut offerte à ses regards.
Sa jupe passa par-dessus sa tête.
Gibbs se redressa et s’empara à nouveau de ses lèvres.
Puis de son cou.
Puis de ses seins.
Kate bascula en arrière.
La bouche Gibbs se heurta à la dentelle de son slip.
Haletante, Kate sentit sa peau finirent de se dénuder.
La douceur de la bouche de Gibbs vint effleurer ses hanches.
Puis son aine.
Puis le puit de son intimité.
Les ongles de la jeune femme s’accrochèrent au rempart fort des épaules de son compagnon.
Elle gémit de perdition.
Il gémit du plaisir de la savoir à sa merci.
Puis elle le rappela à elle.
Il remonta prendre possession de ses lèvres.
Ce fut un baiser long…
Attentif…
Savoureux…
Exigeant…
Puis il pénétra en elle dans un seul élan.
Et elle se souleva pour l’accueillir.

Dans un même mouvement ondulant, ils se possédèrent.
Et, dans l’écho sensuelle et haletant de leurs ébats, ils perdirent la raison…

 

SCENE 25.

Alysson Hank avait été placée en détention provisoire – et ce, malgré le fait qu’elle avait été appréhendée par une personne n’appartenant pas au NCIS et qui s’était introduit dans la maison du suspect sans mandat. DiNozzo pria pour obtenir du Quartier-maître les informations qu’il voulait sans avoir à passer devant un avocat du JAG. Sinon, c’en était fait de leur enquête… et de sa brillante carrière… Mais, dans la salle d’interrogatoire où elle attendait, Alysson Hank semblait plus terrifié par son secret que par la perspective de finir dans une prison fédérale.
- Tu comptes attendre Gibbs ? Demanda Ducky en rejoignant DiNozzo derrière le miroir sans teint.
- Il a téléphoné ? Interrogea-t-il en guise de réponse.
- Non. Mais il profitera sûrement de sa couverture de dentiste pour venir faire au saut au NCIS…
- Mais on ignore quand.
- En effet.

Tony observa encore une fois le Quartier-maître Hank. Grande, blonde, des jambes interminables… indéniablement belle ! Mais elle avait aussi une manière de jeter des coups d’œil en coin qui faisait penser à l’ancien policier qu’il était que la demoiselle n’était pas simplement ça. Elle était également pâle et fébrile. « Elle aurait peut-être retrouvé son sang-froid d’ici à ce que Gibbs revienne ! » Songea-t-il. Hors, il ne pouvait pas se le permettre.
- Alors, je vais me charger de son interrogatoire ! Annonça Tony.

Ducky approuva d’un sourire. Et Tony alla rejoindre Alysson Hank dans la pièce voisine.
- Vous avez cherché à voir l’agent Gibbs. Annonça-t-il une fois qu’il se fut assis face à elle.

La jeune femme n’affirma, ni n’infirma les propos de DiNozzo. Elle était bien trop apeurée pour cela. « Etrange pour une Marine ! » Nota-t-il.
- Pourquoi ? Poursuivit-il sèchement.

Cette fois, Alysson Hank leva vers lui un regard terrifié.
- Pourquoi ? Répéta Tony plus fort.
- Euh… Je… J’ai besoin de protection. Avoua-t-elle finalement dans un souffle.

Cette annonce ne surprit pas DiNozzo. Il était évident que la jeune femme craignait quelque chose. Après tout, Faith lui avait affirmé que, avant de lui sauter dessus, Alysson Hank était dissimulée dans une penderie.
- Qui vous menace ?
- Euh… Elle ! Une folle !

Et elle fondit en larmes sous les yeux stupéfaits de Tony. Il chercha son mouchoir dans sa poche avant de se souvenir que Faith l’avait gardé pour arrêter le saignement de sa lèvre. Il renonça à se montrer compatissant.
- Quel est le nom de cette « folle » ? Poursuivit-il.
- Je… Je ne sais pas ! Pleurnicha le Quartier-maître.
- Pourquoi vous veut-elle du mal ?
- Parce qu’elle est folle…
- Mais encore ?
- Elle… Elle pense que je suis une pécheresse.

Cette réponse laissa DiNozzo pantois pendant une minute.
- Vous voulez dire qu’elle vous en veut à cause d’un motif religieux ? Finit-il par reprendre.
- Oui… Non… Je ne sais plus…

Et Alysson Hank fondit en larmes à nouveau ; Tony réprima un soupire d’agacement.
- Alors que savez-vous ?
- Euh… Je…
- Quartier-maître ! Finit par s’énerver Tony.
- J’avais une liaison avec un homme marié. Elle a considéré ça comme un crime. Elle veut me tuer pour ça…

DiNozzo haussa un sourcil septique.
- Est-ce avec le Major Ashe que vous aviez une liaison ?

La femme hocha la tête.
- Est-ce que c’est cette même « folle » qui a empoisonné le Major Ashe ?

Nouveau hochement de tête.
- Et vous ignorez son nom ?

Encore hochement de tête.
- Alors que pouvez-vous me dire sur elle hormis qu’elle est folle ?
- C’était la voisine de Kurt.
- Et en quoi cette dame a-t-elle été concernée par votre liaison avec Kurt Ashe pour vous en vouloir au point de tuer ?
- Je… Je l’ignore !

Le Quartier-maître Hank baissa la tête et se remit à sangloter nerveusement. DiNozzo patienta 5 minutes qu’elle calme ses larmes mais comme la femme ne semblait pas vouloir s’arrêter, sa patiente l’abandonna. Il se leva brusquement et quitta la pièce.
- Attendez ! Cria précipitamment Alysson Hank en se levant à sa suite.

Elle le saisit par le bras.
- Est-ce que vous allez me protéger ? Demanda-t-elle.

 

SCENE 26.

Deux heures plus tard, Ducky venait rejoindre le groupe que formaient DiNozzo, le Capitaine Rinehart, Abby et l’agent McGee.
- Votre Quartier-maître Hank a fait un malaise. Alerta-t-il.
- Quoi ? S’étonnèrent les 4 jeunes gens.
- Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? S’enquit Tony. Elle s’est noyée dans ses larmes ?
- Non. Je la soupçonne d’être enceinte.

Son annonce laissa ses interlocuteurs pantois. Puis Abby sursauta.
- D’où l’arrêt de travail ! Annonça-t-elle.
- Enceinte du Major Ashe ? Emit Faith comme pour elle-même.
- Possible. Admit Ducky. Je ne le saurais que lorsque Abby aura comparé les ADN de notre victime et du foetus…
- J’y cours ! Sourit Abby en s’élançant vers l’ascenseur.
- Et maintenant, comment va-t-elle ? S’enquit McGee.
- Elle a reprit connaissance mais elle a été portée à l’infirmerie. Elle pleure pour qu’on lui assure une protection…
- La Marine engage vraiment n’importe qui ! Grogna Faith comme si la faiblesse d’Alysson Hank déteignait sur sa fierté de Marine.

Sa réflexion arracha un sourire à Tony. Ducky les quitta une minute plus tard.
- Si Alysson Hank a dénoncé Beth Leight, pourquoi est-ce que vous ne foncer pas l’arrêter ? S’étonna Faith une minute plus tard.
- Le Quartier-maître n’a que des présomptions. Aucune preuve ! Soupira McGee. Sans compter qu’on a pas le moindre mobile pouvant justifier cet empoisonnement.
- On a tenté de joindre Gibbs, expliqua Tony, mais il ne répond pas au téléphone. Kate non plus….

Il secoua la tête, inquiet.
- Son téléphone doit être coupé. Nota-t-il à voix haute et espérant intérieurement qu’il n’y avait rien de plus grave.
- Est-ce qu’il ne devait pas dîner chez la « voisine psychopathe » hier soir ? Interrogea le Capitaine Rinehart, traduisant ses pensées.
- Il en est sortit indemne. Les rassura McGee. Il a téléphoné à Abby vers 23h pour avoir des nouvelles de l’enquête. Il lui a dit que Kate et lui avaient fouillé la maison de Beth Leight mais qu’ils n’avaient pas trouvé la moindre trace d’Arsenic…
- Alors pourquoi ne répond-t-il pas maintenant ? Soupira DiNozzo.

 

 

SCENE 27.

Gibbs se réveilla en sursaut avec la certitude que quelque chose clochait ; La pièce ne lui était pas familière, le soleil était déjà bien trop haut dans le ciel et un poids pesait sur sa poitrine. Un bras pesait sur sa poitrine, un bras fin et délicat, le bras de… Kate ! Réalisa-t-il. La vague de stupeur et d’effarement, qui le submergea à l’instant où il prenait conscience de la jeune femme à ses côtés, s’effaça dès qu’il eut posé les yeux sur son visage paisiblement endormi. Dieu qu’elle était belle ! Et si ingénue ! Il la savait pourtant de taille à se défendre mais, en cet instant, il fut soulevé par une envie folle de la protéger… De la protéger… De lui ! Il se savait dure et revêche. Il savait qu’il allait la blesser. Il savait qu’ils n’avaient pas d’avenir ensemble. Alors pourquoi donc s’était-il laissé aller le matin même ? Il savait déjà tout ça lorsqu’il avait décidé d’abandonné ses défenses, il savait déjà tout ça lorsqu’il avait embrassé chaque cm² de la peau délicate de Caitlin, il savait déjà tout ça et malgré tout, il avait refusé de faire marche arrière. Il s’était laissé allé à ses plus intimes désirs et à présent… il le regrettait !
Il le regrettait parce qu’il savait qu’il venait de perdre quelque chose d’irremplaçable : l’Agent Caitlin Todd. Il ne pouvait pas posséder à la fois Caitlin, et à la fois la collègue de travail qu’elle avait été. Il allait lui falloir choisir et il savait que, quelque soit son choix, il serait perdant…

Il quitta doucement le lit où reposait la jeune femme et s’enferma dans la salle de bain. Le reflet que lui renvoya le miroir était haïssable : les cheveux en désordre, les lèvres gonflées, le regard dilaté… Le portrait d’un lâche ! Réalisa-t-il dans un élan de fureur. Il écrase son poing contre la vitre. Le miroir se répandit en petits morceaux, inondant de reflets scintillants le tapis et l’évier.
Il s’assit sur le rebord de la baignoire, la tête entre les mains. Pour la première fois de sa vie, il aurait voulut savoir abandonner son rationalisme. Il aurait aimé pouvoir abandonné ce qui faisait de lui un bon enquêteur. Il aurait aimé ne pouvoir qu’être l’homme que Kate voyait en lui… Mais, encore une fois, il était trop rationnel pour ne pas reconnaître que malgré tout le désir qu’il en avait, il n’était pas prêt à partager à nouveau son quotidien avec quelqu’un…

 

SCENE 28.

Caitlin se réveilla doucement. Elle était courbaturée de partout mais étrangement sereine. Le souvenir de ce qu’elle avait fait avec Gibbs, de ce que Gibbs lui avait fait, aurait dut la faire rougir jusqu’aux oreilles… Mais au lieu de cela, elle était simplement heureuse. Un sourire resplendissant vint éclairer son visage. Oh, bien sur elle avait conscience que la situation allait être compliqué pendant quelques temps… Mais elle avait suffisamment foi en la vie pour ne pas laisser les doutes venir gâcher ce moment de bonheur.
Ce n’est qu’en s’étirant qu’elle réalisa qu’elle était seule dans le lit. Que Gibbs soit déjà debout ne la surprit par le moins du monde. Elle enfila sans hâte son peignoir de soie et descendit le rejoindre. Mais il n’était pas au rez-de-chaussée ! Nota-t-elle avec surprise. Elle ouvrit la porte d’entrée, pour voir s’il n’était pas dans le jardin devançant la maison. Mais là encore, Gibbs fut introuvable.
- Vous cherchez quelque chose ? Interrogea Mme Leight depuis l’autre côté de sa barrière.
- Euh… Mon époux ! Avoua Kate avec un sourire timide.
- Ah, les jeunes mariés ! Soupira la vieille dame sans cacher son envie. Vous savez que moi aussi j’ai été marié – Dieu ait son âme – mais mon mari nous a quitté. En tout cas, je ne regrette rien. Arthus était un sacré coup au lit… Votre mari aussi ?
- Euh…

Kate ne put s’empêcher de rougir. Mais en même temps, une bouffée d’affection pour la vieille dame lui gonfla le cœur. Et que celle-ci soit le suspect N°1 dans l’enquête qu’elle menait n’y changea rien. Elle aimait bien la franchise de l’exubérante grand-mère. Devant cette dérangeante contradiction, Kate abandonna Beth Leight à ses souvenirs et regagna la maison. « Mais où donc était passé Gibbs ? ». Il n’était pourtant pas loin puisque la voiture trônait toujours dans la descente de garage…
Caitlin trouva Gibbs dans la salle de bain. Il était assis sur le rebord de la baignoire, les épaules voûtées et… une main en sang.
- Oh mon Dieu ! S’exclama-t-elle en se précipitant vers lui. Mais qu’est-ce qui t’es arrivé ?

Elle saisit délicatement la main de son compagnon. Ses phalanges étaient couvertes de bris de verre, de même que le sol. Kate connaissait suffisamment Gibbs pour savoir lire à travers cette réaction ; La situation entre eux allait être un peu plus compliquée qu’elle ne l’avait d’abord imaginé ! Mais le voir dans cet état inédit de doute la poussa d’abord à le guérir et à remettre à plus tard les questions que pouvaient inspirer leurs avenirs (s’ils en avaient un, ce dont elle commençait tristement à douter !).
Gibbs leva vers elle un regard à la fois surprit et navré. Mais aussi emprunt de la même volonté inflexible qui le caractérisait si bien. Kate abandonna son air d’amoureuse épleurée pour redevenir l’Agent Todd, efficace en temps de crise… et pour guérir les blessures. Elle attrapa sa pince à épiler dans sa trousse de toilette et prit le temps d’ôter chaque petit bout de miroir qu’elle voyait ensanglanter les doigts de son compagnon. Puis elle enveloppa sa main dans une bande qu’elle trouva dans l’armoire à pharmacie. Et durant les 10 minutes que prirent les soins, ni l’un, ni l’autre ne prononcèrent un mot. Finalement Kate abandonna Gibbs et alla s’habiller dans la chambre. Etrangement, elle n’était pas en colère. Elle retenait ses sentiments – quelque ils soient – en attendant simplement le moment des explications. Lorsqu’elle fut prête, elle descendit à la cuisine. Gibbs l’y rejoignit 10 minutes plus tard.
Elle eut un sourire tendre lorsqu’il osa enfin poser un regard sur elle. Gibbs sentit son cœur se serrer.
- Je suppose que tu veux en parler ? L’encouragea-t-elle doucement.

Gibbs détourna les yeux. On lui avait souvent confié des missions difficiles mais, en cet instant, il avait l’impression que pas une n’avait été plus délicate que celle qu’il s’était lui-même imposé.
- Ce matin était une erreur. Avoua-t-il finalement.

Il savait que Kate n’était pas stupide et qu’elle avait déjà dut deviner ce qu’il allait lui dire ; La parfaite maîtrise qu’elle avait d’elle-même en était la preuve. Néanmoins, il ne s’attendait pas à ce qu’elle accepte sa résolution sans broncher.
- Je ne trouve pas ! Annonça-t-elle calmement.

Gibbs releva la tête avec surprise.
- Tu peux dire que tu ne veux pas aller plus loin, ou que maintenant que c’est fait je ne te fais plus d’effet… Mais ce qu’on a fait ce matin n’était certainement pas une erreur. C’était parfait !

Gibbs ressentit à nouveau ce douloureux serrement au cœur. Il s’assit sur le banc en bois qui devançait la table.
- Je sais ! Avoua-t-il en prenant à nouveau son visage entre ses mains.

Il semblait si las ; Kate eut à nouveau un sourire tendre. Elle avait l’impression de le comprendre mieux qu’à n’importe quel autre moment auparavant. Elle alla s’agenouiller devant lui. Ce midi là, Gibbs lui faisait l’effet d’être un petit garçon en quête de douceur. D’un doigt, elle lui fit relever le menton.
- Ecoutes Gibbs, se lança-t-elle doucement, je ne te demande pas de m’épouser. Je ne te demande pas de te forcer si tu ne veux pas me voir en dehors du boulot. Mais si tu fuis juste parce que tu as peur pour moi, ce n’est pas la peine. Je suis une grande fille et je peux survivre à beaucoup…

Gibbs la dévisagea avec stupeur. En cet instant, elle lui sembla en effet plus forte que n’importe qui, bien plus forte que lui en tout cas…
- Je ne suis pas sur de pouvoir t’offrir ce que tu attends ! Avoua-t-il à contrecoeur.

Cette fois, ce fut Kate qui eut un moment de surprise.
- Gibbs, je n’attends rien en particulier. Je veux… Je ne sais même pas ce que je veux. Juste… saisir l’instant présent !

Nouveau regard surprit de Gibbs. Et admirateur aussi. Jamais il n’avait estimé une femme comme il estimait sa compagne en cet instant. Kate lui sourit doucement, comme elle aurait sourit pour tenter de réconforter un enfant. Puis elle déposa un baiser sur ses lèvres et se releva pour retourner au déjeuner qu’elle avait commencé à préparer en l’attendant. Mais elle n’eut pas le temps d’y parvenir. Gibbs s’était relevé précipitamment, à sa suite. Il avait saisit son bras, l’avait forcé sans ménagement à lui faire face à nouveau et, sans préavis, avait prit possession de ses lèvres. Avidement. Tellement avidement que Kate se retrouva coincé entre le mûr de la cuisine et le corps oppressant de Gibbs. Elle répondit à son baiser de toute son âme. Il ne pouvait lui promettre le l’instant présent, parfait ! Elle n’en gâcherait pas une seconde et peut-être, au fils du temps, se créerait-il entre eux quelque chose de plus. Ou peut-être pas. Mais pour l’instant, elle refusait de songer à autre chose qu’au corps qui pesait contre elle et dont la chaleur la brûlait presque.
Une minute plus tard, elle réalisa à quel point un carrelage de cuisine pouvait être froid…

 

SCENE 29.

En début d’après-midi, Faith eut un entretien avec le Dr Plum, l’un des nombreux psychologues que la Marine des Etats Unis engageait pour soutenir ses soldats en cas de crises. La jeune Capitaine n’estimait pas vraiment que sa situation soit une « crises » mais puisque cet entretien lui avait été imputé dans le cadre de sa réinsertion, elle n’avait put y échapper. Et c’est à grands regrets qu’elle avait abandonné Anthony et McGee. L’enquête qu’ils menaient commençait à réellement la passionner et elle aurait aimé continuer d’aider l’équipe. Aussi, à peine fut-elle sortie du cabinet du médecin (dont l’entretien l’avait d’ailleurs mise assez mal à l’aise) qu’elle se précipita au bureau du NCIS.
- Du nouveau ? S’enquit-elle en guise de salut.
- Attends, tu me rappelles vaguement quelqu’un là… Fit semblant de réfléchir Tony sarcastique.
- Non, rien de neuf ! Répondit McGee. Je continue de fouiller dans les antécédents de tous nos protagonistes mais…

Il haussa les épaules en signe d’abandon.
- Des nouvelles de Gibbs et Kate ?
- Hey ! Protesta Tony avec une moue boudeuse. Arrête de te prendre pour Gibbs… ! C’est moi le chef quand le Boss n’est pas là.
- Et bien le Boss est de retour ! Les interrompit la voix ironique de l’intéressé.

L’Agent Gibbs traversa le trio et alla s’asseoir à son bureau le plus tranquillement du monde.
- Purée Gibbs, où est-ce que tu étais ? S’exclama l’ancien policier en tentant de dissimuler son soulagement derrière une fausse colère.

Gibbs ne lui répondit rien mais un étrange petit sourire flotta sur ses lèvres.
- Du nouveau ? Interrogea-t-il en reprenant son professionnalisme.
- La mystérieuse femme rencontrée par Faith est à l’infirmerie du bureau. Annonça DiNozzo. C’était la maîtresse de Ashe et, d’après Ducky, elle est enceinte. Elle affirme que Mme Leight veut la tuer mais elle est incapable d’en fournir la preuve ou de nous donner un mobile.
- OK, alors je vais aller la saluer. Annonça Gibbs en se relevant. Autre chose ?
- Malheureusement non ! Répondit McGee.
- Alors continuez de fouiller…

Et sans une explication de plus, il prit la direction de l’infirmerie.
- Moi je veux bien, soupira McGee, mais je vais commencer à être à court de dossier dans lesquels fouiller…

Les 3 compères restèrent silencieux pendant un moment.
- J’ai une question. Annonça finalement Faith.
- Laquelle ?
- Comment une charmante vieille dame a-t-elle fait pour se procurer de l’Arsenic ?

Nouveau silence. Mortifié cette fois. Pourquoi n’avaient-ils pas pensé à ça plus tôt ? Aussitôt, comme déterminé par un accord tacite, McGee se précipita à nouveau vers son PC et Tony vers le téléphone. Faith hésita un moment puis s’installa devant l’ordinateur de Kate. Quelques minutes plus tard, McGee pouvait déjà leurs faire un topo : L'arsenic, qui est contenu dans les plantes et les animaux, combiné avec du carbone ou de l'hydrogène, donne ce qu'on appelle l'arsenic organique. Tandis que l'arsenic, combiné avec un ou plusieurs autres éléments tels que l'oxygène, le chlore et le soufre, nous donne l'arsenic inorganique. Sous forme organique il est donc beaucoup moins dangereux que sous la forme inorganique. L'arsenic dans le sol peut se retrouver sous forme d'impuretés dans un grain de minerai, d'ion absorbé ou de précipité. Les concentrations d'arsenic dans les roches varient de 0,2 à 15 ppm. L'arsenic provient de la dégradation des roches ou des minéraux qui en contiennent. En conclusion, il est donc impossible pour un particulier ignorant tout de la chimie de fabriquer son propre Arsenic.
- Alors si Beth Leight ne le fait pas pousser dans son jardin, comment diable a-t-elle put en trouver ? S’étonna DiNozzo.

Il venait de raccrocher d’avec Ducky et celui-ci avait confirmé ce qu’il pensait ; À savoir qu’il est également impossible de s’en procurer dans des pharmacies, laboratoires légaux ou apothicaires. Quant au marché noir, l’ancien policier avait beaucoup de mal à imaginer qu’une vieille dame de banlieue puisse y avoir ses entrées…
- Moi je sais ! S’exclama soudain Faith en quittant l’écran du PC de l’Agent Todd.

Ses 2 compagnons se tournèrent vers elle.
- L’arsenic est le principal constituant des poisons en poudre qui servent à occire les rats !
- Hein ? S’étonna Tony. Ca ne peut pas être si simple que ça ?!
- Ces poisons contiennent du trioxyde d’arsenic pour être précise. Lut-elle sur la feuille qu’elle avait imprimée quelques secondes plus tôt. Il prend la forme d’une poudre fine et blanche. Mais on peut aussi le retrouver sous forme de granulés roses ou rouges.
- Peut-être que L’agent Gibbs ou l’agent Todd en ont vu chez Mme Leight en fouillant la maison hier soir ? Suggéra McGee.
- J’appelle Kate. Annonça DiNozzo en saisissant son téléphone portable.
- Pourquoi pas Gibbs ? S’étonna la jeune femme en se tournant vers McGee.
- Règle N°… Euh, je ne me souviens plus du numéro ! Mais en tous cas, l’une des règles de Gibbs est de « ne jamais interrompre un interrogatoire »
- Quoique je ne sais pas si ça vaut quand l’interrogatoire a lieu à l’infirmerie… Nota DiNozzo dans un haussement d’épaule désabusé.

 

SCENE 30.

Kate était sur un petit nuage. Elle avait beau tenté de se raisonner en se rappelant les paroles sensées qu’elle avait prononcé à Gibbs plus tôt dans la journée, ils n’y faisaient rien ! Elle était heureuse et le sourire inconscient qui flottait sur ses lèvres en était la preuve. Elle ne se reprit que lorsque, répondant à un coup de sonnette, elle ouvrit la porte sur la vieille Mme Leight et ses cheveux orange fluo.
- Vous avez retrouvé votre apollon ? S’enquit celle-ci avec malice.
- Oui. Il vient juste de partir au travail…
- C’est étrange mais j’ai du mal à imaginer votre mari dentiste ; Je le verrais plus comme agent secret ou sénateur…! Comment vous êtes-vous rencontré ?
- Au boulot. Je… J’étais l’une de ses clientes.
- Mouais, pas trop romantique tout ça ! Sembla bouder la vieille dame.

Un silence s’installa. Mais même ce moment de gène ne parvint à décrocher le sourire qui illuminait le visage de Kate.
- Je vous offre une tasse de café ? S’enquit-elle poliment en se souvenant qu’elle était là pour enquêter sur cette charmante vieille dame.
- Avec plaisir. Sourit celle-ci en lui montrant le plat de cookies qu’elle tenait entre les mains.

Et les 2 femmes pénétrèrent dans la maison.
A l’étage, le téléphone portable de l’agent Todd vibrait avec insistance mais personne n’était là pour s’en rendre compte…

 

SCENE 31.

McGee, à court de dossiers officiels à étudier, s’était finalement tourner vers les fichiers du Ministère des impôts. DiNozzo lui avait fait remarquer un peu plus tôt que, malgré les moyens de toutes les agences gouvernementales, c’était encore le FISC qui était le mieux informé sur les citoyens américains. L’ancien policier arpentait les locaux du NCIS depuis 10 minutes déjà. Kate ne répondait pas, Gibbs était occupé avec le Quartier-maître Hank et Faith pianotait à nouveau sur le clavier de sa collègue… Et lui s’ennuyait ferme ! Il était en manque d’action et d’intensité. Et le pire dans cette constatation, c’était que Gibbs et ses directives lui manquaient ! Il voulait avoir quelque chose à faire !
- J’ai peut-être une piste ! Signala Faith comme en réponse à ses prières.
- Laquelle ? Interrogea-t-il en se précipitant à ses côtés.
- Il y a 8 ans, Mme Leight habitait à Washington. Hors, les archives de la Police de Washington indiquent que peu avant la date de son déménagement, une certaine Mme Hamasaki, vivant dans le même lotissement, est morte assassinée.
- Elle l’aurait tué ?
- Non. L’assassin a été arrêté 2 jours après les faits. Il s’agissait d’un dénommé Peter Lewis. D’après le dossier de l’enquêteur, Peter Lewis était le fils d’une autre famille du lotissement. Il avait 17 ans au moment des faits…
- Quels rapports ? S’étonna DiNozzo.
- Rappelles-toi ce qu’à dit Abby au sujet de la chartre de propriété liant sa maison actuelle : Ni famille nombreuse, ni célibataire… Je ne sais pas ce que ça veut dire mais…
- Mme Leight a déménagé à la suite du meurtre d’une de ses voisines. Récapitula Tony à voix haute. Et voilà que maintenant, elle vit dans un lotissement qui refuse que les circonstances qui ont entouré ce premier meurtre puissent se reproduire.
- Ce n’est pas un peu trop beau ? S’interrogea Faith sarcastique. Combien de chance avait-elle de trouver un lotissement qui ait exactement ce genre de chartre ?
- Qu’est-ce que tu veux dire ? Qu’elle l’aurait inventé ?

Faith haussa les épaules ; Elle n’en savait rien. Mais quelque chose continuait de clocher dans cette histoire.
- Alors ? Qu’est-ce qu’on fait ? Questionna-t-elle.

Tout comme DiNozzo, l’inactivité la tuait…
- On pourrait toujours aller interroger Peter Lewis. Suggéra-t-il.
- Adjugé ! Lança la jeune femme précipitamment.

Et le même sourire sur les lèvres, les 2 amants quittèrent le bureau après avoir charger McGee d’expliquer leurs absences à Gibbs lorsqu’il reviendrait.

 

SCENE 32.

Peter Lewis était n’avait pas été très communicatif ; Il avoua se souvenir vaguement d’une voisine nommé Mme Leight mais n’avait jamais entretenu de relation avec elle. Il ignorait quelles avaient été les réactions de cette dernière face à son acte et s’en moquait. Il ne savait rien à propos de la vie que menait actuellement la vieille dame et s’en moquait. En fait, il se moquait de beaucoup de chose sauf de savoir si Faith accepterait de le rejoindre dans sa cellule. Et les mots qu’il employa pour l’y inviter furent encore moins glamour que l’idée elle-même. DiNozzo avait été à 2 doigts de lui sauter à la gorge.
- Charmant garçon ! Commenta Faith alors que Tony et elle quittaient l’établissement pénitentiaire. Tu crois ce qu’il a dit ?
- A propos de ses envies de cellule partagée ?
- A propos de Beth Leight.
- Oui, je le crois. A propos des 2 ! Admit-il dans une grimace hargneuse.

Faith retint un sourire devant la jalousie manifeste de Tony. Mais brusquement, elle eut un pincement au cœur. Il semblait s’être abandonné tellement vite à leur idylle qu’elle craignit pour ses sentiments. Alors seulement elle réalisa qu’elle devait lui parler et que cet instant était peut-être le moment opportun.
- Tu… Tu te souviens que c’est après-demain que je retourne à Cleveland ? Interrogea-t-elle doucement.

La spontanéité de Tony disparut immédiatement. Ses grimaces comiques laissèrent place à une expression de profonde blessure. La tristesse qui venait d’envahir ses traits, c’était exactement cela que Faith avait cherché à éviter en le rappelant à la réalité. Mais voilà qu’il les lui offrait avec le naturel qui était le sien et immédiatement, Faith douta de ses résolutions.
- Tu es sure de ne pas vouloir rester ? Interrogea-t-il.
- Je ne peux pas…

Faith détourna les yeux. Elle savait pertinemment quelle peine elle infligeait à son amant. Mais elle savait aussi que, tout comme elle, il n’était pas encore prêt à s’engager dans une relation quotidienne. Certes, elle aurait put décider de rester ; Mais elle ne risquerait pas ses sentiments pour Tony pour une faiblesse passagère. Jamais. Si rester à Washington devait lui coûter l’affection de l’ancien policier, malgré la déchirure, elle préférait encore partir…
Mais la douleur qui lui broyait la poitrine ne semblait pas partager l’avis de sa raison. Elle avait de plus en plus de difficulté à respirer librement. Un nouvel étau vint lui étreindre le cœur.
- Faith ? S’inquiéta le jeune homme.

Le Capitaine Rinehart revint brusquement à la réalité. Elle esquissa un sourire et, devant les yeux naïvement malheureux de Tony, alla déposer un baiser furtif que sa joue.
- Je suis navrée ! Chuchota-t-elle.

Et rapidement, elle tourna les talons, mettant fin à la conversation, et s’élança vers la voiture qu’ils avaient garée en face du pénitencier. Son courage l’abandonnait et elle savait que si elle devait encore faire face à Tony, elle allait se mettre à pleurer et ne trouverais plus la force de faire ce qui était bien pour eux deux.

Le trajet de retour se fit en silence. DiNozzo aurait put protester. Il savait pertinemment quels sentiments Faith Rinehart lui inspirait. Et il avait conscience de ceux qu’il lui inspirait. Mais il savait également que, malgré cela, la brusquer signifierait la perdre. C’était cette même raison qui l’avait poussé à la laisser s’en aller à la fin de leurs années de lycée. A cet époque, il partageait son sentiment : Celui d’être si certain d’avoir trouvé son âme sœur que cela en devenait effrayant parce qu’effaçant toutes autres possibilités. Mais aujourd’hui, il se dit que si Faith devait être la dernière femme qu’il devait aimer, alors il serait heureux. « Mais visiblement, elle ne partageait pas ses certitudes ! » Regretta-t-il tristement et sans amertume, simplement navré à l’idée de la voir souffrir des mêmes peurs que celles qui l’habitaient déjà 14 ans plus tôt.

Et c’est triste pour les tourments insurmontés de sa compagne qu’il fixait obstinément la route.
Et c’est triste pour le sentiment de trahison qu’il devait ressentir que Faith fixait obstinément la route.

 

SCENE 33.

Kate découvrit très rapidement que Beth Leight était, finalement, comme toutes les vieilles dames. Une fois qu’elle avait commencé à parler, il était très difficile de l’arrêter. L’Agent du NCIS en avait pour preuve les 40 minutes pendants lesquelles sa voisine lui avait raconté sa vie d’un bout à l’autre.
- Désolée, je parle, je parle ! S’excusa Mme Leight dans un sourire.
- Ne vous inquiétez pas de ça. La rassura Kate. J’ai toute la journée pour moi…

L’ancien agent des Services Secrets avaient vraiment du mal à considérer sa voisine comme la suspecte d’un meurtre. Aussi, lorsque Beth Leight lui demanda si elle pouvait utiliser les toilettes, Kate les lui indiqua spontanément. Ce n’est qu’en regardant la vieille dame se levé de table qu’elle se souvint que son arme et sa plaque étaient cachées derrière la chasse d’eau.
Mais il était trop tard pour trouver une excuse. Et Beth Leight s’enferma dans les W.C.

Elle ressortit quelques minutes plus tard, aussi naturelle et aimable qu’une heure plus tôt. Kate en conclue avec soulagement qu’elle n’avait pas découvert sa véritable fonction et poussa un soupir de soulagement. Il fallait vraiment qu’elle se concentre et se force à être plus professionnelle ! S’encouragea-t-elle mentalement.
- Puisque vous m’avez dit que votre mari ne rentrerait qu’après le dîner, que diriez-vous de venir dîner chez moi ? L’invita gentiment la vieille dame…

 

 

SCENE 34.

- Oh là ! Vous, vous avez la tête de personne qui n’ont rien trouvé… Nota Abby en voyant les visages sombres de DiNozzo et le Capitaine Rinehart alors qu’ils revenaient du pénitencier où Peter Lewis était détenu.
- Ce type est une belle pourriture. Mais ce n’a pas vraiment été une révélation ! Lança Tony d’un ton plein d’humour. Bref, on a fait le voyage pour rien ; On a rien apprit !

Un peu en retrait derrière lui, Faith nota avec un pincement au cœur le sourire forcé qui étirait les lèvres de l’ancien policier. Il n’avait pas vraiment été communicatif durant le trajet de retour et la jeune femme se demandait avec de plus en plus de doutes si elle prenait effectivement la bonne décision en quittant Washington.
- Et de votre côté ? Interrogea DiNozzo. Du nouveau ?
- Oh que oui ! Sourit franchement Abby.

Debout devant le bureau de McGee, elle revêtait encore la combinaison orange fluo nécessaire lorsqu’elle quittait son laboratoire pour l’entrepôt. Tony et Faith attendirent que la jeune laborantine se décide à partager ses trouvailles mais celle-ci profita un instant du suspense dont elle détenait les clefs.
- La voiture de Suzanne Ash avait effectivement été trafiquée. Annonça innocemment McGee depuis son bureau.
- McGee ! S’exclama Abby fâchée de se voir voler son effet dramatique.
- Trafiquée ?
- Oui, reprit la laborantine, soudain redevenue sérieuse. J’ai découvert que l’intérieur des écrous de la roue avant gauche avait rouillés… La roue qui est censée avoir éclaté accidentellement…
- Et alors ? S’étonne Tony. Qu’est-ce que ça prouve ?
- Ca prouve, mon cher Tony, qu’ils sont entrés en contact avec l’eau du fleuve…

DiNozzo secoua la tête, ne comprenant décidément pas où la jeune femme voulait en venir.
- Réfléchis ! Le supplia Abby dans un soupir faussement désespéré. Si l’eau a put s’infiltrer entre les écrous, c’est qu’ils ont été vissés alors que la voiture était déjà dans l’eau ou du moins, avait été mouillées…
- Vous pensez, intervint Faith, que le Major Ashe et Alysson Hank avaient trafiqué la roue gauche et qu’ils l’ont changé avant que la police ne l’examine ?
- Quelque chose comme ça oui !
- Ca ne pourrait pas venir de la pluie ? Interrogea DiNozzo septique.
- Cher septique, Soupira Abby, l’eau de pluie ne fait pas rouiller les pièces d’une voitures a cette vitesse. Seule de l’eau salée peut le faire… Je suis vexée que tu ne me croies pas sur parole…

Abby afficha une moue boudeuse et triste. Tony eut un sourire affectueux et vint ébouriffer avec désinvolture la frange de la jeune femme.
- Allons, tu sais bien que je te croirais même si tu me disais que tu débarques de Mars !
- C’est peut-être le cas ?! Suggéra-t-elle dans un sourire énigmatique.
- Il faut prévenir Gibbs. Signala McGee.
- Quoi ? Que Abby vient de Mars ? Ironisa DiNozzo.
- Non, que Alysson Hank est peut-être coupable d’un meurtre.
- Il est toujours en salle d’interrogatoire avec elle ?
- Oui, ça fait bientôt 2 heures… Nota Abby. Qu’est-ce qu’il peut bien raconter à cette pauvre femme ?

 

SCENE 35.

Lorsque les découvertes d’Abby lui furent communiquées, il ne fallut que 10 minutes à Gibbs pour obtenir des aveux de Alysson Hank. Oui, le Major Ashe et elle étaient responsables de l’accident de Suzanne Ashe. Le Major avait tiré dans le pneu de la voiture de sa femme alors que celle-ci s’engageait sur le Pont de Westlake. Une fois le véhicule submergé, Suzanne Ashe, qui attendait à quelques brasses de là, n’avait plus eut qu’à changer la roue avant que les secours n’arrivent. Elle était ressortie à quelques kilomètres de nages plus loin, le pneu portant la preuve de leur crime avec elle. Alysson Hank supplia encore qu’on lui fournisse la protection rapprochée qu’elle réclamait depuis des heures.
- Ne vous inquiétez pas ! Lança Gibbs en ouvrant la porte de la petite salle d’interrogatoire. Si Mme Leight veut réellement vous tuer, vous venez de vous trouver la meilleure des protections : la prison à vie !

Et il claqua la porte. A l’extérieur de la salle d’infirmerie, toute son équipe (et le Capitaine Rinehart) patientaient… avec impatience.
- Des nouvelles ? Interrogea-t-il à peine la porte franchie.
- Non. Avoua McGee.
- Des nouvelles de Kate ?
- Tu crois que la vieille folle pourrait lui avoir fait quelque chose ? Grimaça Abby.

Gibbs ne prit pas la peine de répondre. Il Saisit son téléphone portable et composa le numéro de l’Agent Todd. Mais après de longues minutes de sonneries ininterrompues, il raccrocha furieusement. Son estomac se serrait douloureusement.
- Je vais sur place. Les Informa-t-il sèchement.

Personne, parmi le petit groupe qui le suivait, ne songea à lui demander quelles étaient ses intensions quant au sort de Mme Leight.

 

 

SCENE 36.


- Et bien Mademoiselle Hank, Comment vous sentez-vous ? Interrogea Ducky en retrouvant sa patiente à l’infirmerie, quelques minutes après le départ de Gibbs.
- Je ne veux pas aller en prison. Pleurnicha-t-elle. Je ne veux pas élever mon bébé en prison…
- Ah ça, très chère, il fallait y songer avant d’assassiner la femme de votre amant.

Les larmes de la jeune femme redoublèrent.
- Allons, allons… Tenta de la réconforter Ducky. Il n’y a plus rien que vous puissiez faire à présent. Faites-vous une raison ; Toutes ces émotions ne sont pas bonnes pour votre bébé…

Soudain, Alysson Hank sembla prise de haut de cœur. Précipitamment, le Docteur Malard voulut l’aider à gagner la petite salle de bain qui occupait l’angle ouest de la salle d’infirmerie. Mais il réalisa, en l’aidant à se lever, que son poignet était menotté au lit.
- Soldat ! Cria-t-il en direction de l’homme qui montait la garde devant la pièce.

L’officier hésita une seconde. Puis il se précipita auprès du Docteur Mallard pour aider la future mère.

 

SCENE 37.

Beth Leight était une excellente cuisinière. Remarqua Caitlin en observant la vieille dame s’activer à préparer le dîner. L’image de cette énergique septuagénaire la fit doucement sourire. Si dans 40 ans, elle pouvait ressembler à cette charmante dame, Kate se considèrerait satisfaite. « Bon, la suspicion de meurtre en moins ! » Songea-t-elle non sans ironie.
- Pouvez-vous me passer le saladier qui se trouve dans le buffet du salon ? Demanda Mme Leight, la sortant ainsi de sa douce rêverie.
- Bien sur ! Fit Kate en bondissant de la chaise d’où elle observait sa compagne.

L’agent Todd trouva le saladier demandé et regagna la cuisine. Une douce odeur de foie à l’ail emplissait la pièce. En apercevant le plat appétissant qui mijotait dans la poêle, Kate se surprit encore une fois à envier la vielle dame. Elle aurait aimé savoir cuisiner comme ça… Peut-être en prévision d’un dîner romantique… Peut-être pour quelqu’un à qui elle tenait… ?
Elle se reprit en secouant la tête. « Ne joues pas les écervelée ! S’intima-t-elle. Gibbs et toi n’en êtes pas encore là ! »

 

 

SCENE 38.

L’air affolé, Abby se précipita en courrant vers le bureau de Tony. Il était en train de taper sur le clavier de son ordinateur. Probablement son rapport à propos de l’arrestation d’Alysson Hank ! Avait supposé McGee, assis au bureau de Kate.
- Tony ! Cria la jeune laborantine.

L’ancien policier releva la tête, surprit par une panique qu’il avait rarement vue chez Abby.
- Qu’est-ce qui se passe ? Interrogea-t-il lorsque la jeune femme fut devant son bureau toute essoufflée.
- C’est Ducky. Il y a un problème !
- Mais encore ?
- Alysson Hank. Elle a volé l’arme du soldat qui la surveillait et elle a prit Ducky en otage.
- Quoi ? S’exclama l’ancien policier en se levant d’un bond.
- Ils sont en train d’essayer de quitter le bâtiment…

 

SCENE 39.

« Allons, tenta de se rassurer Gibbs alors qu’il roulait vers Dale City pied au planché, Kate était une jeune femme intelligente ! Jamais elle ne se laisserait berner par un suspect. Même si ce suspect avait l’apparence d’une charmante vieille dame ! »
Alors pourquoi le poids qui pesait sur son estomac refusait-il de le quitter ? Il avait la sourde appréhension - Non, l’intuition – que quelque chose d’irréfutable allait arriver. Il écrasa la volant entre ses mains…

Il se surprit à prier un Dieu dans il n’était pas certain de croire. « Mais pitié ! Murmura-t-il pour lui-même. Faites qu’elle soit vivante ! »

 

SCENE 40.

Le goût de l’ail qui assaisonnait le dîner de Mme Leight ranima les souvenirs de Kate dès qu’elle en eut avalé la première bouchée. « L’odeur caractéristique d’ail, qui accompagne toujours ce poison, … » Avait dit Ducky lorsqu’il avait découvert que le Major Ashe avait été tué à l’aide de cyanure. « Etait-ce une simple coïncidence ? » L’agent spécial du NCIS avait du mal à le croire.
Mais pourtant, elle n’avait pas quitter Beth Leight une seule minute pendant que cette dernière préparait le repas. Kate hésita un long moment…

 

SCENE 41.

Faith Rinehart était descendu acheter 3 gobelets de café pour ses compagnons et pour elle. Et bien que le Starbuck ne soit qu’à une rue des locaux du NCIS, elle n’avait pas eut la patience d’attendre et avait entamé le sien. Tony et McGee lui pardonneraient lorsqu’ils auraient les leurs entre les mains ! Songeait-elle, chassant sa culpabilité d’un revers de la main imaginaire. Elle savourait son premier instant de solitude depuis ce qui lui semblait être une éternité lorsqu’une agitation, devant elle, la tira de ses pensées.
Intriguée, elle traversa la rangée de curieux qui commençait à se former. Et, stupéfaite, elle reconnut Alysson Hank qui sortait des bureaux fédéraux en maintenant devant elle le Docteur Mallard. Elle lui pointait un revolver contre la tempe.
- N’avancez plus ! Cria-t-elle, visiblement au bord de l’hystérie.

A sa suite, sortirent en courrant Tony, McGee, Abby et les agents de la sécurité. La majorité d’entre eux braquaient leurs armes vers la fugitive.
- Vous ne pouvez pas vous enfuir. Tenta de la calmer DiNozzo. Relâchez Ducky !
- Vous pouvez toujours courir ! Répliqua-t-elle d’une voix étranglée. Je veux un véhicule et je veux qu’on me laisse partir, je veux qu’on me laisse tranquille…
- Vous avez tué une femme. Je ne peux pas faire ça !

Le Capitaine Rinehart hésita une seconde. Mais l’occasion était trop belle ! Alysson Hank lui tournait le dos, toute obsédée qu’elle était par Tony et ses compagnons. Faith posa ses commissions sur l’un des bancs qui parsemaient le parc du NCIS et vint se placer derrière le Quartier-Maître. La fugitive ressentit sa présence mais trop tard : Faith lui avait déjà arraché l’arme des mains et repoussaient loin d’elle son otage.
Il fallut une seconde à Alysson Hank pour réaliser qu’elle venait de perdre sa dernière chance. Mais lorsque l’idée eut pénétrée son esprit, elle fut prise d’une rage hystérique. Elle hurla et se jeta sur Faith les griffes en avant. Les 2 Marines roulèrent à terre. La force du Quartier-maître, décuplée par la folie, prit le Capitaine Rinehart au dépourvu et lorsque leur affrontement les fit heurter le muret de pierres qui encerclait le parc, Faith sentit son cœur imploser. La douleur fut si violente et si soudaine que la jeune femme en resta pétrifiée ! Elle ne pouvait plus respirer, ne pouvait plus bouger, ne pouvait plus songer à rien d’autre qui soit l’épée qui s’enfonçait dans sa poitrine…
- Faith ! Hurla Tony en réalisant que son amante avait cessé de se défendre.

McGee et les agents de sécurité se chargèrent d’Alysson Hank. En une minute, elle fut menottée et tenue loin du Capitaine Rinehart. Abby s’était précipité vers Ducky et le serrait à présent entre ses bras.
- Faith ! Cria à nouveau DiNozzo alors qu’il venait de tomber à genoux à ses côtés.

Mais la jeune femme restait prostrée à terre. Repliée en position fœtale, une main agrippant le tissu de sa chemise au niveau de son cœur, les yeux révulsés, elle cherchait désespérément à aspirer une bouffée d’air.

 

SCENE 42.

Les pneus de la voiture dérapèrent dans un hurlement aigu lorsque Gibbs se gara brusquement en travers de l’allée du 532, Desery Road. Arme au poing, il pénétra dans la maison. Elle était vide. Il ne trouva que téléphone portable de Kate, oublié sur le lit à l’étage. Il se précipita dans la maison voisine. D’un coup de pied, il fit voler la porte d’entrer en éclat. A l’intérieur, le spectacle le plus étrange s’offrait à lui… Et le plus rassurant aussi ! L’agent Todd était vivant. « Vivante mais dans une bien étrange situation ! » Nota-t-il presque amusé maintenant que le soulagement l’avait libéré du poids qui l’empêchait de respirer librement à peine une minute plus tôt. La vieille dame, que quiconque aurait qualifié de « charmante » jusque là, s’était jeté sur Kate.
- Mais vous allez avaler ça ! Hurlait-elle dans une rage furieuse.

Elle lui tendait une chose rendue indéfinissable tant ses mains étaient crispées. Et Kate, dans un effort que la stupeur rendait rigide, tentait de se dégager de l’emprise de la vieille dame.
- Mais qu’est-ce qui se passe ici ? Interrogea Gibbs en rengainant son révolver.

 

SCENE 43.

La chambre d’hôpital ressemblait douloureusement à celle qui avait abrité le Capitaine Rinehart à Cleveland quelques mois plus tôt : vide, blanche et trop lumineuse… Le même bip régulier emplissait le silence de son écho angoissant. Complètement en dehors de la réalité, Tony conservait au creux de ses mains celle inerte de la jeune femme comme le plus précieux des trésors. Dans l’ambulance qui la conduisait au Washington Hospital Center, elle avait fait un arrêt cardiaque. 74 secondes durant lesquelles l’ancien policier avait entrevu l’existence qui l’attendait si il la laissait sortir de sa vie. Lorsque le cœur de Faith était repartit, le sien avait fait de même. Il avait alors sut qu’il était hors de question qu’ils soient séparés à nouveau (dut-il pour cela l’enchaîner dans son appartement !).
Un toussotement, à la porte, le tira de ses pensées. Derrière le médecin qui avait examiné Faith à son admission, Ducky et Abby levait vers lui un même regard navré. Il esquissa un sourire.
- Vous êtes de la famille ? Interrogea le Docteur.
- Oui. Répondit DiNozzo sans une hésitation.
- Alors j’espère que vous remettrez les idées en place à cette jeune écervelée ! S’exclama l’homme en blanc visiblement énervé.

Tony et ses amis en restèrent interdit.
- Hein ?
- Votre amie a faillit mourir… Non, elle EST cliniquement morte pendant un instant… Et ça, simplement parce qu’elle n’a pas prit les cachets que lui a prescrit mon collègue de Cleveland. Son inconscience a faillit lui coûter la vie !
- Hein ?
- Ces cachets, commença le médecin, ont pour effet de facilité la circulation du sang dans le muscles cardiaque lorsque l’individu, en l’occurrence Mlle Rinehart, est exposé à une certaine pression. Si votre jeune amie avait respecté les consignes de son chirurgien, rien de tout cela ne serait arrivé…

Les 3 amis tournèrent les yeux vers la jeune endormie. Et comme sentant la stupeur de ses compagnons, c’est le moment qu’elle choisit pour doucement ouvrir les yeux.
- Quoi ? Demanda-t-elle en constatant que tous les regards étaient posés sur elle, et de manière très peu compatissante.

Tony soupira, puis se laissa choir dans le fauteuil. Il abandonna les doigts de Faith et se prit le crâne entre les mains.
- Je crois que nous devrions aller chercher quelques tasses de cafés. Suggéra Ducky.
- Bonne idée ! Approuva vivement Abby.

Le médecin se contenta de secouer la tête, mi-agacé, mi-navré, avant de sortir de la chambre. Ducky et Abby le suivirent aussi rapidement que possible.
- Elle va se faire passer un savon ! Fit remarquer Abby dans un petit sourire.
- Il y a de quoi ! Répondit Ducky plus sérieux.

Le soupir de DiNozzo avait été suivit, plus discrètement, par celui de Faith. Elle était vivante ! Mais, la douleur avait été tellement prenante… Elle avait réellement crut mourir cette fois !
- Imbécile ! Crut-elle entendre murmurer Tony.

Il avait l’air épuisé. Nota-t-elle brusquement. Elle passa une main dans les cheveux broussailleux de son amant. Ils restèrent silencieux un très long moment…

Puis, semblant enfin revenir à la vie, Tony se leva et se mit à arpenter la pièce de long en large sous le regard intrigué de sa compagne.
- Qu’est-ce qui se passe Tony ? Interrogea finalement la jeune femme, sentant que la nervosité de son amant n’avait rien à voir avec son propre état de santé.
- Le Docteur dit que si ton cœur à lâcher, c’est parce que tu as oublié de prendre les médicament qui t’ont été prescrit…

Faith Rinehart se mordilla la lèvre. Tony avait toutes les raisons d’être en colère. Elle s’était elle-même reprochée, depuis des jours, de ne pas prendre le temps d’avaler ses comprimés. Mais jamais elle n’aurait songé que cela puisse entraîner d’aussi graves – et douloureuses – conséquences. Elle aurait put s’excuser, songea-t-elle, mais elle doutait que cela change quelque chose… au contraire !
- Je n’ai pas appelé tes parents. Continua DiNozzo. Tu veux que je le fasse ?
- Non. Ce n’est pas la peine de les inquiéter pour rien.
- Pour rien ? Répéta Tony amèrement.

Encore une fois, Faith préféra garder le silence. Malgré la douleur physique poignante qu’elle avait ressentit, elle avait le sentiment que c’était Tony qui avait le plus souffert de son « accident ».
- Le médecin dit que tu pourras sortir après une nuit d’observation… Reprit l’ancien policier d’une voix presque absente.
- D’accord ! Fut tout ce que la jeune femme trouva à répondre.
- Tu comptes toujours rentrer à Cleveland ?

Faith ne sut que répondre. Et, alors qu’un nouveau silence s’installait, Tony, les mains dans les poches de son blouson, jouait nerveusement avec le tissu de son vêtement.
- Parce que… Continua-t-il d’une voix enrouée, si ce n’est pas le cas, j’ai une proposition à te faire…

Il sortit de sa poche droite une petite boite de velours. Faith en resta stupéfaite et interdite.
- Tu… Tu me demandes de t’épouser ? Interrogea-t-elle, abasourdie, d’une voix à peine perceptible.
- Oui.

Faith dut faire un effort pour retrouver sa respiration. Et son trouble n’avait rien à voir avec son muscle cardiaque défaillant…
- Faith, Reprit finalement Tony d’une voix plus assurée. Je t’aime. Je ne te laisserais plus me quitter ; C’est une erreur que j’ai déjà faites trop souvent ! Je t’aime et je veux me réveiller tous les matins à côtés de toi, je veux te faites des enfants, je veux subir ton sale caractère jusqu’à la fin de ma vie, je veux savoir que tu seras dans mon appartement quand j’y rentrerais le soir… même si c’est pour avoir à goûter à ton épouvantable cuisine, Je veux… Je veux…

DiNozzo ne put finir. Ses esprits s’embrouillaient et il n’était pas certain de ne pas se rendre complètement ridicule.
- Je te veux dans ma vie pour le restant de mes jours, je te veux à moi ! Avoua-t-il avec un sourire presque navré.

Alors seulement, il réalisa que les yeux de Faith étaient noyés de larmes. Elle s’était trompée ! Depuis toujours, elle s’était trompée sur les sentiments de Tony. Elle avait crut, depuis leurs adolescences, qu’il avait les même peurs qu’elle, les mêmes doutes, la même terreur qui étreignait son cœur… Et voilà qu’elle découvrait qu’il était prêt à tout risquer pour elle, qu’elle était la seule à rester faible et qu’il voulait d’elle pour le restant de leurs vies…
- Tu veux te marier avec moi ? Répéta-t-elle, toujours aussi peu certaine d’avoir bien comprit.
- Je veux vieillir avec toi…

Les larmes de la jeune femme redoublèrent.
- Faith, Est-ce que… Est-ce que tu pourrais répondre quelque chose… s’il te plait ?

Un sourire resplendissant chassa les larmes du visage du Capitaine Rinehart et Tony sut qu’il passerait tous les jours de sa vie à, selon leurs humeurs, choyer ou à détester cette femme…

 

SCENE 44.

- Qu’est-ce qu’il fait ? Interrogea Kate.

Une heure auparavant, alors qu’ils ramenaient Beth Leight aux bureaux du NCIS afin de l’interroger, Kate et Gibbs avaient apprit la tentative d’évasion d’Alysson Hank et le départ précipité du reste de leur équipe pour le Washington Hospital Center. Ils avaient croisé Ducky et Abby, dans le Hall de l’établissement. De rapides résumés des derniers évènements avaient été échangés puis Kate et Gibbs s’étaient lancés à la recherche de DiNozzo et de Faith. Ils s’étaient brusquement interrompus lorsqu’ils avaient découvert, à travers la vitre d’observation de la chambre d’hôpital, Tony, un genou à terre, en train de passer une bague à l’annulaire du Capitaine Rinehart.
Gibbs ne répondit rien mais Kate l’entendit doucement rire dans son dos. « Tony fiancé ? » Cette image avait du mal à prendre un aspect réel dans l’esprit de la jeune enquêtrice. Et soudain, Gibbs, passant un bras de chaque côté de ses épaules, vint s’appuyer contre la vitre. Il posa son menton aux creux du cou de la jeune femme. Le cœur de Kate s’accéléra…
- Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ? Interrogea-t-il.

Kate ne sut jamais si c’était de Tony et Faith dont il parlait. Ou d’eux ?

 

SCENE 45.

5 minutes plus tard, tous étaient réunit autour du lit d’hôpital du Capitaine Rinehart. « Une étrange habitude ! » Avait fait remarqué Ducky en se rappelant que leur enquête à Cleveland qui avait finit de la même manière.
L’annonce de « l’heureuse nouvelle » avait rapidement été faites et, stupéfaite, le Capitaine Rinehart avait apprit que Tony avait sa bague de fiançailles dans sa poche depuis le début de la semaine. Sa grand-mère italienne la lui avait faite parvenir à sa demande le jour qui avait suivit la réapparition de Faith Rinehart.

Puis les esprits s’étaient à nouveau tournés vers les derniers évènements de l’enquête…
- Attends que j’essais de comprendre, Répéta DiNozzo ahuri, Beth Leight a assassiné le Major Ashe parce qu’il troublait son petit monde idéal ?
- C’est ça ! Admit Gibbs.
- A la suite de l’assassinat de sa voisine, il y a de cela 8 ans, Intervint Kate, Beth Leight, plus ou moins traumatisée, a acquit un pâté de maison dont elle a elle-même établit les règles. Elle vécut dans son petit monde aseptisé jusqu’à ce qu’elle découvre que son voisin, notre Major Ashe, venait de faire assassiné sa chère et tendre épouse.
- Et elle l’a empoisonné parce que ? Questionna Abby.
- Parce qu’il troublait son image du bonheur paisible… Et elle a voulut m’empoisonner parce qu’elle avait découvert que j’étais agent fédéral et que je risquait moi aussi de gâcher son oeuvre.
- C’est dingue ! Cette bonne femme est complètement dingue ! S’exclama DiNozzo

Il serra d’avantage la main de Faith, comme si c’était elle qui avait faillit mourir empoisonnée. Son geste arracha un sourire attendrit à la jeune femme.
- Qui peut dire de quoi dépend le bonheur de chacun ? Emit Gibbs avec un sourire énigmatique…

Dans son dos, ses doigts effleuraient doucement le bras dénudé de l’agent Todd. La jeune femme sourit elle aussi…

 

THE END.

 

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