Cette soirée prenait une tournure des plus inhabituelles mais Kate le voulait ainsi: elle referma la porte de son appartement après y être seulement revenue une dizaine de minutes pour se changer.
Elle avait mis un pantalon noir en crêpe assorti à un t-shirt dont le col était orné de dentelle et elle avait enfilé par dessus une chemise en soie dans un joli ton marron glacé et un petit manteau court noir en drap de laine: elle aimait ses matières confortables et sensuelles et cette tenue en particulier parce qu'elle se sentait à l'aise et belle lorsqu'elle la portait.
C'était comme un besoin de changer de peau: c'est aussi pour cela qu'elle se démaquilla et qu'elle lâcha ses cheveux..
Elle regarda sa montre: 22h37. Elle savait que pour un agent du NCIS qui avait besoin de toute sa concentration, ressortir le soir après une journée d'enquête et avant d'en commencer une autre n'était pas raisonnable mais comme elle essayait de rester raisonnable les trois quarts du temps, elle n'avait pas envie de l'être ce soir. Pourtant, elle ne prenait pas son travail à la légère: elle le considérait même comme essentiel à sa vie et c'était loin d'être seulement financier d'ailleurs, elle ne gagnait pas des milles et des cents mais ça lui était égal ; elle aimait ce qu'elle faisait et cela en grande partie aussi parce qu'elle aimait l'équipe dont elle faisait à présent partie.. grâce à un homme.
Gibbs, son nom revenait si souvent à son esprit. Il était techniquement son patron mais elle n'arrivait pas vraiment à le considérer comme tel car le plus étrange, c'était que même s'il lui mettait parfois une certaine pression lors des enquêtes et pas seulement à elle d'ailleurs, il bousculait parfois un peu aussi Tony, Abby, Ducky et McGee mais elle ne le voyait pas comme un petit chef: c'était un homme foncièrement droit qui se méfiait trop des hommes avides de pouvoir pour essayer d'en devenir un; il était l'opposé d'un hypocrite et les règles qui semblaient le plus compter pour lui semblaient être les valeurs morales qu'il avait sans être pour autant puritain. Elle partageait ces valeurs avec lui et elle espérait déjà avoir son respect: elle le recherchait. Elle chérissait sa confiance et craignait donc plus que tout de la perdre. Car il avait déjà la sienne mais n'avait-elle pas le droit d'espérer plus ?
Elle ne connaissait l'homme qu'au travers de l'agent.
Elle se demandait ce qu'il penserait du fait qu'elle ressorte ? l'idée qu'il pourrait l'engueuler comme une petite fille l'agaçait car pour elle leur différence d'âge n'avait pas la moindre importance, et à chaque fois qu'elle croisait son regard, elle l'oubliait surtout lorsqu'il la regardait de cette manière si particulière qui la "clouait" sur place au plus doux sens du terme. C'était comme un code, un message secret… indéchiffrable au premier abord mais qui semblait vouloir dire tant de choses en fait: c'était tout Gibbs - n'espérez pas le cerner trop vite, il vous déroutera plus d'une fois mais une fois que vous le connaîtrez mieux, vous ne regretterez pas d'avoir essayé de regarder au-delà des apparences - ; cela était vrai pour beaucoup de gens, en fait elle le savait, mais particulièrement pour lui parce qu'il semblait s'être construit une carapace oui, il n'y avait pas d'autre mot , qui le rendait parfois indéniablement difficile à aborder.
C'était étrange: Kate réalisa que ce désir qu'elle avait parfois de sortir comme ça sans réfléchir… d'être pour une fois moins cérébrale.. pouvait ressembler à une fuite par rapport à ce qu'elle ressentait même si elle n'avait aucun envie de fuir en fait; de toutes façons , il était toujours là en pensée.. sa voix, l'image de son visage, de sa silhouette lui revenaient si souvent à l'esprit que c'en était presque obsédant mais c'était alors la plus douce de ses obsessions. Elle se demandait souvent s'il en était de même pour lui, si elle avait raison de croire en son intuition, son instinct qui lui disait qu'il y avait un espoir .. qu'il ressentait plus pour elle que de l'amitié mais parfois, comme ce soir, ses doutes reprenaient le dessus et elle ne savait plus quoi penser..
Lorsqu'elle sortit de son immeuble, il lui sembla que quelqu'un l'observait, elle n'avait gardé que son portable et son "Palm top" et elle n'avait pas d'arme; en tant qu'agent, elle suivait un entraînement nécessaire qui faisait qu'elle était capable de se défendre mais là, étrangement, même si elle restait toujours sur ses gardes, il ne lui semblait pas que cette présence qu'elle ressentait était dangereuse.. se pourrait-il même que.. non, elle se dit qu'elle divaguait vraiment en imaginant que cela pourrait être lui.. qu'il chercherait à la voir même après le travail..
Et pourtant, l'intéressé aurait eu du mal à nier que c'était exactement ce qu'il était en train de faire et d'ailleurs, il n'en revenait pas encore lui-même d'avoir suivi Kate déjà jusqu'à chez elle et d'avoir autant envie de continuer que de sortir tout de suite de cette voiture et d'aller vers elle maintenant car il se sentait stupide presque pitoyable de faire ça.. et surtout mal à l'aise de lui faire peur si elle le découvrait. Mais il avait presque plus peur encore de lui parler et de l'idée qu'elle puisse ne pas ressentir la même chose que lui. Car oui, il était tombé amoureux d'elle: il ne pouvait dire si c'était un coup de foudre ou pas; il n'avait jamais été très à l'aise avec les mots d'amour mais peut-être aussi parce qu'il n'avait jamais eu autant envie d'en dire.. d'essayer de parler pour une fois, d'exprimer tout ce qu'il n'osait plus montrer depuis ses trois divorces. Trois petits mots revenaient sans cesse à son esprit et il n'aurait pu dire combien de fois il avait eu envie d'embrasser, de serrer dans ses bras cette femme brune qu'il regardait ce soir comme protégé par l'intimité relative de la voiture de location qu'il avait réservée pour venir jusqu'ici.
Il la vit remonter dans la voiture qu'elle avait louée elle aussi pour venir travailler ce matin. Pour ne pas trop la perdre de vue dans le dédale des petites rues du quartier où elle habitait, il ne pouvait se permettre de trop attendre pour démarrer au risque qu'elle se rende compte de quelque chose mais n'avait-il pas envie en un sens d'être découvert ?
Lorsqu'il furent sortis du quartier de Georgetown, il vit qu'elle prenait la direction de Richmond en Virginie: mais où pouvait-elle bien aller ? Il ne pouvait nier qu'il était jaloux à l'idée qu'elle allait peut-être retrouver un autre homme et en un sens pourrait-il la blâmer pour ça ? Il était si peu clair dans l'expression de ses sentiments et la seule défense qu'il avait trouvée pour ne pas se laisser submerger par ses émotions, c'était d'être ronchon; il semblait d'ailleurs s'être déjà fait une sacrée réputation au "M.T.A.C." et au delà... mais il se demandait s'il tenait vraiment à celle-ci et s'il supporterait toujours de se cacher derrière cette façade qui ne lui ressemblait pas tant que ça...
Il savait bien que la solitude ne pouvait pas rester éternellement son refuge et qu'elle lui pesait parfois même s'il avait fini par s'en « accommoder » comme s'il avait trouvé en elle un peu de paix dans le chaos qu'était devenue sa vie intime.. mais tout cela avait changé lorsqu'il avait rencontré Kate.
Avant, il essayait seulement de repousser les mauvais souvenirs de ses trois mariages qui s'étaient finis en divorces.
Maintenant, c'était à elle qu'il pensait la plupart du temps lorsqu'il était chez lui: c'était le seul endroit où il n'avait pas à se reprendre lorsque des pensées trop troublantes l'envahissaient et il ne pouvait nier à quel point il lui était doux de laisser ses rêves éveillés lui donner l'espoir qu'elle était déjà là avec lui en un sens comme un présence invisible ou qu'elle pourrait y être un jour..
L'amour qu'elle avait fait naître en lui était plus qu'un simple faible pour une collègue: il le savait.. et son désir plus qu'un simple fantasme d'une nuit et il sentait que si elle ressentait la même chose que lui, ce désir ne le détruirait pas pour une fois car il avait confiance en elle et il se sentait déjà plus proche d'elle qu'il ne l'avait jamais été de ses trois ex-femmes..
C'était comme s'il avait été pendant longtemps spectateur de ses amours mais pas acteur... il n'avait pas su quoi faire pour éviter que cela finisse ainsi et comme un besoin et une bouée de sauvetage, il avait laissé son travail prendre de plus en plus de place dans sa vie comme s'il sentait déjà que l'amour qui les avait unis un temps n'était pas assez fort pour ne pas mourir; mais il lui semblait qu'il avait à présent une nouvelle chance et peut-être l'ultime d'être heureux avec une femme et il ne voulait pas la laisser passer.
Les phares d'une voiture qui arrivait dans l'autre sens le tirèrent de ses songes au bon moment en fait car Kate venait de tourner à droite. C'est alors que Gibbs vit l'endroit qu'elle semblait chercher: ce qu'il aurait décrit comme un grand chalet en bois sombre se dressait au bord de la route; c'était assurément une belle construction et dont le nom ne manquait pas non plus de charme: "Cosy Den". Il n'était pas étonné que Kate ait choisi cet endroit car il était authentique et "classe" comme elle. Il la vit justement entrer à l'intérieur et il se dit qu'il était temps de prendre son courage à deux mains et qu'il n'était pas venu jusqu'ici pour laisser ses peurs prendre le dessus...
Dès qu'elle entra dans la salle principale du pub, Kate eut l'impression d'être comme accueillie par une chanson qu'elle adorait mais qui en cet instant la rendait plus mélancolique encore qu'elle ne l'était déjà: "If I Ain't Got You" * d'Alicia Keyes.
Some people live for the fortune
Some people live just for the fame
Some people live for the power, yeah
Some people live just to play the game
Some people think that the physical things
Define what's within
And I've been there before
But that life's a bore
So full of the superficial
Elle alla au bar commander un café: la serveuse lui dit d'aller s'installer, elle allait le lui apporter à sa table. Elle la remercia avant d'aller chercher un petit coin tranquille.. oui, un petit box lui irait très bien et elle en trouva justement un niché dans un angle de la grande salle. Elle enleva son petit manteau court noir, se glissa sur les banquettes de cuir noir et après avoir encore remercié la serveuse qui venait de lui apporter son café d'un hochement de tête, elle se dit qu'elle pouvait enfin se détendre.. se laisser aller au creux de cet endroit comme protégé par l'intimité relative des panneaux de bois de ce petit box..
Lorsqu'elle avait cherché l'adresse d'un pub sur son "Palm Top", elle avait trouvé cette adresse et ces mots décrivaient ce lieu - "ambiance feutrée et chaleureuse, musique jazz, soul ou country"- et en effet, le descriptif n'était pas mensonger.
Elle déplia le papier qui enveloppait le petit chocolat que la serveuse avait ajouté à son café et le croqua; elle adorait ce mélange chocolat-café.. doux et intense à la fois; ces deux mots lui rappelaient le regard de quelqu'un.. Elle laissa le sien se poser sur les gens qui dansaient sur la piste de danse, des couples et encore des couples mais elle se dit qu'elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Elle était venue ici en se doutant bien qu'elle verrait des gens apparemment amoureux danser ensemble et se dévorer des yeux et elle aurait voulu pouvoir dire qu'elle était heureuse pour eux mais cela aurait été hypocrite, elle se sentait trop seule en cet instant pour se réjouir de les voir ainsi. Elle ne pouvait nier qu'elle aurait voulu être avec lui sur cette piste de danse et elle était seule sans vraiment l'être car il était toujours dans son esprit et elle ne voulait pas l'en chasser. C'est alors qu'elle vit justement une silhouette qui ne lui était pas inconnue: il était là.. il essayait de se frayer un chemin entre ces couples qui dansaient un slow et il semblait chercher quelqu'un.. elle ?
Tout d'un coup, elle se rappela avoir ressenti une présence en sortant de son immeuble tout à l'heure. Son coeur battait à la chamade: une partie d'elle était heureuse qu'il soit là.. l'autre était terrifiée à l'idée de ce qui allait se passer et aussi agacée par cette manière qu'il avait de toujours la surprendre mais la première l'emporta: elle avait trop besoin et envie de le voir, de lui parler.. de toutes façons, le box était fait d'une manière qu'elle était presque entièrement visible depuis la piste de danse. Il la trouverait à un moment ou à un autre en espérant que ce soit bien elle qu'il cherchait; elle se décala juste un peu vers la droite, rapprochant sa tasse de café d'elle et y replongeant sa cuillère comme pour le tourner et se donner une contenance mais sa main tremblait presque. Elle releva les yeux vers la salle et rencontra les siens qui l'avaient trouvée; il avait gardé ce costume gris et ce polo qui lui allaient si bien et sa belle prestance contrastait avec l'air penaud qu'elle devinait sur son visage même dans la pénombre de la salle. Il semblait parfaitement conscient qu'il lui devait des explications en un sens, mais son regard n'en était pas moins troublant.
Mais elle eut alors besoin de faire quelque chose d'inhabituel, d'aller vers lui la première et elle l'aborda instinctivement d'une manière plutôt surprenante:
- Dites-moi... Vous ne seriez pas en contact avec un homme que je connais par hasard parce que je voudrais lui demander quelque chose ?
Il ne s'attendait pas à ça mais il ce n'était pas non plus pour lui déplaire puisqu'elle semblait avoir choisi cette manière de communiquer pour l'aider en fait:
- Oui , je crois que je peux lui transmettre le message
- Alors, venez vous asseoir.. c'est quand même plus confortable
- Que voudriez-vous savoir ?
- Si c'est la première fois qu'il me suit
- Oui.. est-ce qu'il vous a fait peur ? est-ce qu'il vous a déçue ?
- Non, dit Kate sans hésitation. En fait, c'est plutôt moi qui ai peur de l'avoir déçu depuis un jour où j'ai essayé d'obtenir des infos grâce à un ancien contact et Fornell nous a surpris et il m'a dit: "tu m'as beaucoup déçu, Kate."
- et je ne le pensais pas.
Kate fut troublée et enchantée par ce retour au "je".
- Tu ne m'as pas déçu, je t'assure, mais j'avais Fornell devant moi: c'était surtout lui et ses méthodes qui m'énervaient et je crois que tu as été victime de mon orgueil. En tous cas, pas de la meilleure partie de celui-ci: j'ai eu envie de m'excuser après mais j'avais tellement honte que je n'ai pas osé te dire quoi que ce soit…Excuse-moi.. j'ai été injuste, tu ne le méritais pas..
- Et c'est justement ça qui m'a étonnée parce que tu es très rarement injuste mais il y a des fois, tu as une manière si déroutante de souffler le chaud et le froid comme si tu voulais que je me rapproche de toi mais quand j'essaie de le faire, tu mets des distances entre nous..
- Je sais… J’agis… d'une manière stupide parfois
- Non ! Pas stupide… Maladroite et pour ça, ni moi ni personne ne pourrait te jeter la pierre.. et le plus dingue, c'est que je crois que tu agis ainsi d'une manière qui m'agace parfois c'est vrai.. en roulant trop vite, en me raccrochant au nez et étant parfois...
- Imbuvable ?
- Grognon, c'est pas pareil.. mais je crois que tu fais seulement ça pour essayer de te protéger et c'est un besoin si légitime que je n'arrive pas à t'en vouloir..
- Tu sais, après trois divorces, on a tendance à franchement douter de soi, à se demander ce qui a bien pu se passer.. et je m'étais réfugié dans le travail parce que je m'y sens à l'aise.. je n'avais plus à faire face à la même confusion que j'ai souvent ressentie en dehors; et être à plein temps l'agent Gibbs m'a apporté des moments de sérénité dont j'avais besoin mais je me rends compte, à présent, que je me suis enfermé dans cette carapace que je me suis faite.. un peu trop bien faite d'ailleurs; elle est plus solide que je pensais et j'ai peur de m'en défaire mais je ne veux pas qu'elle m'empêche d'être avec toi parce que si j'ai été assez maladroit pour te donner l'impression que je voulais te laisser à la périphérie de ma vie, je le regrette parce que je t'assure que c'est tout le contraire.
Un sourire triste flottait sur son visage: il semblait vouloir encore dire quelque chose:
- Quoi ?
- Je sais que c'est un peu bête mais quand je t'ai suivie, j'avais peur que tu ailles rejoindre un autre homme.. j'en suis même venu à être un peu jaloux de Tony..
- Tony, ne me dis pas que tu crois ?
- Je sais que vous vous charriez souvent mais au moins il te fait sourire alors que moi, la plupart du temps, je te dis dépêche-toi ( il refait la grosse voix qu'il avait fait une fois lorsqu'ils avaient attendu en voiture l'arrivée d'un témoin pour lui parler).
Kate laissa échapper un petit rire qui le laissa sans voix: il adorait la faire rire ou sourire..
- Tony compte beaucoup pour moi comme Ducky, Abby et McGee mais en tant qu'ami, c'est tout.. et tu sais que tu te sous-estimes ? J'ai parlé de petites choses que tu avais faites et qui m'avaient agacées, c'est vrai, mais il y en a tellement d'autres que j'aime bien en toi.. J'aime ton intégrité, ta détermination, ton exigence et cette fantaisie que je devine même si j'ai eu l'impression que tu as eu peur pendant longtemps de l'exprimer...
- C'est vrai... il y a des choses que l'on ne dévoile que lorsqu'on est en confiance..
Dans un besoin instinctif, ils se glissèrent sur la troisième banquette du petit box et s'enlacèrent... s'abandonnant dans les bras l'un de l'autre avec un bonheur indicible avant de s'embrasser.. un baiser doux et passionné.
Puis leurs regards se retrouvèrent, pétillants et embrumés: Kate avait toujours trouvé celui de Gibbs particulièrement troublant mais en cet instant elle ne pouvait le décrire tant il était.. multicolore mais comme pour essayer lui expliquer ce qu'il ressentait, il lui dit:
- Tu m'as parlé de moi.. d'une manière si juste: tu me comprends comme peu de gens à part Ducky, Abby et même Tony que je soupçonne d'être plus subtil et sage que son côté "joli coeur" ne le laisse penser au premier abord.. enfin, pas spécialement sage au premier sens du terme
Kate sourit:
- Oui, il se peut que ce soit un sage bien moins léger qu'il ne veut nous le faire croire, d'un ton dénué d'ironie..
- Oui, mais toi, tu es unique.. je me sens bien avec toi.. je commençais à perdre espoir de ressentir ça un jour.. et tu sais, ces trois qualités que j'ai selon toi, l'intégrité, la détermination et l'exigence.. tu les as aussi; tu es quelqu'un de bien, de sincère et tout ce que je redoutais, je crois, c'était de recommencer quelque chose qui serait basé sur un mensonge mais avec toi, ce n'est pas le cas..
- J'avais peur de ça aussi tu sais.. et ce n'est pas vraiment un mensonge mais il y a deux petites confidences qu'il faut que je te fasse..
- dis-moi
- En fait, d'abord, il faut que je sache quelque chose: quand tu as dit: " ce n'est pas une rose".. tu ne savais rien ?
- Non, rien du tout
- ( petite tape sur la poitrine ) Provocateur ! il faut que je te dise: je n'ai pas de tatouage; elle lui murmura à l'oreille: Tony avait une théorie qui m'énervait un peu sur le fait que les femmes qui en avaient étaient prêtes à tout et comme ça m'agaçait, je me suis laissée prendre à mon propre jeu en lui faisant croire que moi aussi, je pourrais en avoir un.. mais j'avoue que tu m'as "scotchée" en prétendant savoir quelque chose.. Est-ce que tu aurais préféré que j'en ai un ?
- Ca m'est égal.. je te trouve très belle comme tu es.
- Tu sais: tu es pas mal non plus et ça n'a pas échappé à quelqu'un d'autre aujourd'hui: Mélissa.. j'avoue que j'ai été jalouse d'elle..
- Même si je n'en suis pas fier, je dois dire que j'ai manqué de lucidité par rapport à elle..je n'étais pas vraiment moi-même avec elle... je n'étais pas à l'aise.. mais avec toi, c'est différent et c'est bien plus doux et bien fort; je peux t'assurer que tu n'as rien à craindre.. il n'y a personne d'autre..
Elle laissa son nez caresser doucement le sien puis ce "baiser esquimau" se mua en un autre plus intime.. voluptueux mais toujours aussi doux..
Kate avait complètement oublié la musique qui passait jusqu'à cet instant où elle reconnut une chanson qu'elle aimait beaucoup: « Love’s Divine » ** par Seal.
Then the rainstorm came, over me
And I felt my spirit break
I had lost all of my, belief you see
And realized my mistake
But time through a prayer, to me
And all around me became still
I need love, love's divine
Please forgive me now I see that I've been blind
Give me love, love is what I need to help me know my name
Gibbs le ressentit et lui demanda:
- Quoi ?
- J'adore cette chanson !
Ils se regardèrent et se comprirent.
Gibbs ne connaissait pas cette chanson mais il la découvrit ce soir-là de la plus douce manière en dansant avec Kate qu'il serrait fort dans ses bras..
********
Tony regarda sa montre avec perplexité: 8h02; il n'en était pas très fier mais il lui était déjà arrivé personnellement d'être en retard au bureau et d'entendre Gibbs crier depuis l'ascenseur mais ce matin-là, les rôles étaient inversés et c'était son boss qui se faisait attendre: Tony était autant ravi à l'idée qu'il n'était pas infaillible lui non plus qu'inquiet. Arriver en retard n'était vraiment pas dans ses habitudes ni dans celles de Kate d'ailleurs, pensa-t-il en voyant le bureau vide de sa collègue.
Abby qui était descendue pour rendre une petite visite à ses collègues remarqua l'expression indéchiffrable de Tony:
- C'est étrange mais normalement, j'arrive à deviner à quoi tu penses mais là, je ne sais pas..
Il resta une seconde sans réaction; Abby crut qu'il ne l'avait pas entendue mais:
- Dis-moi, ça ressemblait à un sarcasme ça ! N'essaierais-tu pas de prendre le relais de Kate ?
- En son absence, il faut bien que quelqu'un continue son oeuvre.. mais c'est une piètre tentative, je le sais bien. dit-elle malicieusement.
et Tony était aussi dans le même esprit:
- Oui, il vaut mieux que tu saches la vérité: Kate me charrie comme personne mais je te remercie d'avoir essayé..
- Il n'y a pas de quoi.
Ducky venait lui aussi de rejoindre ses deux jeunes collègues:
- Oh ! Tu sais que tu es toujours aussi élégant ! dit Abby admirative même si son look était sensiblement différent.
- Oh ! Merci, disons que je crois que j'ai gardé le goût du noeud papillon depuis cette fameuse soirée de bal après la remise des diplômes à l'université d'Edimbourg !
- Et moi ? pensa Tony - bon, c'était peut-être exclusif mais il n'était pas contre un petit compliment..
Abby semblait avoir entendu sa question silencieuse et se tourna vers lui:
- Mais toi aussi, tu es très bien !
Tony fit une petite moue satisfaite.
Ducky songeait lui déjà à un souvenir des plus agréables:
- Je me rappelle, c'était une des rares fois où j'avais été en retard mais j'avais une bonne raison: une jeune fille qui était dans ma classe mais à qui je n'avais jamais osé parler m'avait donné rendez-vous dans le grand escalier qui menait au dortoir des filles, elle s'appelait Megan. Nous étions dans la même classe mais nous n'avions pas osé nous parler jusque là, nous étions trop timides et ce soir-là, elle m'a demandé d'être son cavalier; elle avait accroché une rose blanche à ma boutonnière, dit-il la main sur son coeur.
Abby trouvait son vieil ami adorable mais Tony était quand à lui toujours absorbé par ce mystère qu'était pour lui le retard de Gibbs et Kate.
- Vous ne trouvez pas que c'est bizarre que Gibbs ne soit pas encore là ?
- C'est vrai que c'est inhabituel mais je te conseille personnellement de ne pas lui en parler.. dit Abby d'un air mutin.
- Ne t’inquiète pas.. je ne suis pas suicidaire !
- Et puis, il l'est si rarement; c'est quand même lui qui habite le plus loin dans l'équipe, je crois qu'on peut être indulgent envers lui..
- Oh ! je ne le juge pas, tu sais !
- Je sais.. tu es juste intrigué, dit Ducky amusé, mais tu sais, s'il y a bien un mot qui caractérise Gibbs, c'est énigmatique !
- Oh oui ! dit simplement Abby qui semblait se reconnaître aussi en ce mot.
Tony, quant à lui, semblait avoir eu une petite révélation:
Il se leva et marcha vers Ducky:
- Tu as dit que c'est lui qui habitait le plus loin ?
- Oui, pas beaucoup plus loin mais quand même..
- Et Kate habite à Georgetown ce qui n'est pas si loin et il est 8h06 maintenant; moi, il m'engueulerait même pour une minute de retard et puis, c'est le genre à partir plus tôt pour éviter les embouteillages; non, non, il y a autre chose..
Et c'est un autre agent qui attendait pour prendre l'ascenseur qui lui donna un indice.. essentiel:
- Excusez-moi, vous savez si l'ascenseur est en panne ?
- Non, il marchait très bien quand je suis arrivé, dit simplement Tony.
- parce qu'il semble bloqué entre deux étages.
En effet, aucun des chiffres qui signalaient à quel étage l'ascenseur se trouvait n’était allumé et cela semblait durer depuis quelques secondes puis tout à coup, tout redevint normal; le chiffre 1 s'alluma puis le 2 et les portes métalliques s'ouvrirent.. sur Kate et Gibbs.
Tony dont la théorie commençait à prendre forme les regardait avec une mine réjouie et un regard lourd de sens et de questions; Abby et Ducky ne pouvaient nier qu'ils étaient aussi intrigués car normalement, ils arrivaient séparément, Kate un peu avant Gibbs par peur d'arriver en retard et lui pile à l'heure:
- Il n'y a pas eu de coup de fil du directeur pour l'instant ? furent les premiers mots de Gibbs
- Non, dit simplement Tony. Ouf ! pensèrent Gibbs et Kate qui craignaient d'être appelés comme deux lycéens dans le bureau du directeur pour avoir à justifier leur retard.
Mais à ce moment, c'étaient surtout les regards de leurs collègues qu'ils avaient du mal à éviter et particulièrement celui de Tony..
- Tony, OK, d'accord, c'est vrai, je te le dois, je suis en retard ! toutes mes excuses mais moi, c'est exceptionnel !
- Il n'y a pas de mal
_ Bon ! je m'excuse aussi, je ne te charrierai plus à propos de ça, dit Kate
_ Vous êtes déjà pardonnés, dit Abby malicieusement..
_ Quoi ? dit Gibbs en voyant le regard pétillant de Tony qui adorait de toute évidence voir son "boss" essayer de faire comme d'habitude.. d'avoir l'air ronchon même s'il n'était pas dupe. Lui et Kate étaient bien heureux, il le sentait. Abby et Ducky commençaient aussi à sérieusement "soupçonner" quelque chose et / car Kate évitait le regard d'Abby et Gibbs celui de Ducky.
_ Rien, je réfléchissais.. répondit juste Tony..
_ Oh ! tu sais, il a dû passer une très bonne soirée avec une jeune personne ! , dit spontanément Ducky même s’il sentait bien que ce n’était pas ça qui rendait Tony si joyeux ce matin. C’était une manière de rentrer dans le jeu.
_ Tu veux nous en parler ? dit juste Gibbs pour donner le change mais il n'y avait rien à faire, le sourire de Tony ne disparaîtrait pas, pensa-t-il comme Kate d'ailleurs en se retenant de sourire, mais au-delà de la gêne, cela ne les dérangeait pas au fond que leurs amis sachent ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre et ils savaient qu'ils essayaient en cet instant chacun à leur manière de leur dire: "heureux pour vous !"
_ Non, je crois que pour une fois, je vais jouer les mystérieux, dit simplement Tony.
Kate aurait bien lancé un: "ce serait bien la première fois !" mais elle n'était pas à ce point d'humeur sarcastique et surtout, elle ne savait plus où se mettre..
C'est alors que le portable de Gibbs sonna et ses collègues devinèrent qui était à l'autre bout du fil en voyant son air concentré:
_ Oui.. d’accord, Monsieur . On part sur les lieux, une femme qui se trouve être aussi un Marine a reçu un colis bizarre, expliqua -t-il à son équipe.
_ Un colis ? c'est pas vraiment un crime, souligna juste Tony.
_ Tout dépend de la nature du colis, lui répliqua Gibbs laconiquement.
_ Très juste Jethro, dit Ducky.
_ Bon, moi, je remonte: tu m'appelles dès que tu as quelque chose à me faire analyser, lança Abby à Gibbs.
_ D'accord !
_ Je vais monter avec toi, je pourrai peut-être t'aider, dit Ducky.
_ Tu es toujours le bienvenu !... Toi aussi bien sûr ! ajouta-t-elle pour Tony qui avait un air de petit garçon abandonné avant que la voix de Gibbs ne lui redonne le sourire:
_Tony, tu viens ?
_ J'arrive !
Tony prit son sac à dos et son manteau et se glissa dans l'ascenseur en se plantant devant Kate et Gibbs mais de dos par rapport à eux pour leur demander d'un air faussement innocent:
_ Ah ! au fait, vous n'avez pas eu de problèmes de panne d'ascenseur ?
Il arborait un large sourire comme s'il ressentait le trouble que sa question avait fait naître en eux et qu'ils n'avaient pu s'empêcher de rougir.
Il jubilait de toute évidence: Abby et Ducky s'étaient aussi approchés de l'ascenseur et regardaient Gibbs et Kate avec un regard complice étrangement malicieux.
"If I Ain't Got You" * ( Alicia Keyes )
Some people live for the fortune
Some people live just for the fame
Some people live for the power, yeah
Some people live just to play the game
Some people think that the physical things
Define what's within
And I've been there before
But that life's a bore
So full of the superficial
[Chorus:]
Some people want it all
But I don't want nothing at all
If it ain't you baby
If I ain't got you baby
Some people want diamond rings
Some just want everything
But everything means nothing
If I ain't got you, Yeah
Some people search for a fountain
That promises forever young
Some people need three dozen roses
And that's the only way to prove you love him
Hand me the world on a silver platter
And what good would it be
With no one to share
With no one who truly cares for me
[Chorus:]
Some people want it all
But I don't want nothing at all
If it ain't you baby
If I ain't got you baby
Some people want diamond rings
Some just want everything
But everything means nothing
If I ain't got you, you, you
Some people want it all
But I don't want nothing at all
If it ain't you baby
If I ain't got you baby
Some people want diamond rings
Some just want everything
But everything means nothing
If I ain't got you, yeah
[Outro:]
If I ain't got you with me baby
So nothing in this whole wide world don't mean a thing
If I ain't got you with me baby
[ www.azlyrics.com ]
"Love's Divine" ** ( Seal )
Then the rainstorm came, over me
And I felt my spirit break
I had lost all of my, belief you see
And realized my mistake
But time through a prayer, to me
And all around me became still
I need love, love's divine
Please forgive me now I see that I've been blind
Give me love, love is what I need to help me know my name
Through the rainstorm came sanctuary
And I felt my spirit fly
I had found all of my reality
I realize what it takes
'Cause I need love, love's divine
Please forgive me now I see that I've been blind
Give me love, love is what I need to help me know my name
Oh I, don't bet (don't bend), don't break (don't break)
Show me how to live and promise me you won't forsake
'Cause love can help me know my name
Well I try to say there's nothing wrong
But inside I felt me lying all along
But the message here was plain to see
Believe me
'Cause I need love, love's divine
Please forgive me now I see that I've been blind
Give me love, love is what I need to help me know my name
Oh I, don't bet (don't bend), don't break (don't break)
Show me how to live and promise me you won't forsake
'Cause love can help me know my name
Love can help me know my name.
[Thanks to thx13@hotmail.com for these lyrics]
[Thanks to golfer@monriver.com, tcufrog@hotmail.com, hardbuzzz@cox..net, clarke@winepassportbooks.com for correcting these lyrics]
[ www.azlyrics.com ]
, compatible avec Opera, Internet Explorer 5.0 et +, Flash 6 et +