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Adam

Chapitre 1

C’était une jolie fin de journée pour cet agriculteur vivant à une heure de route de Washington DC. Le soleil allait bientôt se coucher sur son champ, où il avait travaillé tout l’après-midi. Il monta sur son tracteur, et rentra chez lui par une route très peu fréquentée. Alors qu’il était sur le chemin du retour, il aperçut un spectacle singulier sur le bord de la route.

Une voiture était stationnée bizarrement sur le bas côté : l’avant penchait dangereusement vers le fossé, mais elle ne risquait pas de tomber, parce qu’elle avait stoppé sa route contre un arbre. Elle ne devait pas être là depuis longtemps : une fumée grisâtre sortait du moteur.

L’homme, intrigué par cette situation insolite, descendit de son tracteur. Il avait dans les 55 ans, portait un vieux pantalon de velours vert râpé aux genoux ainsi qu’un pull en laine dans lequel son ventre devait se sentir un peu à l’étroit. Il avait tout du bon fermier américain.

Il fit quelques pas vers la voiture, les mains sur les hanches. Un feu arrière était cassé et le pare choc enfoncé. Il décida alors de faire le tour du propriétaire, et se dirigea vers la place du conducteur. Il se figea net lorsqu’il fit une découverte macabre à l’intérieur de l’habitacle…

 

Chapitre 2

Une jeune femme était en train de parfaire son maquillage dan la salle de bain de son appartement. Une dernière touche de brillant à lèvres et elle était prête. Elle vérifia pour la énième fois ses cheveux bruns et sa tenue vestimentaire : Un pantalon noir très serré qu’elle ne mettait jamais pour aller travailler connaissant d’avance les remarques de l’un de ses collègues, et une chemise cintrée turquoise qu’elle venait d’acheter. La jeune femme brune pensait au week-end qu’elle allait passer avec un de ses amis de Lycée. Elle était un train d’enfiler ses chaussures d’inspiration cow-boy quand son sac vibra, puis sonna.

« Je vais être en retard, pensa-t-elle tout haut. »

Elle prit le téléphone qui se trouvait dans son sac, et soupira quand elle vit le nom de son patron affiché. Il était absolument impensable de ne pas répondre. Elle décrocha.

Kate : Gibbs, tu n’es pas en week-end ?
Gibbs : Je l’étais jusqu’à ce qu’un agriculteur retrouve le corps d’un militaire sur le bord d’une route déserte. Je veux que tu ramènes tes petites fesses au NCIS illico presto, et inutile de préciser que ça prendra certainement tout le week-end.
Kate : (dépitée) J’arrive.

La soirée s’annonçait pourtant si bien… Trop bien peut-être. Mais il fallait s’y faire. Ils avaient inventé un dicton avec Tony : « Quand tu es au NCIS, la vie privée de côté tu laisses ». « Non mais c’est vrai, niveau horaires, le NCIS est pire que les services secrets, pensait-elle souvent ». Elle se disait aussi que le jeu en valait la chandelle. Elle y avait rencontré des gens très sympa, qui était devenus pour elle comme une deuxième famille.

Elle regarda son téléphone. Appuya sur quelques touches et attendit que son interlocuteur décroche, ce qu’il ne fit pas. Elle tomba de ce fait sur sa messagerie. « Salut, c’est Katie. Je suis désolée mais on va devoir remettre à une autre fois ce week-end. Mon patron viend de m’appeler, on a une affaire et tu sais comment il est. Pour lui, on laisse tout en plan. Je t’appelle plus tard dans la soirée. bise ».

Elle jeta un rapide coup d’œil pour vérifier que son appartement était en ordre pour son retour… Dieu sait quand. Elle prit son sac, y rangea son téléphone et sortit de chez elle sans rien prendre d’autre. Elle avait tout le nécessaire dans sa voiture : des dessous de rechange, débardeur, chemise, pantalon, ainsi que quelques affaires de toilette.

Kate arriva dans le parking du NCIS, talonnée par Tony, où Gibbs les attendait, accompagné de McGee. Quand elle sortit de la voiture, elle entendit un sifflement approbateur. C’était à prévoir après tout. Elle se retourna, le regard noir, vers Tony.

Tony : Un meurtre est une occasion rêvée pour se faire toute belle.
Kate : J’ai pas eu le temps de me changer.

Ce fut les seules paroles qu’elle réussit à dire, sentant un autre regard scrutateur posé sur elle. Apparemment, Tony n’avait pas été le seul à apprécier son pantalon. Elle regarda instinctivement McGee, mais vit qu’il était en pleine conversation téléphonique. Il ne restait plus que…

Lorsque la jeune femme était sorti de la voiture, une bouffée de chaleur était montée jusqu’aux yeux de Gibbs. Il n’avait pas réellement cherché à la regarder, mais il fallait avouer qu’elle n’était pas comme d’habitude. Il avait tout fait pour que ça ne se voit pas, mais sa mâchoire inférieure était à deux doits de tomber par terre. Il réussit à se contenir, et somma tout le monde de monter en voiture.

 

Chapitre 3

Il faisait déjà presque nuit quand une voiture arriva sur le parking d’un motel isolé. Quatre personnes en descendirent. L’une d’elles alla à l’accueil chercher les clefs pendant que les trois autres sortaient quelques sac du coffre. L’homme aux cheveux grisonnants revint de l’accueil, et lança à chacun sa clef. La jeune femme et le jeune homme qui se trouvait côté passager avant les rattrapèrent au vol, mais le plus jeune des quattre la laissa tomber, non sans avoir tout de même réussit à la faire danser entre ses deux mains.

Kate : Ben alors McGee, on manque de réflexes ?
McGee : Mais non, c’est pas ça. J’ai juste été pris au dépourvu
Tony : Ca, c’est ce qui s’appelle manquer de réflexes. N’est-ce pas Gibbs ?

Gibbs ne répondit pas. Il préférait lever les yeux au ciel en souriant. Il prit son sac, imité par ses compagnons. Ils rejoignirent chacun leur chambre, les unes à côté des autres. Il y avait celle de McGee complètement à gauche, celle de Tony, puis celle de Gibbs et enfin celle de Kate la plus à droite, juste à côté de l’accueil. Ils ressortirent quelques secondes plus tard, puis repartirent aussi vite qu’ils étaient venus.

La voiture fut stoppée par un petit attroupement de personnes au beau milieu de la chaussée. Il y avait bien sûr des policiers, et quelques curieux à l’extérieur du filin jaune « DO NOT CROSS, SCENE CRIME ». Les quatre agent du NCIS sortirent de la voiture. Kate, Tony et McGee allèrent chercher leur attirail d’investigation dans le coffre, tandis que Gibbs s’approcha du policier le plus proche. Il sortit sa carte et la lui présenta. La petite troupe rejoint son chef quand il se présentait.

Gibbs : Agent Gibbs, NCIS. Voici les agents Todd, McGee et DiNozzo.
Policier : Allez-y.
Gibbs : Kate, …
Kate : Photo !
Gibbs : McGee, ramasse tout ce qui est intéressant.
McGee : Oui patron !
Gibbs : DiNozzo, …
Tony : Croquis !

Les trois compères se séparèrent. Tony se mit en retrait pour examiner la scène dans son ensemble. Une berline grise, d’une marque reconnue, était venue s’encastrer contre un vieil arbre, apparemment très solide. Elle semblait aussi cabossée à l’arrière, mais il commençait à faire un peu sombre pour tout distinguer. Il sortit un carton à dessin et une mine de plomb. Il remarqua Ducky en train de s’activer devant la portière du conducteur, ainsi que Gibbs en train de s’adresser à nouveau au policier.

Gibbs : Que pouvez-vous me dire à propos de la victime.
Policier : Capitaine Adam Carter, du corps des Marines. Retrouvé vers 6h PM par un agriculteur. Vous avez un PDA ?
Gibbs : Oui
Policier : Alors je vous transmets son dossier. C’est bien pratique ces petites bêtes-là !

Il s’exécuta dans la seconde. Le policier allait s’éloigner quand Gibbs lui demanda :

Gibbs : Où peut-on trouver la personne qui a découvert le corps ?
Policier : Il est assis dans ma voiture. Il vous attend.
Gibbs : Dernière chose, est-il possible d’éclairer le coin pour mes agents ?
Policier : Un collègue doit arriver avec des projecteurs… Tenez, le voilà.

En effet, une voiture arrivait. Un policier en sortit, pui avec l’aide d’un autre, il installa trois projecteurs à des endroits stratégiques. Gibbs en profita pour jeter un rapide coup d’œil sur le dossier du capitaine. A peu près le même âge que Kate, militaire depuis six ans. Une bonne progression hiérarchique. D’après le dossier, il semblait irréprochable. Il s’approcha de la voiture du policier.

L’agriculteur était assis sur le siège avant de la voiture, côté passager. Il regardait devant lui, comme perdu dans ses pensées. Gibbs frappa doucement contre le carreau. L’homme sursauta, regarda gibbs puis sortit de la voiture.

Gibbs : Je suis l’agent Gibbs du NCIS. J’aurais quelques questions à vous poser.
Agriculteur : J’vous écoute.
Gibbs : Quand avez-vous découvert la voiture ?
Agriculteur : Je rev’nais d’un d’mes champs, y d’vait pas être plus d’six heures.
Gibbs : Etiez-vous passé par ici plus tôt dans la journée ?
Agriculteur : Juste après l’déj’ner. Elle était pas là la voiture.
Gibbs : D’accord. Une dernière question. Avez-vous touché à la voiture ou à quoi que ce soit d’autre ?
Agriculteur : Ben non, j’ai entendu dire à la télé qu’il fallait pas toucher.
Gibbs : Je vous remercie pour votre aide, conclu Gibbs.

Tony venait de finir ses croquis. Il regardait une dernière fois autour de lui pour vérifier qu’il n’avait rien oublié. Il pouvait voir ses collègues s’activer : Gibbs avec… oh ! Très joli, imposant, surtout au niveau abdominal ; Ducky toujours en train de bidouiller dans l’habitacle ; McGee suivant les moindres gestes de Kate. Elle prenait des photos, et il ramassait et mettait dans des pochettes hermétiques toutes les petites trouvailles de la jeune femme. Sans trop savoir pourquoi, il se souvint du jour de sa rencontre avec Kate à bord de l’Air Force 1. Elle avait vomi son déjeuner dans un sac semblable à ceux-là. « Mémorable ». Comme il avait fini, il se dit qu’il pourrait aider McGee à empaqueter le tout. Qui sait, il avait peut-être oublié quelque chose de crucial. Il rejoignit alors Kate et McGee en enfilant des gants.

Tony : Alors Kate, besoin d’aide ?
Kate : Ce n’est pas de refus !
Tony : Quoi, il est aussi nul que ça ?
Kate : Ah non, je le trouve très doué… Tu peux porter mon sac ?

Tony se rendit compte qu’elle plaisantait quand il vit un sourire de victoire éclairer son visage. Il entendit McGee rire derrière lui. Il se retourna d’un coup.

Tony : McGee, au boulot et fait gaffe. Je ne veux pas de contamination entre les sacs.

Cette réplique souffla net McGee. Il se remit de suite au travail. Par contre ça eut l’effet inverse sur Kate, qui éclata de rire. Elle adorait voir les réactions de Tony quand il était vexé. Il fallait toujours qu’il soit le plus fort. Elle aimait ces débordements de petit teigneux. Ca faisait parti du charme de Tony DiNozzo.

Elle avait déjà photographié la scène dans son entier pour ajouter des détails aux croquis de Tony, quelques gros plans de la voiture, l’impact à l’arrière avec des bris de phare, des traces de sang sur la portière de conducteur et au sol, une douille de 9mm retrouvée à quelques centimètres de la voiture. Elle avait ensuite suggéré à McGee de prendre des échantillons de sang, des bris de phare sur le sol, de la peinture sur l’impact à l’arrière du véhicule et la douille. Il ne restait à Kate qu’à photographier l’avant de la voiture.

Elle se posta de l’autre côté du fossé pour avoir un minimum de recul. L’avant de la voiture était bien enfoncé. Le choc avait dû être particulièrement violent. Tony l’avait suivit, car il n’avait rien de mieux à faire à ce moment-là. McGee se débrouillait assez bien… pour un bleu.

Tony : Allez Kate, dis-moi. Si c’est pas pour le cadavre que tu t’es faite toute belle, c’est pour qui ?

Elle préféré ignorer cette question ridicule et pointa l’appareil photo en direction de la voiture. Lorsqu’elle mit son œil dans l’objectif, elle se retrouva nez à nez avec le visage de la victime. Son sang se glaça. Elle tendit l’appareil photo à Tony. Elle parla d’une voix rauque, les yeux toujours rivés sur le cadavre.

Kate : Finis si tu y tiens tant.

Tony jubilait en prenant les dernières photos. Il se retourna pour rendre l’appareil à Kate, mais ne vit personne. Il vit cependant une tache plus sombre dans l’obscurité. Ca devait être Kate. Il leur arrivait à tous de craquer une fois de temps en temps au cours d’une enquête. Un coup de blues, une sale journée, et le cadavre en devenait écœurant au lieu d’être juste insupportable. Il enleva la carte mémoire de l’appareil photo reflex numérique dernier cri et s’approcha de Ducky pour la lui donner, non sans en avoir fait une copie sur son PDA. McGee arriva en même temps et tendit tous ses échantillons prélevés sur la petite parcelle de route.

Ducky : Bien, je crois que j’ai tout ce qu’il me faut.

Gibbs rejoignit le groupe.

Ducky : Gibbs ! Quel bon vent t’amène ?
Gibbs : Comme d’habitude, le bon air de la chasse au meurtrier. Qu’est ce que tu as ?
Ducky : Eh bien d’après les premières constatations, notre Marine a subi un choc important avec sa voiture. Il a des ecchymoses où la ceinture l’a retenu au niveau du coup. Ensuite, je crois bien qu’il a reçu une balla dans la tempe gauche.
Gibbs : Des précisions sur l’heure ?
Ducky : Pas de rigidité cadavérique, donc certainement pas plus de deux heures. Mais o ne peut pas être sûrs…
Gibbs : … avant l’autopsie.
Ducky : Ca me fait vaguement penser à une affaire pendant mes études. Les conditions athmosphériques étaient telles que…
Gibbs : Merci Ducky. Mais garde cette histoire bien au chaud pour un autre soir. Tu as fini ?
Ducky : Il ne me reste plus qu’à emballer le corps et je vous quitte… Comme cette phrase est triste !

Gibbs regardait autour de lui en fronçant les sourcils.

Gibbs : Quelqu’un a vu Kate ?
Tony : Elle est là-bas.

Il lui indiqua l’endroit où il lui avait semblé l’avoir aperçu. Gibbs fit quelques pas dans la pénombre et vit la silhouette e la jeune femme, assise par terre, les genoux remontés contre sa poitrine. Il s’assit juste à côté d’elle, de façon à presque la toucher.

Gibbs : Dure journée ?
Kate : Elle n’aurait pas dû finir comme ça.
Gibbs : Je sais. Allez viens, on s’en va.

Ile se lave, saisit les mains de Kate, l’aida à se lever. Elle avait les mains moites et glacées. « Non, tu ne sais pas », murmura-t-elle avant de rejoindre la voiture. Gibbs l’avait entendu. Il voyait encore les yeux bruns de Kate ternis par un événement qui lui échappait.

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